Niamey, 22 sept (ANP)- La tontine alimentaire, communément appelée ’’Atchi kwakwa’’, est devenue de nos jours au Niger, un autre moyen pour les femmes de contribuer à l’approvisionnement du foyer en produits alimentaires pour satisfaire les besoins quotidiens de la famille.
La tontine en général est pour la plupart des nigériens, aussi bien les hommes que les femmes, un moyen traditionnel pour épargner de l’argent ou autres biens en vue de subvenir à certains besoins, dans l’immédiat ou à long terme.
Cependant, outre la tontine financière connue, étant la plus pratiquée, l’on assiste, ces dernières années, à l’émergence un peu partout au Niger d’une autre forme de tontine en nature dénommée « Atchi kwakwa », qui a la particularité de porter généralement sur des denrées alimentaires.
Atchi kwakwa, ou ‘’manger bien et à satiété », comme son nom l’indique, est une tontine de vivres ou autres produits nécessaires pour la femme ménagère qui s’organise à travers un groupe faisant office de cadre de solidarité, pour fraterniser et collecter tout ce que chacune aura amené en fonction de ses moyens, que ça soit du riz, du savon, des pâtes alimentaires, des condiments et autres denrées.
Selon Mme Balkissa Ibrahim, secrétaire du groupe ‘’Mar’atussalihat’’, dans la commune 5 de Niamey, ce type de tontine est d’une très grande utilité pour les membres ‘’ et très bénéfique pour nous, car elle nous permet d’avoir chacune, à tour de rôle, des kits alimentaires et divers avec lesquels nous apportons notre modeste contribution à nos maris dans la gestion du foyer. En effet, dans le contexte actuel, il est souvent difficile à certains hommes de faire face, à eux seuls, aux dépenses quotidiennes de la famille. Ainsi, avec le peu qu’ils nous donnent, nous pouvons assurer les plats quotidiens et subvenir à d’autres besoins’’.
A propos des modalités de la collecte des participations à cette forme de tontine, Mme Balkissa Ibrahim nous explique qu’au moment du versement, ’’la secrétaire prend soin de bien noter ce que chaque membre a apporté, et le cahier sera remis à la bénéficiaire de la mise, pour qu’à son tour, elle puisse savoir ce que chaque membre lui a versé, pour que, à son tour, elle puisse leur verser la même chose, sinon quelque chose d’autre du même prix, naturellement avec l’accord de la bénéficiaire’’.
Quant à savoir la façon dont les femmes arrivent à mobiliser l’argent nécessaire à l’achat des vivres pour la tontine généralement pour de cas des femmes citadines, Mme Balkissa Ibrahim confie que les femmes font généralement recours au système ‘’D’’, comme débrouillardise. ’’Pour la plupart, nous jonglons avec les petits 100f à 200f qui restent des frais des condiments qu’on nous donne au quotidien pour les économiser et pouvoir acheter de quoi faire le versement. Et nos maris en sont vraiment fiers, car c’est une autre façon de les aider dans la gestion des dépenses du foyer”.
Cependant, note la Secrétaire du groupe ‘’Mar’atussalihat’’, en dépit des multiples avantages, quelques difficultés apparaissent pour fausser les calculs. ‘ ’Parfois les prix des articles changent au fil du temps, ce qui fait que, si par exemple une participante donne un bidon d’huile qui lui aura coûté 6.000 FCFA, et qu’au moment où vient son tour de bénéficier du versement, le prix du même bidon baisse à 5.000 FCFA, elle va certainement refuser de prendre le bidon, ou alors exiger qu’on lui verse, en plus du bidon, les 1.000 F restant. Un tel cas de figure peut créer des situations de mésentente entre les membres du groupe’’ a expliqué Mme Balkissa.
D’autre part, poursuit-elle, des incompréhensions peuvent surgir en cas d’erreur au cours de l’enregistrement des contributions. ’’La personne qui est chargée de prendre note peut se tromper en mentionnant autre chose que ce qui a été donné d’une personne à une autre. Dans ce cas, elle s’expose au risque de devoir rembourser, si la bénéficiaire du jour n’est pas compréhensive’’.
Toujours est-il que, selon Mme Oumou, une des membres du groupe ‘’Mar’atussalihat’’ qui vient de bénéficier, pour la première fois, du versement du mois, la tontine Atchi kwakwa est une initiative à saluer.
‘’Ce versement qui m’a été remis me permettra de garnir mon panier de ménagère, et j’ai un stock de garantie pour au moins trois mois’’, conclut-elle, avec un brin de satisfaction.
DBZ/AS/ANP 0116 septembre 2025









