Niger : Conférence sur la souveraineté alimentaire initiée par le CIRAC, le Ministre en charge de l’agriculture décline les grandes priorités

Niger : Conférence sur la souveraineté alimentaire initiée par le CIRAC, le Ministre en charge de l’agriculture décline les grandes priorités

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Niamey, 04 Juillet (ANP)- Le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage du Niger a énuméré, ce samedi 04 Juillet 2026, à Niamey, les actions souveraineté à engager pour atteindre la priorité alimentaire au Niger.

Le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane a montré cette voie à suivre, basée sur la vision du Président de la République Abdourahamane Tiani, en présidant la cérémonie d’ouverture d’une conférence, sur le thème central : « la souveraineté alimentaire au Niger : enjeux, défis et perspectives », à l’initiative du Cercle Indépendant de Réflexion et d’Actions Citoyennes (CIRAC),

Dans un discours lu à cette occasion, celui qui est en charge de l’agriculture et de l’élevage dans le Gouvernement nigérien a d’abord salué la pertinence du thème choisi, soulignant que « la souveraineté alimentaire n’est ni un slogan, ni une simple ambition sectorielle. Elle constitue désormais un pilier essentiel de la Refondation nationale ».

« Le thème qui nous réunit aujourd’hui est d’une importance capitale. Car il ne s’agit pas seulement de produire davantage, il s’agit de garantir à chaque Nigérienne et à chaque Nigérien le droit fondamental de se nourrir dignement grâce aux ressources, aux compétences, aux terres, aux eaux, au savoir-faire et au génie créateur de notre peuple », a soutenu l’officiel nigérien.

Parlant toujours de la souveraineté alimentaire au Niger, ce membre du Gouvernement de souligner : « Elle est une exigence de sécurité nationale, un facteur de stabilité sociale, un instrument de souveraineté économique et un levier de dignité collective ».

Par ailleurs, a-t-il déclaré : « Notre responsabilité historique est donc claire: faire du Niger un pays capable de nourrir durablement sa population, de valoriser ses ressources et de réduire progressivement sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs ».

La souveraineté alimentaire, rappelle-t-on, est l’une des priorités « absolues » du programme présidentiel du Général Abdourahamane Tiani, à la tête du Niger depuis le 26 Juillet 2023.

A plusieurs occasions, le Chef de l’Exécutif nigérien a manifesté sa volonté de garantir une « autosuffisance alimentaire » à son pays pour tourner la page des crises alimentaires auxquelles le pays est habitué, alors que plus de 80% de la population vivent du secteur agricole.

 Lors de cette cérémonie, le Ministre en charge de l’agriculture est revenu sur l’engagement présidentiel.

« Le  Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a placé la souveraineté alimentaire parmi les priorités majeures de l’action publique », a-t-il fait valoir, avant de souligner que « cette vision nous oblige et nous impose de transformer profondément nos systèmes agricoles, pastoraux et agroalimentaires ».

Pour y parvenir, a renchéri l’autorité sectorielle, « Nous devons avoir le courage de poser les vraies questions », à savoir : « Comment produire davantage dans un contexte marqué par les changements climatiques, la pression démographique et la dégradation des ressources naturelles ? » ; « Comment faire de l’agriculture une activité moderne, rentable et attractive pour les jeunes et les femmes ? » ; « Comment assurer un accès durable aux semences améliorées, aux engrais, aux équipements agricoles, à l’eau, à l’énergie et au financement? » ; « Comment bâtir une agro-industrie compétitive capable de transformer localement nos productions? » ; « Comment sécuriser les terres, organiser les marchés et améliorer notre logistique agricole ? » ; « Comment faire en sorte que les producteurs vivent dignement de leur travail ? », « Enfin comment développer des chaînes de valeur créatrices d’emplois, de richesses et d’opportunités pour les générations futures ? ».

Au-delà de cette énigme à résoudre, le Ministre en charge de l’agriculture et de l’élevage a appelé les acteurs du secteur à une union sacrée.

Un pacte alimentaire !

Pour l’atteinte de la souveraineté alimentaire au Niger, les acteurs du secteur doivent accorder leurs violons, a préconisé le Ministre Ousmane.

« Nous devons bâtir un véritable pacte national pour la souveraineté alimentaire. Un pacte fondé sur plusieurs priorités stratégiques », à savoir, «  la maîtrise de l’eau et le développement de l’irrigation; la mécanisation agricole adaptée aux réalités du Niger; une politique semencière intégrée et souveraine; la sécurisation foncière; le développement des filières porteuses végétales, animales et halieutiques; l’intensification durable des productions;  la transformation industrielle locale; le stockage stratégique et la souveraineté logistique; l’innovation, la recherche et la digitalisation des services agricoles;  l’accès au financement et aux assurances agricoles…Et la professionnalisation des acteurs et l’entrepreneuriat des jeunes », a-t-il indiqué.

En s’exprimant sur les activités de cette conférence de deux (2) jours, le Ministre Ousmane se dit « convaincu que les réflexions qui seront menées au cours de ces assises permettront de dégager des orientations pertinentes, réalistes et ambitieuses ».

« L’histoire nous enseigne que les grandes nations sont celles qui savent transformer les crises en opportunités », a-t-il philosophé.

Selon lui,  « Notre pays possède les ressources humaines, les terres aménageables, les savoir-faire pastoraux et agricoles ainsi que l’énergie nécessaire pour relever ce défi ».

« C’est donc avant tout dans la mobilisation de notre intelligence collective, dans la valorisation de nos compétences et dans la confiance en nos capacités que réside la clé de notre réussite », a-t-il conclu.

Abordant dans le même sens que le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, le Président par intérim du CIRAC, le Docteur Diata Joachim a appelé les acteurs concernés par la question de la souveraineté alimentaire au Niger, à un changement « de paradigme par rapport à nos politiques d’affectation des ressources ». Pour rappel, a-t-il dit, « le monde rural, c’est 40% du PIB, or il ne lui est alloué que 10 à 15% des ressources budgétaires selon certaines statistiques ».

« In fine ne jamais oublier qu’un peuple souverain est un peuple qui peut nourrir sa population et se développer avec ses propres forces », a-t-il suggéré à la fin de son intervention.

Cette conférence ouverte ce samedi devait prendre fin le dimanche 05 Juillet 2026. Il est prévu à l’agenda plusieurs sous-thèmes sur les enjeux, les défis et les perspectives de la souveraineté alimentaire au Niger.

MSB/AS/ANP 025 Juillet 2026

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Abdourahamane Salifou
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