(Yacine Mamoudou, Envoyé Spécial)
Zinder, 22 juin (ANP)-À Maïgardayé (Zinder), les Foyers d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN) constituent un cadre d’apprentissage et d’échanges destiné aux mères, aux femmes en âge de procréer. Ces dernières se réunissent deux fois par semaine pour partager leurs expériences sur la croissance des enfants et les bonnes pratiques nutritionnelles.
Les séances portent notamment sur la surveillance nutritionnelle réalisée par les mères elles-mêmes, les sensibilisations aux pratiques familiales essentielles (PFE) assurées par les relais communautaires, ainsi que les démonstrations culinaires basées sur des recettes locales. Les ingrédients utilisés sont collectés durant les périodes d’abondance et conservés dans le grenier nutritionnel du village.
Ces activités sont encadrées par seize relais communautaires et quatre-vingts « mamans-lumières » réparties dans huit villages. Ces femmes modèles, ayant réussi à prévenir ou à vaincre la malnutrition au sein de leur propre foyer grâce à de bonnes pratiques alimentaires et sanitaires, sont formées par les agents de santé de l’aire sanitaire. Elles jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation des autres mères et le dépistage précoce de la malnutrition aiguë.
Les enfants sont suivis selon quatre tranches d’âge : de 0 à 5 mois, de 6 à 11 mois, de 12 à 23 mois et de 24 à 59 mois. Pour chaque catégorie, des conseils spécifiques sont donnés aux mères afin d’assurer une alimentation adaptée et de prévenir les risques de malnutrition.
Les femmes bénéficient également de l’appui des relais communautaires et de l’ONG Karkara, partenaire d’exécution du PAM. Cette organisation assure la formation et l’accompagnement des bénéficiaires sur les techniques de préparation des bouillies enrichies et sur les bonnes pratiques nutritionnelles favorisant la croissance des enfants.
Sous un hangar en tôle, les femmes se réunissent régulièrement pour participer à des séances de sensibilisation portant sur la prévention de la malnutrition infantile, les soins à apporter aux enfants et les aliments nécessaires à leur bon développement. Ces rencontres constituent également un espace d’échanges et de solidarité entre les participantes.
Chaque groupe s’efforce d’améliorer ses performances en matière de sensibilisation et d’encourager davantage de familles à faire suivre leurs enfants dans les structures communautaires.
Les résultats enregistrés sont particulièrement encourageants. Avant la mise en place des FARN, en 2019, quarante-huit cas de malnutrition aiguë avaient été dépistés et référés. En 2020, année de démarrage des activités, ce nombre est tombé à cinq cas. En mars 2021, seuls deux cas avaient été enregistrés et pris en charge. Aujourd’hui, le village de Maïgardayé affiche zéro cas de malnutrition aiguë, un résultat qui témoigne de l’efficacité des actions communautaires soutenues par le PAM et ses partenaires.
Selon Mme Sadia Ado, désignée comme « maman-lumière » au sein du village, cette distinction lui a été attribuée en raison des soins attentifs qu’elle a apportés à son enfant et de son engagement en faveur des bonnes pratiques nutritionnelles.
« J’ai été choisie comme maman-lumière parce que j’ai réussi à bien prendre soin de mon enfant. Aujourd’hui, de nombreuses femmes du village prennent exemple sur moi et appliquent les conseils que nous partageons lors des séances de sensibilisation », explique-t-elle.
Elle se réjouit également des progrès enregistrés dans la lutte contre la malnutrition grâce aux interventions du Programme alimentaire mondial (PAM) et de ses partenaires.
« Autrefois, la malnutrition était un problème récurrent dans notre village. Aujourd’hui, grâce aux activités de sensibilisation, à l’accompagnement des mères et au soutien du PAM, nous avons atteint zéro cas de malnutrition », affirme Mme Sadia Ado avec satisfaction.
Pour le relais communautaire de Maigardayé Mme Maria Maman « Notre mission consiste à sensibiliser les femmes sur les bonnes pratiques de santé et de nutrition et nous assurons le dépistage des enfants et, lorsqu’un enfant présente des signes de maladie ou de malnutrition, nous le référons au Centre de Santé Intégré (CSI) pour une prise en charge appropriée. »
« Nous apprenons également aux mères à mieux prendre soin d’elles-mêmes et de leurs bébés. Nous les formons à la préparation de bouillies enrichies destinées aux nourrissons afin d’améliorer leur état nutritionnel. » ajoute Mme Maria Maman.
Au début du projet, les femmes participaient très peu à nos activités. Grâce aux nombreuses séances de sensibilisation, elles répondent désormais massivement à nos invitations. Autrefois, par manque d’information, elles accordaient peu d’importance à l’espacement des naissances. Aujourd’hui, elles ont compris les avantages de cette pratique pour leur santé et celle de leurs enfants.
Les femmes enceintes viennent régulièrement aux consultations prénatales et poursuivent le suivi sanitaire de leurs enfants, notamment à travers les séances de vaccination. Pour les enfants souffrant de malnutrition, nous accompagnons les mères dans la préparation de recettes nutritives qu’elles reproduisent ensuite à domicile.
« Les résultats sont très encourageants. Au début du projet, nous enregistrions jusqu’à dix cas de malnutrition dans la localité. Aujourd’hui, grâce aux efforts de sensibilisation et à l’engagement de la communauté, aucun cas de malnutrition n’est signalé », conclut le relais communautaire de Maigardayé.
MAY/AS/ANP 0206 juin 2026









