Niamey : des nombreux commerces font les frais des travaux de voirie et d’assainissement

Niamey : des nombreux commerces font les frais des travaux de voirie et d’assainissement

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Niamey, 24 sept (ANP)-L’amélioration du cadre urbain ne fait pas toujours bon ménage avec les affaires :  depuis le lancement de certains chantiers de voirie et d’assainissement dans la ville de Niamey, des nombreux commerçants et opérateurs économiques en font les frais.

Le plus gros lot des impactés est constitué de ces nombreux étalagistes qui font des coins de rues ou de carrefour leur ‘’boutique’’ proposant des articles allant des produits frais aux gadgets électroniques.

Les travaux ont davantage frappé des branches majeures telles des stations d’essence, des pharmacies, de fournisseurs de gaz et des magasins de commerce général, par endroit certaines activités se sont taries cas des essenceries si elles n’ont pas été démantelées.        

Le tableau se présentant au carrefour allant du rond-point Telwa-commissariat Niamey 2000 fermé  pour cause de travaux est le plus illustratif : déguerpissement des stations-services, tarissement des activités pour des dizaines des commerçants et migration pour d’autres horizons  pour les chanceux.

Le projet en cours sur la RN 25 porte sur l’aménagement et le bitumage 2×2 dans la section urbaine sur 6,5 KM allant du rond-point Telwa au poste de péage route Filingué sur financement de la Banque ouest africaine de Développement (BOAD).

En désespoir de cause, certains opérateurs n’ont pas trouvé mieux que d’aménager dans des locaux de fortune plus accessibles. C’est le cas d’une pharmacie transférée dans un ‘’contener’’ sur un axe passant.

 La PDG de la pharmacie le NOUVEAU, Dr Seyni Fatoumata Traoré explique qu’en raison de  ‘’beaucoup de difficultés depuis qu’ils ont barricadé la route, les clients n’ont pas accès à la pharmacie sauf les piétons qui arrivent à passer entre les barrières’’.

Les impacts se payent cash : ‘’on enregistre une baisse au niveau de la recette alors que les charges sont incompréhensibles, tels que le loyer, les impôts, l’eau, l’électricité et les agents de la pharmacie’’, fait valoir la pharmacienne notant que ‘’ces charges sont là et qu’on est obligé de payer alors que le chiffre d’affaires baisse’’.

‘’Par jour on a une recette de 300.000 FCFA voire plus et maintenant à peine on arrive à avoir 100.000 FCFA la journée ce qui n’est pas bon pour la pharmacie’’., argumente-t-il.

Ajoutant : ‘’Je suis en train de vouloir délocaliser la pharmacie, je suis en cours parce qu’il faut que je cherche un local, le réaménager, mettre en sécurité les médicaments, donc là on est obligé de faire ça et avec un chiffre d’affaires qui a drastiquement diminué et on s’est acquitté de tous nos impôts du mois d’août mais pour septembre, c’est délicat’’.

Selon toujours la Pharmacienne, ‘’l’Etat ne nous a pas préparé en conséquence pour qu’on puisse délocaliser nos activités en attendant qu’ils finissent les travaux sur la voie, on s’est réveillé pendant le mois d’août du 1er au 10 août, on a trouvé les barrières déjà installées’’.

‘’Des fonds de commerce ont été perdus, personne n’est resté sur la voie fermée sauf notre pharmacie et les agences de transfert qui sont aux alentours, ça a été vraiment un choc et on est obligé de subir’’, se désole-t-elle.

L’équation semble plus simple pour Hama Yacouba, vendeur des fruits et d’Igname avec pomme de terre frappé par la mévente depuis le blocus, affirme avoir déménagé pour un autre coin’’.

‘’Pour quelqu’un qui gagne par jour 15.000 à 25.000 FCFA, aujourd’hui à peine il gagne 7.000 Fr la journée ce qui n’est pas du tout satisfaisant, la route, sur laquelle il est, est moins fréquentée alors que là où il était avant, les clients ne cessent de venir surtout les fonctionnaires’’, a-t-il rapporté.  . 

Contre mauvaise fortune, le marchand Dimanche se veut philosophe :  c’est une bonne chose de faire un nouveau tronçon, parce que, nous qui sommes à la devanture du goudron, nous sommes en danger tout simplement parce que la route est trop petite parfois les mini-bus ‘’HIACE’’ perdent les pédales et nous rentrent directement ; nous sommes à la merci du bon dieu’’, a ajouté M. Hama Yacouba.

 El hadji Mani, vendeur des matériaux de construction, déclare que’’ la clientèle est moins fréquente depuis la fermeture de la route à peine on trouve un ou deux clients par jour ce qui n’était pas le cas avant la fermeture’’.

‘’Nous sommes en train de chercher un local pour délocaliser notre boutique, parce qu’à cause des barrières les clients ne pourront pas passer avec leur voiture pour pouvoir prendre leurs commandes et on rencontre beaucoup de difficultés, notre chiffre d’affaires a complètement baissé’’, a-t-il dit, amer.

Le commerçant relate ‘’qu’on n’a pas signé un accord avec les autorités, ils nous ont simplement dit de plier bagages parce que la route va être fermée pour les travaux qu’ils vont commencer et ils ne nous ont pas donné du temps, raison pour laquelle on est toujours là parce que ce n’est pas facile de déménager aussi rapidement sans avoir le local qui nous convient et un endroit où y aura plus de clientèle et c’est une charge qu’il faut gérer aussi’’.

A contrario, ‘’le Petit Inoussa, âgé de 20 ans, tenancier d’un espace de thé et café, sur son pousse-pousse au niveau la barrière trouve son compte :  il affirme gagner son pain dans son petit commerce parce que les gens qui travaillent sur la route achètent sans arrêt nuit et jour, les ouvriers en trouvent du remontant et quelques médicaments venant du Nigeria présentés comme anti douleurs’’

Outre le projet sur la RN 25, depuis juillet dernier, la ville de Niamey a lancé des chantiers de voirie et d’assainissement pour plus de 20 milliards de CFA sur financement d’un projet de la Banque Mondiale.

HA/CA /ANP 0137 Septembre 2025

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