Tillabéri, 1er Juillet (ANP) – La population de la commune rurale de Ouro Guéladjo, située à environ 40 kilomètres à l’ouest de Say (Région de Tillabéri), a un nouveau chef de canton en la personne de Morou Boukari, élu le mardi 30 juin 2026 à l’issue d’un scrutin transparent, organisé à la suite du décès, survenu en 2024, de son prédécesseur, l’honorable Abdoulaye Dirarou Boureima.
Candidat pour la première fois à cette fonction coutumière, M. Morou Boukari devient ainsi le 11ème Lamido de Ouro Guéladjo, au terme d’un vote qui s’est déroulé dans le calme et la transparence, en présence du Gouverneur de la Région de Tillabéri, le Colonel Maïna Boukar, du Préfet du département de Say, du représentant de l’Association des Chefs Traditionnels du Niger, ainsi que des responsables des Forces de défense et de sécurité.
Le collège électoral est composé de quinze (15) chefs de villages rattachés audit canton. Tous ont pris part au scrutin. À l’issue du dépouillement, M. Morou Boukari Kalilou Abdoulaye Boureima a obtenu 8 voix sur 15, contre 7 pour ses adversaires. Le Gouverneur de la Région de Tillabéri a alors proclamé officiellement les résultats, sous les acclamations d’une foule venue de plusieurs localités de la commune.

Après la proclamation des résultats, le Colonel Maïna Boukar a félicité le nouveau chef de canton tout en lui prodiguant des conseils pour la réussite de sa mission. Il l’a exhorté à faire preuve de responsabilité, de sagesse et de résilience dans l’exercice de ses fonctions. « Vous n’avez pas d’opposants, vous n’avez que des administrés », a-t-il dit au nouveau chef, l’invitant à travailler avec l’ensemble de la population pour le développement du canton.
S’adressant aux candidats non élus, le Gouverneur Maïna Boukar leur a rappelé que la chefferie traditionnelle est l’affaire de toutes les familles du canton. Il les a appelés à dépasser les clivages issus du scrutin et à soutenir le nouveau chef. « Il n’y a plus de candidats, il n’y a plus d’opposants. Vous formez désormais une seule et même famille », a-t-il insisté, appelant chacun à œuvrer dans l’unité, la cohésion et le vivre-ensemble, sans distinction entre les partisans des différents candidats.
Évoquant le contexte actuel du Niger ainsi que les défis auxquels est confronté le canton de Ouro Guéladjo, le Gouverneur de la Région de Tillabéri a invité l’ensemble de la population à accompagner le nouveau chef afin de permettre au canton de retrouver toute sa place au sein de l’Association des Chefferies Traditionnelles du Niger.

Prenant la parole à son tour, le nouveau chef de canton, M. Morou Boukari a salué le bon déroulement du scrutin et remercié les membres du collège électoral ainsi que l’ensemble de la population pour la confiance placée en lui. « L’élection qui vient de se tenir aujourd’hui est une victoire pour toute la population de Ouro Guéladjo », a-t-il déclaré, avant d’appeler la population à rester unie, à travailler ensemble et à apporter sa contribution afin d’« éteindre le feu de la division » qui a affecté le canton, dans l’intérêt du développement et de la paix sociale.
Au Niger, la chefferie traditionnelle occupe une place centrale dans l’histoire et l’organisation sociale du pays. Elle est, en effet, considérée comme un pilier de la gouvernance locale, de la cohésion sociale et de la médiation communautaire. Le pouvoir public a récemment adopté la création du Conseil National de la Chefferie Traditionnelle du Niger (CNCT), consacrant ainsi une reconnaissance institutionnelle forte de la chefferie traditionnelle dans le processus de Refondation de l’État.

La création de cet organe vise à structurer la participation des chefs traditionnels aux politiques publiques, au dialogue national et aux efforts de stabilisation sociale. Le CNTN est un organe national de représentation et de concertation, avec pour missions de formuler des avis et recommandations sur les questions sociales, sécuritaires, culturelles et communautaires, de servir de cadre permanent de dialogue entre l’État et les autorités coutumières, et de promouvoir les valeurs socioculturelles fondatrices de l’unité nationale. Sa création traduit la volonté des autorités politiques de faire de la chefferie traditionnelle un partenaire légitime, reconnu et structuré, dans la quête de la paix, de la justice sociale et du développement durable.
MAM/KPM/ANP-007 Juillet 2026









