Zinder : le PAM renforce la résilience des communautés à travers le faucardage des mares à Maïgardaye

Zinder : le PAM renforce la résilience des communautés à travers le faucardage des mares à Maïgardaye

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                                                                                (Yacine Mamoudou, Envoyé Spécial)

Zinder, 22 Juin (ANP)-Le Programme alimentaire mondial (PAM) est la première organisation humanitaire au monde. Il sauve des vies en situation d’urgence et utilise l’assistance alimentaire pour ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et à la prospérité des populations touchées par les conflits, les catastrophes naturelles ou les effets du changement climatique.

Au Niger, pays sahélien enclavé dont près de 80 % de la population vit en milieu rural, la dégradation des terres, l’accès limité aux terres arables et la rareté des ressources en eau constituent les principales causes de l’insécurité alimentaire.

Les activités du PAM au Niger sont subdivisées en six activités spécifiques selon le plan stratégique pays 2020-2025 :  Fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle intégrée aux populations touchées par la crise (réfugiés, déplacés internes, communautés d’accueil et rapatriés) ; Fournir un ensemble intégré d’aliments scolaires aux garçons, aux filles et aux adolescents pendant l’année scolaire, appuyant ainsi la production locale (alimentation scolaire locale) ;Soutenir le programme national de nutrition en fournissant des services de nutrition préventifs et curatifs (y compris la SBCC, l’enrichissement des aliments locaux, l’alimentation complémentaire et le renforcement des capacités) aux populations ciblées.

Le PAM fournit également un soutien aux moyens de subsistance des hommes, des femmes, des garçons et des filles en situation d’insécurité alimentaire ou à risque, notamment par le développement ou la réhabilitation des actifs naturels et productifs (ANP), des mesures de gestion des risques climatiques et des chaînes de valeur ; renforce les capacités des institutions nationales décentralisées et des partenaires ; fournit des services de vol UNHAS aux partenaires pour accéder aux zones d’intervention humanitaire, et fournit des services de logistique, de TIC et de coordination aux partenaires en l’absence d’alternative pour assurer l’assistance humanitaire ainsi que d’autres services de la chaîne d’approvisionnement services et expertises à la demande.

Le village de Maïgardaye, situé dans la commune rurale de Wacha, département de Magaria, à environ 105 kilomètres au sud-est de Zinder et à 15 kilomètres à l’ouest de Wacha ou l’ONG Karkara est le partenaire d’exécution d’accompagnement et de suivi.

Cette localité dispose d’un vaste terroir comprenant plusieurs mares permanentes envahies par le Typha australis, communément appelé « Katchala ». Le choix du site s’explique par la vulnérabilité des populations confrontées à des déficits céréaliers récurrents, mais également par l’existence d’importantes potentialités irrigables pouvant servir de levier au développement d’activités de résilience.

Le faucardage est une opération consistant à couper et à enlever les plantes envahissantes qui obstruent les mares et limitent l’accès à l’eau.

L’équipe de travail est composée de 20 personnes réparties en plusieurs groupes. Une première équipe assure le faucardage, une deuxième procède au tri des végétaux coupés, tandis que les femmes sont chargées du transport et de la restitution des tiges à proximité des fosses de compostage. Les participants reçoivent une rémunération journalière qui est passée de 1 300 FCFA à 2 000 FCFA cette année.

Après le faucardage, une partie des tiges récupérées est utilisée pour la fabrication de clôtures traditionnelles. Le reste est transformé en compost. Les végétaux sont déposés dans des fosses d’environ un mètre de profondeur et deux mètres de longueur, mélangés à du fumier animal, puis recouverts pendant une période de trois mois. À l’issue de ce processus, le compost obtenu est utilisé comme fertilisant organique dans les champs.

Ces travaux sont accompagnés de séances de formation et de sensibilisation sur les techniques agricoles modernes ainsi que d’un appui en semences améliorées.

Les mares restaurées servent à plusieurs activités productives, notamment la pisciculture, la riziculture pendant la saison des pluies et les cultures de contre-saison. Ces activités contribuent à améliorer les revenus et la sécurité alimentaire des ménages bénéficiaires.

L’intervention du PAM dans le village de Maïgardaye a débuté en 2018. Depuis lors, plus de 25 mares ont été faucardées. Parmi elles, cinq sont utilisées pour l’empoissonnement avec près de 30 000 alevins sur une superficie de 15 hectares, dans un ensemble de 140 hectares de zones aménagées.

Le faucardage facilite l’accès à l’eau, favorise le développement des activités agricoles et contribue à la promotion des cultures de contre-saison. Au total, plus de 460 ménages très pauvres, représentant 2 871 bénéficiaires, sont concernés par cette intervention du Programme alimentaire mondial.

Cette activité génératrice de revenus rassemble tous les habitants du village. Grâce à cette initiative du PAM, certains ont abandonné des pratiques telles que l’exode rural et la mendicité. Aujourd’hui, de nombreux habitants homme et femme parviennent à subvenir à leurs besoins et à améliorer leurs conditions de vie.

Pour Habou Saïdou habitant de Maigardayé, dans la commune rurale de Wacha « ici nous pratiquons la riziculture en travaillant de manière solidaire et collective, auparavant, parmi les producteurs, certains ne récoltaient qu’un seul sac de riz mais aujourd’hui, grâce au programme de grande irrigation, les rendements se sont considérablement améliorés et plusieurs producteurs récoltent entre 30 et 40 sacs. »

« Cela fait maintenant six ans que nous cultivons le riz et nous avons constaté de nombreux changements positifs dans nos vies. Grâce au développement des activités rizicoles, nous avons pratiquement abandonné la migration à la recherche de travail. Cette activité constitue désormais notre principale source de revenus. Pour ma part, cette année, j’ai récolté plus de 20 sacs de riz. »

« Notre production nous permet de subvenir aux besoins de nos familles. Nous vendons également une partie de notre récolte afin d’investir davantage dans nos rizières et d’améliorer notre production. Nous combinons les activités agricoles de la saison des pluies avec les cultures irriguées afin de tirer le meilleur parti de nos terres. »

« Pour obtenir de bons rendements, il est essentiel de travailler la terre tout au long de l’année. Ces efforts nous permettent d’obtenir des récoltes abondantes et bénéfiques pour nos ménages. »

Nous comptons plus de 461 producteurs dans notre périmètre, chacun disposant de sa propre parcelle de culture.

Selon Rahi Saley, une femme agée de 50 ans, de Margardayé « cela fait 7 ans que je travaille la terre, je gagne assez de bénéfices, c’est grâce à cette eau, ça nous permet de subvenir à tous nos besoins familiaux, nous avons acheté de nourriture et des animaux. »

« Nous avons appris beaucoup d’activités dans ce projet, notamment la riziculture, le maraîchage, la pêche, dans notre site nous produisons beaucoup, à savoir la tomate, le choux, l’oignon, la salade, la pomme de terre et la pastèque et nous les vendons sur le marché. »

Autour de ces mares, environ 40 Ha d’espace ont été mis en valeur et ont permis à l’ensemble de la population d’accroître leurs productions. Au cours des campagnes des années 2025 et 2026, au total, 227,5 tonnes d’Oignon, Choux, Laitue, Tomate, courge, et gombo ont été produits sur environ 91 Ha pour une valeur de 11.345.000 FCFA. Cela a contribué à l’amélioration de la diversité alimentaire et des revenus des ménages et ce résultat ne cesse de croître.

Pour la production pluviale, au total, 3,23 tonnes de riz, 0,23 maïs et 0,1 tonnes de Gombo ont été produits en 2020 pour une valeur 1.431.400 F CFA. Aujourd’hui, cette production de riz est passée à 98,56 tonnes en 2025.

À travers ces actions, le PAM confirme son engagement aux côtés des communautés rurales du Niger en soutenant des initiatives durables qui renforcent leur résilience face aux effets du changement climatique et à l’insécurité alimentaire.

MAY/AS/ANP 0207 juin 2026

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