Niamey : La restauration de rue, un gagne-pain honorable pour les femmes

Niamey : La restauration de rue, un gagne-pain honorable pour les femmes

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Niamey, 19 Novembre (ANP) – Elles sont nombreuses les femmes nigériennes qui ne se laissent pas gagner par l’oisiveté, la paresse ou la mendicité. Elles préfèrent elles-mêmes se frayer leur propre chemin pour ne pas toujours tendre la main, s’adonnant ainsi à des métiers qui leur permettent de se prendre en charge et même au-delà.

Parmi elles, il y a les restauratrices de rue, celles-là qui vendent de la nourriture à la place publique pour ne pas dire sur les rues. Elles ont une clientèle tout venant, à qui elles permettent de se restaurer sans grands encombres. L’ANP est partie à la rencontre de cette frange importante de la population nigérienne et dont la contribution à l’économie n’est pas négligeable.

Mme Rachida Oumarou Amadou, mariée et mère de 2 enfants, est la promotrice de Rafa Food, une entreprise spécialisée dans la préparation et la vente de repas à emporter. Passionnée par la cuisine, elle a voulu créer un service qui permet à chacun de savourer des plats faits maison, délicieux et accessibles.

Le nom RAFA FOOD est inspiré des deux premières lettres de son prénom et de celle des prénoms de ses enfants. C’est une manière symbolique de représenter sa famille, sa passion et son engagement dans ce projet et le mot FOOD complète le nom pour rappeler que leur activité est centrée sur la bonne cuisine et le partage de saveurs authentiques.

Selon la promotrice, « nous préparons chaque jour avec des ingrédients frais et locaux. Nous proposons des petits déjeuners à emporter comme les sandwichs, les omelettes, les boissons naturelles, les yaourts faits maison et la livraison se fait sur commande. Nous organisons aussi des buffets, des repas pour des entreprises ».

Mais sa plus grande clientèle reste principalement les personnes qui commandent en ligne, les connaissances, les collègues et des clients réguliers qui lui font confiance depuis le début et qu’elle gère avec beaucoup d’attention. « Je prends leurs commandes à temps via le téléphone ou par les réseaux sociaux et je veille à la ponctualité des livraisons, à la qualité constante des repas et je reste toujours disponible pour leurs remarques afin d’améliorer le service », a-t-elle fait savoir.

« Nos prix varient selon le choix du client », souligne-t-elle, citant par exemple que le Sandwich simple est à 500 FCFA le demi pain, le sandwich garni est à 1000 FCFA le demi pain, les jus naturelles à partir de 250 FCFA, le yaourt à partir de 500 FCFA, quant aux omelettes le prix varie de 500 à 1000 FCFA.

Selon toujours Madame Rachida, « en moyenne, par jour, nous pouvons vendre entre 20.000 FCFA et 40.000 FCFA selon la demande et par mois nous réalisons environ 200.000 FCFA à 280.000 FCFA, en constante évolution grâce à la fidélisation des clients et actuellement je travaille avec une aide-ménagère pour la préparation et la distribution, rémunérée en fonction des jours de travail qui me coûte environ 40.000 à 60.000 FCFA par mois ».

« Comme toute entrepreneure,  j­­­’ai eu à  faire face à des difficultés de manque de moyens matériels au début, mais grâce à la variation des mets selon les saisons, couplée à la persévérance et une meilleure organisation, j’arrive à surmonter ces obstacles petit à petit », se réjouit-elle

Selon elle, « l’hygiène est une priorité absolue dans mon travail. Nous portons des gants, des filets à cheveux, et du désinfectant pour les matériels avant et après chaque utilisation, alors que la femme de ménage nettoie proprement la cuisine 2 à 3 fois par jour ».

Aussi, Mme Rachida conseille-t-elle aux jeunes Nigériens et particulièrement la femme de ne pas se laisser dans le désœuvrement, de croire en leurs idées, de commencer petit, avec sérieux, de se lancer, car la réussite vient avec la passion, la discipline et la patience.

Mme Halimatou Issa Hima, âgée de 27 ans, logisticienne de formation et en même commerçante de vente en ligne est l’une des clientes favorites de RAFA FOOD. Elle témoigne : RAFA FOOD fait des merveilles côté restauration. Ses sandwichs sont vraiment délicieux et aussi ses jus naturels car elle ne met pas beaucoup de sucre ni d’arôme dans ses plats et son  yaourt est unique. Elle respecte aussi l’hygiène alimentaire et se préoccupe de la santé de ses clients.

« Concernant ses tarifs, ils sont vraiment abordables parce qu’avec 500 FCFA vous avez votre petit-déjeuner à main et pour 750 FCFA vous avez votre pain accompagné de son jus 100% naturel. J’en appelle vraiment aux gens de venir massivement commander leur petit-déjeuner chez RAFA FOOD parce qu’elle fait des plats exceptionnels et aussi, en cas de besoins, pour vos cérémonies et autres, elle répond à votre demande », a-t-elle fait savoir.    

Pour sa part, Mme Zeinabou Issa, veuve et mère de 7 enfants, âgée de 41 ans, est vendeuse des plats africains devant sa maison. Elle nous explique « qu’elle fait ce commerce pour ne pas dépendre de quelqu’un et d’être à l’abri du besoin,  parce que le fait de rester sans rien faire n’est pas une solution vu les charges que j’ai », soulignant qu’elle doit assurer l’éducation de ses enfants et leur bien-être.

« Je prépare chaque jour du lundi au vendredi et je vends cette nourriture, le matin à la devanture de l’un des établissements de notre quartier, et à midi devant la porte de la maison. Mes plats sont des plats africains faits maison avec des variétés comme le riz avec sauce fokou, du riz mélangé avec haricot, du couscous africain avec moringa, de l’igname avec sa sauce avec des ingrédients frais et locaux », confie-t-elle, précisant que « maintenant il n’y a pas assez de clients. Avant, par jour, je pouvais gagner de 25.000 FCFA à 35000 FCFA, mais aujourd’hui, à peine je gagne 15.000 à 20.000 FCFA la journée ».

Selon la vendeuse, « les prix des plats varient de 250 FCFA à 500 FCFA selon le choix du client. Par mois, je peux économiser 50.000 FCFA parce que vu la charge de mes enfants je ne pourrai pas économiser assez », a-t-elle expliqué.

Aussi, Mme Zeinabou a voulu lancer un appel auprès de ses consœurs qui sont là à ne rien faire de se mettre au travail parce que le fait de rester sans rien faire conduit la personne ou à voler ou à se prostituer ou même à se vagabonder et la seule manière pour éviter tout ceci c’est de se mettre au travail afin de subvenir à ses propres besoins et celui des autres.

Autant comprendre que ce métier, pratiqué en majorité par les femmes mais aussi par certains hommes, les protège et leur évite de tendre la main, tout en leur permettant de subvenir à certains de leurs besoins essentiels.

HA/KPM/ANP-132 Novembre 2025

Contributeurs

Abdourahamane Salifou
Administrateur


Salissou Soumana Karimou
Webmaster


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