Niamey, 2 Sept (ANP) – Les femmes membres du collectif « Keki Bon Sé » de Dosso luttent pour leur autonomisation financière à travers la transformation et la commercialisation des produits fabriqués à base d’arachide, une activité génératrice de revenus qui a du vent en poupe dans cette partie du Niger et au-delà dans tout le pays.
Situé à la périphérie ouest de la Ville de Dosso, le centre de transformation du collectif Keki Bon Sé compte plusieurs travailleuses de tous les âges, allant des jeunes filles aux femmes du troisième âge, s’engageant toutes activement dans un travail collectif et à la chaîne.
Chaque matin, ces femmes s’arment de courage, de détermination et de volonté d’être auto-suffisantes pour accomplir les dix (10) travaux d’Hercule, malgré la chaleur ardente du feu de la grillade, la délicatesse liée à la manipulation des instruments, et les préjugés sociaux.
Sur place, les tâches sont réparties et remplies par étapes et assurées par groupes comme dans une usine, à la seule différence que ces femmes ne disposent que des moyens traditionnels. Alors que certaines se positionnent près de la machine pour décortiquer les arachides, un autre groupe se consacre à la grillade, et une 3ème équipe s’occupe de la mouture et de l’extraction de l’huile.
La transformation de ces grains oléagineux requiert un processus élaboré pour fabriquer la pâte d’arachide, extraire l’huile et produire le tourteau. II y va du décorticage, de la torréfaction, ainsi que de l’épluchage (détachement de la couverture rouge de l’arachide). Suivent le broyage pour obtenir une pâte et l’extraction de l’huile et le tourteau, qui est ensuite découpé en petits morceaux.
Mme Billo Rekiya, une femme d’un certain âge, membre de l’association des femmes transformatrices du groupe « Keki Bon sé », a tenté de nous éclairer sur la nature de leur travail et le processus qu’elles suivent. Elle fait le récit d’une expérience qui remonte à plusieurs années dans ce métier, jusqu’à son intégration au sein du groupe Keki Bon sé. « Tout d’abord, nous nous rendons sur les marchés des villages environnants afin d’acquérir des arachides, que nous transportons ensuite vers des machines pour le décorticage, permettant ainsi d’obtenir les graines ».
Après cette étape, vient la préparation des graines qui seront traitées à haute température dans un torréfacteur. Cette phase, a-t-elle précisé, « nous permet de détacher la pellicule rouge des graines d’arachide par frottement, avant de les renvoyer au moulin pour les broyer et obtenir ainsi une pâte d’arachide. De l’eau chaude et du sel sont ensuite ajoutés à la pâte, et au bout d’un certain temps, l’huile commence à se former ».
Une fois que la pâte est parfaitement cuite, l’huile remonte à la surface, permettant un filtrage, tandis que le résidu solide est destiné à la fabrication de tourteaux.
« C’est à travers ce processus que nous parvenons à extraire, à partir des graines d’arachide, l’huile, la pâte lisse et les tourteaux », a ajouté la transformatrice du groupe Keki Bon sé de Dosso, tout en soulignant qu’en raison de la saison pluvieuse, le prix du sac d’arachides a considérablement augmenté, passant de 10 000 à 20 000 francs CFA le sac de 100 kg. C’est pourquoi, selon elle, un litre d’huile d’arachide se vend actuellement à 1 600 francs CFA, alors que les prix de la pâte et des tourteaux restent inchangés.
La transformation de l’arachide au Niger s’effectue fréquemment à l’aide d’outils archaïques, ce qui entrave son évolution au sein de nos sociétés. Mme Billo Rekiya déplore non seulement l’insuffisance des équipements de transformation, mais également le fait que « les outils que nous employons sont archaïques ».
Aujourd’hui, a-t-elle poursuivi, plusieurs localités du Niger ont entrepris de recourir à des machines pour l’extraction d’huile. Dans cette optique, nous sollicitons le soutien des autorités afin de pouvoir également progresser avec notre époque.
À quelques pas, une autre dame, répondant au nom de Habsatou Harouna, était assise devant quelques unités d’huile, notamment des bidons de 5 et 10 litres, des boîtes de pâte, petites et grandes. Elle nous a éclairés sur les tarifs de ces produits.
« Nous proposons de l’huile de 5 litres au prix de 8000 francs CFA, auxquels s’ajoutent 500 francs pour le bidon, tandis que celui de 10 litres se vend à 17 000 francs CFA, plus 1000 francs pour le bidon. En ce qui concerne la pâte, le prix varie en fonction de la taille : la plus petite boîte est à 1100 francs CFA, la moyenne à 3000 francs, les sceaux de 4000 et 7000 francs CFA », a-t-elle détaillé.
Les revenus ainsi obtenus permettent de faire face aux charges de productions et surtout subvenir aux besoins des ménages.
MAM/CA/KPM/ANP-009 Septembre 2025











