Niamey, 20 juin (ANP) -Le Président de la Commission géopolitique et environnement international du Conseil consultatif de la refondation (CCR), Ibrahim Bana, intervenant à la tribune du forum économique de Marrakech au Maroc, a appelé l’Afrique à devenir un continent de production, de transformation et d’innovation.
Ibrahim Bana a lancé cet appel à la tribune de ce forum, ce samedi 20 juin 2026, qui s’est réuni sur le Thème : « ZLECAf et la connexion des chaînes de valeur euro‑africaines : vers un espace partagé de production conjointe, d’investissement et de solidité économique ».
Le Conseiller du CCR a indiqué qu’à travers ce thème »Nous parlons de la souveraineté économique des États, de la sécurité des peuples, de la place de l’Afrique dans la production mondiale, et de la qualité du partenariat que nous voulons construire entre l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée », soulignant que »aucun pays ne peut bâtir durablement sa stabilité sur des dépendances critiques ».
Pour lui, »les États cherchent maintenant à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, à rapprocher les lieux de production des marchés et à réduire leurs vulnérabilités stratégiques », notant que »cette nouvelle orientation marque un changement majeur ».
Pour cela, a-t-il souhaité, »l’Afrique doit devenir un continent de production, de transformation, de coproduction et d’innovation ».
»Le sens de la Zone de libre‑échange continentale africaine, c’est d’attribuer à la ZLECAf toute son importance. La ZLECAf n’est pas seulement un accord commercial ; Elle constitue un instrument historique de transformation structurelle. La ZLECAf vise un marché continental de plus d’un milliard d’habitants, un espace économique de plusieurs milliers de milliards de dollars de PIB, et une Afrique qui commerce davantage avec elle‑même, qui crée ses propres complémentarités et qui négocie avec le reste du monde depuis une position plus forte », a-t-il fait remarquer.
Alors, »nous avons la responsabilité politique de transformer la ZLECAf en un moteur de changement. Nous refusons qu’elle devienne une simple façade institutionnelle qui crée de nouvelles dépendances » a préconisé le Président de la Commission géopolitique et environnement international du CCR.
Pour le Niger, a-t-il poursuivi, »cette réflexion rejoint directement la dynamique de la Refondation nationale, engagée sous la conduite de Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République, Chef de l’État », soutenant à cet effet que »la Refondation n’est pas un slogan ; la Refondation est une doctrine d’action publique. La Refondation repose sur une conviction forte : la souveraineté politique n’est durable que lorsqu’elle se base sur une souveraineté économique, énergétique, alimentaire, financière, numérique et logistique ».
»Le Niger possède d’importantes ressources naturelles : uranium, pétrole, or, charbon, un fort potentiel solaire, des terres irrigables, du cheptel, une jeunesse nombreuse et une position géographique qui est un atout géoéconomique » a-t-il expliqué, ajoutant que le pays »n’est pas pauvre de façon naturelle ».
Il a alors recommandé que »nous devons transformer les ressources en valeur nationale, transformer la valeur en infrastructures, transformer les infrastructures en emplois, transformer les emplois en dignité, et transformer la dignité en stabilité durable ».
Evoquant les secteurs de l’agriculture et l’élevage, Ibrahim Bana d’indiquer que »le Niger possède un potentiel important en irrigation, en périmètres agricoles, en production céréalière, en élevage, en lait, en viande, en cuirs et peaux », tout en souhaitant la mise en valeur de tout ce potentiel.
Abordant la question de l’energie, le conseiller Bana a soutenu que »sans énergie fiable, abondante et compétitive, aucune industrie, aucune transformation, aucune compétitivité ne sont possibles », appelant à mobiliser les différentes ressources du secteur.
Après avoir déclaré que l’Alliance des États du Sahel n’est pas qu’une simple réponse sécuritaire, Ibrahim Bana de faire savoir que »c’est aussi une géographie économique, une profondeur stratégique et un marché en construction’, notant qu’à »trois nous possédons des ressources minières, énergétiques, agricoles et pastorales complémentaires ».
»Mieux, désormais nous avons la même volonté de reprendre en main notre destin », a-t-il insisté.
En s’adressant aux investisseurs, aux entreprises, aux institutions de financement, aux banques de développement, aux partenaires industriels, aux fonds d’investissement et aux opérateurs économiques présents ou représentés dans ce forum, le conseiller du CCR de déclarer que »le Niger et l’espace AES ont besoin de vous, de capitaux patients, de technologies, de savoir‑faire industriel, de partenariats logistiques, de financements d’infrastructures, de formations professionnelles, d’unités de transformation, de solutions énergétiques, de plateformes numériques et de marchés d’exportation », précisant que »le Niger et l’espace AES ne parlent pas des besoins avec faiblesse ; ils parlent des besoins avec responsabilité ».
Il a reconnu, cependant, que »Aucun pays ne se développe seul. Aucune économie ne se transforme sans partenaires ».
»Le message est clair : le Niger accepte les investissements sérieux, utiles et responsables. L’AES accepte les partenariats structurants » a-t-il insisté, recommandant des partenariats reposant sur la stabilité des engagements, la lisibilité des priorités publiques, le respect des contrats pour l’intérêt national, la lutte contre les pratiques prédatrices, la facilitation administrative, la sécurité des projets stratégiques, le dialogue permanent avec les autorités, l’insertion des entreprises locales, la formation de la jeunesse, et la protection de l’environnement.
»La résilience économique ne se limite pas à résister aux crises. La résilience économique vise à réduire les causes de la vulnérabilité. Elle vise à produire les biens dont les peuples ont besoin, à sécuriser les approvisionnements, à diversifier les partenaires, à financer les priorités, à industrialiser les ressources et à former la jeunesse » a-t-il dit.
»Venez au Niger, venez dans l’AES, venez pour bâtir. Venez créer des chaînes de valeur, former, transformer, produire. Venez faire du profit, l’investissement doit être rentable ; venez faire un profit juste, durable, qui respecte la dignité des peuples et la souveraineté de nos États » a-t-il lancé à l’endroit des investisseurs
AS/ANP 0187 juin 2026









