Développement local : la paix, la cohésion sociale en marche à l’Ouest

Développement local : la paix, la cohésion sociale en marche à l’Ouest

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Niamey, 27 Juillet (ANP) – Dans les communes de Ouallam et de Dingazi, deux entités dans l’ouest du pays, la paix, la cohésion sociale et le développement local prennent corps.

L’Administrateur délégué (AD) de ces entités,  Abdoulaye Mai Irakou Issa mène la bataille sur ces différents fronts.

Ce responsable municipal a mis en place une stratégie de soft power, consistant à multiplier les initiatives de développement et à renforcer celles existantes pour offrir plus d’emplois aux jeunes désœuvrés, cibles de recrutements de bandits armés et les terroristes,  mais aussi pour renforcer la cohésion sociale entre la population autochtone, les personnes déplacées internes et les réfugiés essentiellement venus du Mali voisins.

En poste depuis  4 avril 2024 à Ouallam et à Dingazi depuis le 6 Aout de la même année, M. Mai Irakou s’est donné comme défis principaux à relever : consolider la paix et la cohésion sociale de ces confins de Tillabéri, région de l’extrême ouest du Niger en proie aux attaques terroristes depuis 2017.

 Au moment où le  conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, organe de transition militaire) boucle ses deux ans de pouvoir, le Maire désigné de  Ouallam et de Dingazi a entamé depuis une semaine une série de visites dans ces  localités. Il s’agit de faire le point des réalisations, mais aussi de transmettre le message des autorités étatiques.

C’est ainsi que le lundi 21 Juillet, aux environs de 11h, il quitte son bureau  »cossu » de Ouallam pour le terrain, première étape, la commune rurale de

 Dingazi, à environ 60 km du chef lieu du département.

La route latéritique qui relie les deux localités est très dégradée par endroits à cause des eaux de pluie et  des cours d’eau saisonniers imposant des grands contours.

Après environ 1h 30 de route, l’Administrateur délégué arrive à Kossey Beri, l’un des premiers villages de la commune de Dingazi sur la route, situé à seulement 46 km de Ouallam.

 A l’entrée, le responsable municipal est accueilli par des soldats de la milice d’auto-défense , appelés sur place ‘’Comité de vigilance- Batama Gonda koye’’.

 L’escorte s’ébranle en direction du  palais du Chef du village M. Halidou Soumana, où la population attendait la délégation.

Sur place, M. Mai Irakou a prêché la cohésion sociale entre communautés, tout en demandant à la population d’intensifier les prières pour le retour d’une paix durable dans la région et dans tout le pays. « Ceci est un message du CNSP », a-t-il lancé.

Mai Irakou a également exhorté les villageois à payer leur impôt communal, un moyen, selon lui, qui permettra à la mairie de diversifier son assistance en leur faveur. 

Après son intervention, le Chef du village a adressé ses remerciement à l’autorité municipale, ainsi qu’à ses partenaires au développement pour un soutien financier à la population du village ayant permis aux villageois de reconstruire leurs habitations détruites par des inondations l’an dernier.

Après cette étape, l’Administrateur délégué à mis le cap sur le village de Bani Matté, à 1 kilomètre de là. 

A l’entrée de la localité, l’autorité communale a eu droit à un bain de foule. Des enfants, des femmes et des hommes sont venus à son encontre.

 Dans la foulée, l’édile a marqué une pause pour saluer une fillette joyeusement sortie pour son accueil.

Après avoir transmis le message qu’il a livré à la première étape et écouté les doléances de la population, l’Administrateur délégué a visité une vaste exploitation agricole des villageois.

Ce périmètre créé en 2001, compte aujourd’hui 160 compartiments de jardins, où 360 personnes y travaillent en majorité des femmes.

 Mounkaila Hassoumi est l’un des jeunes producteurs, trouvé sur place.

« Nous cultivons toute une diversité de produits, comme la tomate, la pomme de terre, le Maïs et le moringa. Cette activité nous permet de prendre en charge nos familles, tout en payant les nécessaires pour la scolarisation des enfants », a-t-il affirmé.

« Nous nous retrouvons financièrement  même si nous faisons face à un certain nombre de défis comme, le manque de certaines variétés de semences ou encore de l’accès difficile à l’eau. Il vrai, il y a une marre au bord de laquelle se trouvent les jardins, mais nous avons besoin des motopompes pour pouvoir puiser l’eau. Aussi, nous avons besoin des forages, notamment pour les périodes durant lesquelles la marre s’assèche », a renchéri Mounkaila Hassoumi.

Ramatou, une autre productrice âgée de 47 ans, est fière de ce travail.

« Je produis principalement du maïs et du moringa. J’arrive à gagner environs 35.000 F CFA par récolte. Mais la grande partie du rendement est destinée à la consommation, ma famille compte huit (8) personnes. Avec l’argent de vente, nous survenons à d’autres besoins de la vie. Et nous les femmes, nous arrivons également à épauler nos époux », a-t-elle témoigné.

Selon M. Mai Irakou, la principale contribution des autorités étatiques au bon déroulement des activités locales est la sécurité. 

« Ce qu’il faut retirer de plus important, c’est avant tout la sécurité. Avant le changement de régime intervenu le 26 juillet 2023, il est pratiquement impossible aux agriculteurs et aux maraîchers du village de Bani Matté, par exemple, de venir exploiter cette marre  que vous avez vue tout à l’heure.  Dieu merci aujourd’hui la sécurité est consolidée».

Il a voulu se faire plus explicite en montrant le lien entre sécurité et développement de l’agriculture.

« Il y a un lien direct entre la sécurité et la pratique de l’agriculture dans cette zone. Ici vous avez trouvé une population occupée, consciente… qui s’investit en apportant  sa part dans la recherche de l’autosuffisance alimentaire. Elle est pleinement occupée, consciemment, donc elle n’a pas le temps d’aller écouter ceux-là que nous qualifions d’ennemis internes, c’est-à-dire les bandits armés. Je précise que ce sont des bandits armés internes et non des terroristes car les efforts des forces de défense et de sécurité (FDS) ont permis d’empêcher aux terroristes de faire des incursions », a expliqué le représentant de l’Etat.

La contribution de la Mairie

Selon le premier responsable communal, l’Etat assure la sécurité et la Mairie, à travers ses partenaires, parvient à répondre de temps en temps aux besoins de cette communauté.

« Toute cette plantation a été possible grâce aux semences envoyées par la Mairie à ces producteurs. Actuellement, nous sommes sur un projet qui va venir diagnostiquer la situation actuelle pour voir ce dont les producteurs ont besoins afin de booster leur production et de stabiliser leur vie, une façon de maintenir surtout les jeunes hommes en activités au lieu qu’ils se lancent dans le banditisme armé. Ceci aura également l’avantage de contribuer à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et tout naturellement aussi de renforcer les capacités économiques des populations », a laissé entendre le Chef de l’exécutif municipal

Et Face au problème d’accès à l’eau, il a assuré que  « En ce qui est du problème d’eau, c’est vrai il y a une marre à côté, mais pour drainer cette eau, il faut donc trouver un mécanisme qui puisse permettre aux producteurs d’arroser les cultures à partir de ce cours d’eau, comme les motopompes, au-delà des motopompes, nous voulons également nous inscrire dans la dynamique de l’arrosage goutte-à-goutte. Cela demande de moyens, et en tant que Administrateur délégué, je vais mener des doléances auprès de la hiérarchie et des partenaires pour trouver ces moyens adéquats ».

Après cette deuxième étape, l’administrateur délégué s’est rendu à Dingazi, chef-lieu de la commune du même nom. Ce village est le berceau du 3ème Chef d’Etat du Niger, Ali Saibou, un militaire qui a présidé le pays de 1987 à 1993. Il était connu comme l’homme de la décrispation, une  ère d’ouverture après 15 ans de dictature militaire.

Le successeur du président Kountche ( 1974-1987) y est également enterré après son décès en 2011.

Dans ce village à la fois symbolique et historique, l’ Administrateur délégué a été accueilli dans la grande mosquée par les autorités coutumières et religieuses, ainsi que les agents de la mairie.

Une séance de lecture du Saint Coran a été organisée, suivie d’un long moment d’invocation en faveur de la paix et de la cohésion sociale.

 »Notre arme redoutable est la prière  », s’avance l’AD avant d’enchaîner : 

« Je suis venu transmettre  le message d’encouragement et  de félicitations des très hautes autorités aux vaillantes populations de Dingazi. Ce message des autorités, c’est un appel à la paix et à la cohésion sociale. Je vais poursuivre jusqu’à ce que la paix règne. Et d’ailleurs, la paix règne aujourd’hui à Dingazi, car avant c’était impossible d’aller d’un village à un autre. Les gens vaquent paisiblement à leurs occupations », a-t-il lancé

 « Cette prière s’inscrit dans le cadre de la commémoration du deuxième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Nous devons prier, car nous sommes des soldats au front. L’heure n’est pas à la recréation. En bons musulmans notre arme redoutable se trouve dans les mosquées pendant les heures de prière. C’est pour cela qu’il n’y a pas de répit jusqu’à la victoire finale »,  a souligné Mai Irakou.

Ce dernier a retrouvé dans la soirée son quartier général de Ouallam.

MSB/CA/ANP 0194 juillet 2025

Contributeurs

Zarami Boulama
Redacteur


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