Niger : une huilerie, Sahel Agro-Ingénierie, engagée dans la transformation locale pour la souveraineté alimentaire

Niger : une huilerie, Sahel Agro-Ingénierie, engagée dans la transformation locale pour la souveraineté alimentaire

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Niamey, 27juillet (ANP)- Sahel Agro-Ingénierie, une entreprise nigérienne spécialisée dans la transformation agroalimentaire et la valorisation des ressources agricoles locales, ambitionne de contribuer à l’industrialisation et à la souveraineté alimentaire du Niger par la transformation locale des ressources agricoles.

‘’Notre contribution à la souveraineté alimentaire repose sur la production locale d’huile végétale, la création de débouchés agricoles, la valorisation des coproduits pour l’élevage, la création d’emplois et la conservation de la valeur ajoutée au Niger’’, détaille-t-on.

‘’Nous voulons proposer une huile végétale locale de haute qualité, accessible aux consommateurs et capable de concurrencer progressivement les huiles importées tout en valorisant les tourteaux en produits destinés à l’alimentation animale ’’, fait savoir le responsable Marketing de cette entreprise M. Mohamed Kadri.

‘’Nos activités s’articulent autour de deux piliers complémentaires : l’extraction mécanique et le raffinage d’huiles végétales, ainsi que la valorisation des tourteaux issus de l’extraction pour l’alimentation animale. », énonce-t-il.

Expliquant que : ‘’Nous transformons notamment l’arachide, le soja, le sésame, le souchet et d’autres matières premières oléagineuses. Notre modèle vise à valoriser l’ensemble de la matière première : l’huile est destinée à l’alimentation humaine et les coproduits sont orientés vers l’élevage. Cette approche réduit les pertes et permet de créer davantage de valeur au Niger.’’

Kadri ajoute que le processus de fabrication commence par la réception, le tri et le contrôle des matières premières. Les graines sont ensuite nettoyées et préparées avant l’extraction mécanique   par pression. La qualité commence dès la réception des matières premières. ‘’Nous vérifions leur propreté, leur état de conservation, leur humidité ainsi que l’absence visible de moisissures et d’impuretés.’’

Au cours de la production, nous suivons les paramètres de pressage, de filtration et de raffinage. Nous contrôlons notamment l’acidité, la couleur, l’odeur, l’aspect de l’huile, l’hygiène des équipements et l’identification des lots, renseigne le responsable marketing de Sahel-agro ingénierie.

L’huile brute obtenue est filtrée, puis elle peut suivre les principales étapes du raffinage : dégommage, neutralisation ou désacidification, lavage, séchage, décoloration, filtration, désodorisation sous vide avec injection de vapeur, refroidissement, contrôle final et conditionnement, détaille-t-il.

Les produits font également l’objet d’analyses en laboratoire lorsque cela est nécessaire, notamment pour vérifier les paramètres de qualité et de sécurité sanitaire, y compris la recherche d’aflatoxines sur les lots analysés. L’objectif est de commercialiser une huile végétale de haute qualité, stable, au goût neutre et sans odeur forte, annonce-t-on.

« Notre capacité de production est de 2 000 litres d’huile brute par jour et de 1 000 litres d’huile raffinée par jour. » a fait savoir le responsable Marketing tout en précisant que « Sur une base de 22 jours de production par mois, cela représente une capacité potentielle d’environ 44 000 litres d’huile brute et 22 000 litres d’huile raffinée par mois. », estime le responsable marketing.

Nuançant que la production effective dépend naturellement de la disponibilité et de la qualité des matières premières, de l’approvisionnement en énergie et de la continuité de fonctionnement des équipements.

L’huilerie s’approvisionne principalement auprès de producteurs, collecteurs et commerçants agricoles nigériens pour ses besoins en oléagineuses (arachide, soja, sésame) au niveau des localités d’Aguié, de Doutchi, de Gaya et de Sambéra.

 L’activité de cette unité crée des débouchés supplémentaires pour les producteurs locaux d’oléagineux. En transformant les matières premières au Niger, nous augmentons la demande locale, réduisons les pertes après récolte et favorisons une meilleure valorisation des productions agricoles, explique-t-on.

‘’La valorisation commerciale des tourteaux constitue une solution essentielle pour réduire le coût de revient de l’huile. Nous souhaitons aussi développer les prestations d’extraction, de filtration et de raffinage pour d’autres entreprises, ainsi que des partenariats avec des distributeurs, des industriels et des acheteurs institutionnels.’’, projette le promoteur.

Sahel Agro-Ingénierie génère actuellement 20 emplois directs et 14 emplois indirects, soit 34 emplois et opportunités économiques liés à ses activités.

Les emplois directs concernent la production, la conduite des équipements, le raffinage, le conditionnement, la manutention, la maintenance, la gestion, le contrôle de la qualité et la commercialisation.

Les emplois indirects concernent notamment les producteurs, les collecteurs, les transporteurs, les fournisseurs, les distributeurs et les différents prestataires intervenant dans la chaîne de valeur.

En outre, cette activité contribue à rapprocher les producteurs, les transformateurs et les éleveurs. ‘’À moyen terme, nous souhaitons mettre en place des accords d’approvisionnement plus structurés afin de donner aux producteurs davantage de visibilité sur les volumes, les critères de qualité et les possibilités de commercialisation.’’, à en croire les promoteurs de l’entreprise.

Sahel Agro-Ingénierie transforme des ressources agricoles disponibles au Niger en produits utiles à la population : huile alimentaire, tourteaux et aliments pour animaux.

L’entreprise est officiellement immatriculée et a été officiellement créée et immatriculée le 3 juin 2026 à Niamey auprès de l’administration fiscale et s’engage à respecter ses obligations. Sa contribution aux recettes de l’État est appelée à progresser avec le développement de son chiffre d’affaires, à travers les impôts, taxes, droits et autres obligations applicables.

Cette unité industrielle est confrontée à l’irrégularité des matières premières, aux fluctuations de prix, au manque de fonds de roulement, au problème d’accès limité à des financements adaptés aux unités de transformation et au coût de l’énergie, énumère-t-on.

Les promoteurs se plaignent des difficultés liées à la maintenance industrielle, aux pièces de rechange, au renforcement des compétences techniques, au coût des emballages et des intrants de raffinage, ainsi que  la concurrence des huiles importées vendues à bas prix.

Les autres contraintes sont relatives à l’accès aux grands réseaux de distribution, aux marchés institutionnels, aux laboratoires et aux dispositifs de certification.

Le Niger dispose d’une demande importante en huiles alimentaires et en aliments pour animaux, et la première ambition est de contribuer à satisfaire cette demande avec des produits transformés localement, apprend-on.

Les promoteurs de la nouvelle unité plaident auprès des autorités pour l’accès au financement, à une énergie fiable, aux équipements, aux laboratoires, à la formation technique et aux marchés institutionnels.

‘’Soutenir la transformation locale, c’est soutenir les producteurs, créer des emplois, réduire les importations et renforcer la souveraineté alimentaire’’, estiment-ils.

MAY/CA/ANP 0310 Juillet 2026

Contributeurs

Hamza Harouna Adamou
Webmaster


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