Niamey ,26 Sept(ANP)-La rentrée scolaire intervient au Niger le 1er octobre 2025 avec l’entrée en vigueur de la mesure de réduction de 20 % des frais de scolarité dans le privé dont les impacts sont salués par les uns et craints par les autres, selon les témoignages recueillis auprès des partenaires sociaux.
L’Association Nationale des Parents d’Élèves et Étudiants (ANPE/E ) y voit ‘’un soulagement’’, a contrario l’association unique des fondateurs des écoles privées d’enseignement général (AUFEPEG) avertit sur les charges qui en découleraient.
Le Secrétaire général de l’Association Nationale des Parents d’Élèves et Étudiants (ANPE/E) M. Mamadou Baba Touré se réjouit de ‘’ce décret présidentiel qui réduit les frais de scolarité, car les parents souffraient énormément face aux coûts d’inscription. Dans certains établissements, ces frais augmentaient chaque année, aggravant la charge des familles’’.
Ajoutant que « Nous félicitons donc le gouvernement pour cette décision. D’ailleurs, notre association a participé aux travaux du comité chargé de la réduction des frais de scolarité. Ce comité siège depuis trois ans et il a fallu attendre cette année pour voir l’adoption de ces mesures.’’
Selon ce responsable, tous les ministères en charge de l’éducation, les acteurs de la société civile ainsi que les fondateurs d’écoles y ont pris part.
‘’Nous espérons qu’un suivi rigoureux sera mis en place afin que tous les promoteurs respectent cette décision souveraine de l’État. » , fait-il savoir, estimant : « il revient à l’État de mettre en œuvre des mécanismes efficaces à travers ses différentes directions.
De leur côté, les parents doivent aussi contribuer en dénonçant tout établissement qui refuserait d’appliquer ce décret. »
L’Association fait remarquer que cette réduction ‘’entraîne aussi une charge financière pour eux. Ces écoles participent pleinement à l’éducation de nos enfants et méritent un soutien’’.
L’Association Nationale des Parents d’Élèves et Étudiants regroupe l’ensemble des parents dont les enfants sont inscrits dans les établissements scolaires de la République du Niger.
De son cote, le président de l’association unique des fondateurs des écoles privées d’enseignement général (AUFEPEG) M. Nassirou Elh Sanoussi note que «les établissements privés partagent pleinement l’objectif de rendre l’éducation de qualité accessible au plus grand nombre. Cependant, la manière dont cette décision est intervenue et ses implications potentielles nous inquiètent profondément.’’
Soulignant que « ma première réaction est un mélange de stupéfaction et d’inquiétude. Stupéfaction, car une mesure d’une telle ampleur, qui touche au modèle économique fondamental de tout un secteur, a été annoncée sans consultation préalable. Inquiétude, car elle risque, si elle n’est pas accompagnée, de compromettre la qualité même de l’enseignement que nous dispensons et pour lequel les parents nous font confiance. »
Le président de l’AUFEPEG note : « Il est évident que la motivation affichée est sociale : alléger la charge financière qui pèse sur les familles, surtout dans un contexte économique difficile. C’est une intention louable que nous comprenons. Cependant, nous craignons que des appréhensions et une analyse superficielle des conséquences, n’aient pris le pas sur une réflexion pragmatique et concertée sur la soutenabilité d’une telle mesure. ».
« L’impact sera immédiat et sévère sur notre trésorerie. Contrairement à une idée reçue, les marges des écoles privées sont souvent très serrées, surtout dans les établissements qui investissent dans la qualité, lance-t-il la sonnette d’alarme.
Au nombre des conséquences, il note le risque de ne plus pouvoir attirer et retenir les talents, ou pire, de devoir geler les salaires ou supprimer des postes, notamment ceux du personnel de support, le gel des projets: rénovation des salles de classe, achat de nouveau matériel informatique, mise à jour des bibliothèques, entretien des infrastructures sportives, la pression fiscale et le risque de baisse de qualité et de fermeture.
Nassirou fait savoir que « nous avons été associés dans le comité ad-hoc qui a été mis en place pour réfléchir sur une tarification des frais de scolarité, à la fin des travaux les fondateurs avaient des réserves sur certains points qui ont fait l’objet d’observations adressées au Premier Ministre dont on n’a tenu aucun compte’’
Le responsable associatif juge qu‘aucune étude d’impact sérieuse n’a été partagée avec nous, et aucune concertation des membres du comité y compris les fondateurs, n’a eu lieu sur les conclusions du comité.’’
‘’Une décision que nous jugeons unilatérale sans considération pour un partenaire éducatif qui scolarise un nombre important d’élèves et participe au service public de l’éducation », glisse-t-il, plaidant pour ‘’une vraie table ronde de crise avec le gouvernement. Les mesures d’accompagnement sont indispensables et doivent être discutées urgemment.’’
Les promoteurs du privé demandent entre autres un mécanisme de compensation financière directe de la part de l’État pour combler tout ou partie de ce manque à gagner, à condition qu’il soit simple, transparent et durable ;Une défiscalisation de l’école privée et un moratoire d’impôt pour les investissements .
S’y ajoutent Une révision des textes qui régissent l’enseignement privé, sans compromis sur la qualité et la sécurité, pour nous donner de la flexibilité ; Un fonds de garantie pour aider les établissements les plus fragiles à traverser cette période sans fermer leurs portes.
Le président des fondateurs rassure les parents d’élèves « La transparence est la clé. Nous nous engageons à Maintenir en priorité les budgets alloués à la pédagogie et à la rémunération de nos enseignants.
La mesure de réduction est intervenue le 18 juillet 2025 au terme des travaux d’ un comité ayant examiné les problématiques touchant l’ensemble du système éducatif.
Cette instance a réuni l’Association des parents d’élèves, des représentants de la société civile, les membres des ministères en charge de l’éducation ainsi que les promoteurs d’établissements scolaires.
Au lendemain de la signature du décret, une rencontre a été organisée entre les promoteurs et les ministères en charge de l’éducation. Cette réunion, présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur en présence du ministre de l’Éducation nationale, de celui de l’Enseignement professionnel et du ministre du Commerce, avait pour objectif d’échanger sur les mesures d’accompagnement et d’explorer les moyens par lesquels l’État pourrait soutenir les promoteurs.
Lors des débats, tous les promoteurs et représentants présents ont tour à tour pris la parole. Leurs interventions ont principalement porté sur la réduction de la pression fiscale et sur la possibilité que certains enseignants du ministère de l’Éducation soient affectés dans les établissements privés et instituts.
Le ministre a, pour sa part, assuré que leurs doléances seraient transmises aux autorités compétentes.
A quelques jours de la rentrée, le Ministère du Commerce et de l’Industrie a ordonné aux établissements d’enseignement et Institutions de formation privés d’afficher pour chaque niveau d’étude, les frais annuels de scolarité anciens (2024-2025) et nouveaux (2025-2026) sous peine de sanctions.
MAY/CA/ANP 0145 Septembre 2025









