A Danfountoua (Zinder), la résilience porte ses fruits : « Aujourd’hui, nous pouvons vivre de notre travail » (Témoignage)

A Danfountoua (Zinder), la résilience porte ses fruits : « Aujourd’hui, nous pouvons vivre de notre travail » (Témoignage)

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 Par Yacine Mamoudou Envoyé Spécial

Zinder, 29 juin (ANP)-Danfountoua, situé à 27 km de Dogo, dans le département de Mirriah, région de Zinder, bénéficie des investissements du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Cette localité dispose de plusieurs mares envahies par le Typha australis, communément appelé « Katchala.

La zone s’étend le long de la vallée de la Korama. Elle comprend des champs dunaires et des bas-fonds avec une végétation clairsemée à dense à mesure que l’on se rapproche de la vallée. Cependant, les plans d’eau de la région sont menacés par une plante appelée Typha australis, communément appelée « katchala ». Cette plante prolifère rapidement et colonise les plans d’eau, provoquant un déséquilibre écologique qui affecte principalement la production de poissons et les activités agricoles. Cette situation précaire entraîne une insécurité alimentaire pour les producteurs, en raison des déficits chroniques enregistrés chaque année lors des campagnes agricoles.

Le village de Dafountoua est une localité très accueillante qui dispose d’un important potentiel où le Programme Alimentaire Mondial intervient et dispose d’un partenaire d’exécution avec la GIZ.

Dans le cadre de son partenariat avec la GIZ, qui assure un accompagnement technique et opérationnel, le village a mis en œuvre plusieurs activités dans les domaines de la cohésion sociale, de la promotion des activités génératrices de revenus (AGR) ainsi que de la gestion des risques de catastrophes. Ces interventions contribuent de manière significative au renforcement de la résilience des populations et au développement durable de la localité.

La GIZ contribue au renforcement des capacités de structures de prévention et gestion des conflits pour la sécurisation foncière, les comités de cohésion sociale pour renforcer le dialogue social, les chefs traditionnels pour garantir la quiétude sociale, ce qui permet de résorber en grande partie les conflits liés aux espaces pastoraux et ceux entre agriculteurs et éleveurs.

Les Foyers d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN) constituent l’une des principales activités de la population. Plusieurs groupements y sont impliqués et y participent activement. Bien qu’une certaine concurrence existe entre ces groupements, un esprit de solidarité et d’entraide continue de prévaloir, favorisant ainsi l’atteinte des objectifs communs et le renforcement de la cohésion sociale au sein de la communauté.

Les activités génératrices de revenus, tels que le soutien aux groupements féminins par le biais de l’embouche (élevage de bétail), l’extraction d’huile d’arachide, la fabrication du savon et la transformation des produits forestiers non ligneux sont des stratégies visant à renforcer la résilience des ménages. Les bénéfices tirés de ces activités, menées par les femmes, contribuent aux dépenses familiales, en particulier pour l’alimentation, la transformation des produits forestiers non ligneux et les frais scolaires des enfants, tels que les activités récréatives.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) à travers la GIZ, accompagne ces femmes dans leur processus de candidature aux appels d’offres et aux marchés en facilitant l’obtention des agréments nécessaires à l’exercice de leurs activités.

De leur côté, les hommes pratiquent la pêche dans les différentes mares qui ont été faucardées et empoissonnées avec l’appui du PAM, contribuant ainsi à l’amélioration de leurs moyens de subsistance et au renforcement de la sécurité alimentaire des ménages.

A travers cet accompagnement, on note un aspect très positif, à savoir l’appropriation par la population de ses activités. Les sites maraîchers ont été créés et la population s’en est approprié elle-même.

La communauté prépare elle-même la nourriture pour ses enfants. Et à la date d’aujourd’hui, on peut dire que la malnutrition n’est plus d’actualité ici. Ils ont pu la bouter eux-mêmes à travers cet appui-là.

Le chef du village de Danfountoua, Abdoul Karim Mamane, exprime sa gratitude envers le Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour son appui au développement du village depuis six à sept ans. Grâce à son intervention, les femmes ont été organisées en groupements, dotées de documents administratifs, d’équipements de travail et formées à des activités génératrices de revenus. Des comités communautaires ont également été créés pour la sensibilisation à la santé, le développement local et la gestion des conflits fonciers, contribuant à une meilleure cohésion sociale et à une gouvernance plus efficace.

« Le PAM a renforcé les capacités des hommes et des femmes à travers diverses formations, permettant aux communautés de poursuivre les activités de manière autonome après le départ des agents. L’organisation a aussi favorisé la transformation, la conservation et la commercialisation des produits agricoles, notamment le riz, tout en soutenant la nutrition et la scolarisation des enfants. » a déclaré le chef de village.

« Aujourd’hui, les produits transformés sont vendus sur les marchés locaux et dans le village, générant des revenus pour les groupements et comités au profit de leurs activités et du bien-être des familles. Ces actions ont apporté des changements durables et significatifs dans la vie de la population. »

Pour la présidente du groupement tchinciya de Danfountoua, Saâda Gambo «  Notre comité est composé de 20 femmes. Nous exerçons des activités de production d’huile et d’élevage. »

« Notre comité a vu le jour il y a plus de six ans. Avant cela, nous pratiquions uniquement la tontine. Grâce à l’appui des partenaires du PAM, nous avons reçu cinq moutons pour les 20 femmes du groupement. C’est à partir de ces animaux que nous avons développé l’élevage. En trois ans, nous sommes passées de cinq à vingt moutons, ce qui a permis à chaque femme de bénéficier d’un mouton. »

« Nous continuons aujourd’hui à pratiquer l’élevage ainsi que de petits commerces, tout en poursuivant nos activités de tontine. Le partenaire nous a également soutenues en nous fournissant un fonds constitué de cinq sacs d’arachide ainsi que des équipements pour la transformation de l’arachide en huile. » a souligné Mme Saada.

Avec nos outils de travail, nous pouvons transformer rapidement l’arachide. Un sac est divisé en deux parties, et un demi-sac permet d’obtenir environ 20 litres d’huile en moins de 20 minutes.

« Après la vente des 20 litres d’huile, nous calculons les bénéfices réalisés. Nous vendons également de la pâte d’arachide issue de la transformation. Nous obtenons environ 17 tasses, vendues à 1 300 FCFA la tasse, ce qui représente près de 21 000 FCFA de recettes. Après avoir déduit les dépenses liées à la machine (1 500 FCFA) et au sel (200 FCFA), nous répartissons les bénéfices entre les membres du groupement », a fait savoir la présidente du groupement qui a ajouté que «Le litre d’huile est vendu à 1 500 FCFA. Nos activités se développent bien, mais nous faisons face à une difficulté majeure : l’état de la route. Les problèmes d’accès compliquent le transport et la commercialisation de nos produits. »

Aujourd’hui, notre principal souhait est la construction ou la réhabilitation d’une route afin de faciliter nos déplacements et de mieux développer notre commerce.

Elhadji Abdou Mamane, pisciculteur et pêcheur, explique que « grâce à l’appui reçu, les membres de son groupement ont bénéficié de formations en pisciculture, de nouveaux poissons ont été introduits dans les mares aménagées et des équipements ainsi que des vêtements de travail leur ont été fournis. Les poissons sont protégés pendant 15 mois avant d’être exploités afin d’assurer une production durable. »

« L’activité mobilise 35 pêcheurs ainsi que des jeunes qui sont initiés aux techniques de pêche pour assurer la relève. Différents types de filets sont utilisés afin de préserver les jeunes poissons et favoriser leur croissance. Les bénéficiaires ont également appris à entretenir les mares et à mieux gérer les ressources halieutiques. »

« Le poisson est vendu frais lorsque la demande est suffisante, ou transformé par séchage et fumage pour une meilleure conservation et commercialisation sur les marchés. Les prix varient généralement entre 500 et 1 000 FCFA selon la taille et la qualité du poisson, certains pouvant atteindre jusqu’à 8 kg. »

« Cette activité constitue une source importante de revenus pour les ménages, leur permettant de couvrir leurs besoins alimentaires, d’améliorer leurs conditions de vie et d’investir dans d’autres moyens d’existence, notamment l’élevage de bétail. » s’est réjoui Alhadji Abdou.

MAY/AS/ANP 0312 juin 2026

Contributeurs

Hamza Harouna Adamou
Webmaster


Salissou Soumana Karimou
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