Maradi, 9 Juin (ANP) – Les agriculteurs et éleveurs des communes de Safo, Sarkin Yamma, Tibiri, et des arrondissements communaux de la ville de Maradi ont signé ce mardi 9 juin 2026 dans la Commune rurale de Sarkin Yamma, Département de Madarounfa, un protocole d’accord pour la consolidation de la paix et la prévention de conflits entre agriculteurs et éleveurs de ces communes citées, pour une exploitation apaisée de la vallée du Goulbi Maradi.
La cérémonie a été présidée par le Gouverneur de la Région de Maradi, le Contrôleur Général de Police Issoufou Mamane en présence du Sultan du Katsina Maradi, l’Honorable Ahmed Ali Zaki qui ont fait le déplacement de Sarkin Yamma pour la circonstance.
La cérémonie de signature d’accord pour la consolidation de la paix et la prévention de conflits entre agriculteurs et éleveurs est le fruit d’un processus de médiation caractérisée par une dynamique inclusive facilitée par le Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD), à la demande de l’Administrateur Délégué de Sarkin Yamma et de son Altesse le Sultan de Katsina-Maradi, avec le soutien du Gouverneur de la région de Maradi qui a également accepté de parrainer cette cérémonie de signature.
Tout au long d’un processus qui a duré 8 mois, HD a accompagné, à leur rythme, les agriculteurs et les éleveurs afin qu’ils trouvent, par eux-mêmes, des solutions consensuelles et durables pour une exploitation apaisée de la vallée du Goulbi Maradi.
Pendant ce processus, les différents acteurs ont fait preuve de flexibilité, de détermination pour travailler en faveur d’une exploitation apaisée de la vallée du Goulbi Maradi et ainsi participer au raffermissement de la cohésion sociale. Cette attitude a permis au processus d’évoluer et d’aboutir à cet événement qui va, sous peu, consacrer leur engagement formel pour la consolidation de la paix et la prévention de conflits.
Mais selon le Chef de Bureau HD M. Laouan Zangoua, Il est important de souligner que « la signature d’un accord ne pourra garantir une paix durable sans l’engagement de l’ensemble des acteurs dans sa mise en œuvre ». Afin d’optimiser les chances d’une mise en œuvre effective de l’accord et de disposer d’un outil d’évaluation et d’alerte, un comité de suivi dont les membres ont été consensuellement désignés, sera installé et formé afin qu’il puisse correctement jouer son rôle.
Le chef Bureau HD n’a pas terminé ses propos sans réitérer les remerciements de HD au gouverneur de la région de Maradi, aux sultans de Katsina-Maradi et de Gobir pour la confiance et le soutien tout au long du processus de médiation.
Prenant la parole à cette cérémonie, le gouverneur de Maradi a rappelé que le Niger est un pays sahélien en proie à plusieurs défis sécuritaire, sociodémographique et climatique.
La Région de Maradi ne fait pas exception à ce contexte de croissance démographique importante et de raréfaction des ressources, qui accentue la course aux ressources naturelles pour la subsistance des communautés et des cheptels. Cela favorise l’émergence de tensions ou de conflits entre communautés ou entre acteurs ruraux.
En effet, ces acteurs, pratiquent essentiellement l’agriculture et l’élevage qui constituent les deux principales activités économiques de la Région. « Ces activités, jadis complémentaires, deviennent aujourd’hui concurrentes à cause entre autres d’une démographie en pleine expansion; d’une désertification qui réduit chaque année les stocks des ressources naturelles disponibles, et des impacts néfastes des changements climatiques auxquels on attribue les variabilités climatiques sévères, elles-mêmes responsables des irrégularités des précipitations dans le temps et dans l’espace, de la fréquence des inondations, des sécheresses et des récoltes souvent déficitaires, sources de malaises et de tensions notamment entre acteurs ruraux ».
Le Contrôleur Général de Police a ajouté que ces conflits et affrontements autour des ressources naturelles renouvelables ont causé et causent encore, malheureusement, des morts captant du coup, l’attention des populations.
Cette cérémonie visant à signer un accord pour la consolidation de la paix et la prévention de conflits entre les agriculteurs et les éleveurs dans la vallée de Goulbi’N Maradi, « vient à point nommé et s’inscrit dans une dynamique partagée des plus hautes autorités pays, qui est d’assurer un accès équitable aux ressources partagées afin d’inverser la spirale des conflits et de revenir à une cohabitation pacifique entre nos populations. L’accord vise plus spécifiquement à résoudre, de manière inclusive et de façon durable, la problématique des conflits entre acteurs ruraux ».
Il est évident que la rareté des ressources est une des causes des conflits entre acteurs ruraux –chacun voulant s’en assurer le contrôle- il est aussi évident qu’à certains égards, ces conflits trouvent leur origine dans la méconnaissance des mécanismes institutionnels et traditionnels de gouvernance de ces mêmes ressources partagées ou à leur mauvaise application.
En effet, au Niger, de part les textes en vigueur, « c’est aux commissions foncières que revient la gestion des questions liées au foncier et aux ressources naturelles renouvelables. Ces commissions une gestion constituent des cadres de concertation pour rationnelle et pacifique de l’accès aux dites ressources » indique le Gouverneur.
De même, ces lois instituent des mécanismes de gestion des litiges y relatifs, en grande partie inspirés par nos us et coutumes. En tout état de cause, c’est pour contribuer à atténuer la conflictualité locale au titre de la Région de Maradi que l’ONG Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) a engagé un processus de médiation entre ces acteurs (à la demande des autorités coutumières locales) pour un accès apaisé aux ressources naturelles et une cohabitation pacifique entre les communautés, a-t-il indiqué.



L’ensemble des acteurs impliqués dans cette démarche, ont tour à tour signé l’accord de consolidation de la paix et la préservation des conflits. Parmi les signataires, il y avait les Administrateurs délégués des communes de Maradi, ceux des Communes rurales de Madarounfa, de Guidan Roumdji, de Sarkin Yamma, de Safo et de Tibiri. Mais également les chefs des groupements, le Chef de canton de Sarkin Yamma, le représentant du Sultan de Gobir, le Sultan de Katsina ainsi que le Gouverneur de la région de Maradi.
Le Sultan de Katsina n’a pas manqué de rappeler à tous les acteurs impliqués, leurs engagements face à leurs responsabilité. « Tout celui qui appose sa signature sur cet acte, engage toute sa responsabilité et celle de sa communauté, à faire en sorte que les règles soient scrupuleusement respectées » a indiqué l’Honorable Ahmed Ali Zaki.


Cette grande cérémonie, pleine de sens et de signification a réuni les organisations des jeunes, des femmes, les leaders communautaires, les leaders religieux et les Forces de Défense et de Sécurité.
Le Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) est une organisation internationale de diplomatie privée qui s’efforce de prévenir et de résoudre les conflits par le dialogue et la médiation. HD intervient au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et Afrique. Au Niger, en plus de la région de Maradi, HD est présent dans les régions de Tahoua, Diffa, Dosso et Tillabéri, où il accompagne les actions des autorités et des communautés dans la prévention et la gestion des conflits agropastoraux et des conflits communautaires à travers la médiation et le dialogue.
SML/ANP/Juin 2026









