ANP 3 CNSP, Le 26 juillet 2026, le Conseil national pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) sous le leadership du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani boucle 3 trois de gestion du pouvoir d’État avec comme credo la ‘’REFONDATION’’.

ANP 3 CNSP, Le 26 juillet 2026, le Conseil national pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) sous le leadership du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani boucle 3 trois de gestion du pouvoir d’État avec comme credo la ‘’REFONDATION’’.

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Pour cette occasion, l’ANP propose un ‘’fil special’’-bilan sur les principaux axes du Programme de Refondation pour la Sauvegarde de la Partie avec des reportages, des interviews, des témoignages, des visites de terrain ou l’exploitation des rapports officiels.

 Alfari alias Didier, cultivateur dans le sang, agrobusiness-man dans l’âme

Par Mahamane Sabo Bachir


Niamey, 22 juil (ANP) – Abdoul Aziz Alfari, agent commercial dans une société de distribution alimentaire de la ville s’est lancé dans l’agro-business pour concrétiser un rêve d’enfance tout en perpétuant l’héritage familial. Une façon pour lui de contribuer à la souveraineté alimentaire prônée dans le programme de refondation du pays.

Issu d’une famille de cultivateurs, ce quadragénaire considère que le travail de la terre n’est pas seulement un passe-temps ou une source de subsistance mais il est un business comme tout autre.

Abdoul Aziz a choisi la vallée Gourou Kayna, à la périphérie Est de Niamey, à quelques kilomètres du Centre-ville pour installer son exploitation agricole.

Sur un terrain d’une superficie d’1 hectare et demi, s’offre à la vue manguiers géants, certains ayant plus de 40 ans d’existence, des variétés d’acacia, des eucalyptus…, refuge d’une multitude d’oiseaux et d’autres espèces animales.

Dans la grisaille des habitations et des chantiers environnants, cette ferme apparaît comme une oasis apaisante pour les yeux et l’esprit.

Il y pratique des cultures de maraîchage sous la pluie et irriguées.

« De la période novembre jusqu’en février, je cultive plusieurs variétés de légumes, dont : la tomate, la salade, la betterave, les haricots verts, le radis… Bref, tous les produits de la saison de fraîcheur. », explique Abdoul Aziz.

« Maintenant, nous sommes en période d’hivernage. Comme vous le voyez, je cultive du maïs, il y a aussi le moringa, il y a les haricots verts, il y a les courges sous la pluie, il y a un peu du tout…, comme   des radis chinois et un peu de la salade, comme elle se cultive durant toutes les saisons », détaille-t-il.

 « Didier », de son petit nom, Abdoul Aziz travaille la terre depuis plus de 30 ans, ce qui lui a permis la maîtrise des techniques d’exploitations de la terre. L’un des plus beaux héritages de ses parents, s’empresse-t-il de préciser.

Aujourd’hui, âgé de plus de 45 ans, l’amour de ‘’Didier’’ pour la terre ne fait que croître.

« J’ai embrassé ce métier dès mon bas âge. C’est nos grands-parents et nos parents qui nous y ont initiés.’’, se souvient-il.

Il relate avec un brin de nostalgie ses origines paysannes :  chaque descente de l’école ou les week-ends, on venait toujours dans les jardins. Donc, c’est de là que tout a commencé. On a appris à labourer, à cultiver, jusqu’à la maîtrise des grandes techniques’’.

Aujourd’hui, Abdoul Aziz compte sur le savoir-faire ‘’hérité du sang’’  pour faire prospérer son business.

Chaque année, il investit environ 1, 2 million de FCFA pour un rendement d’environ 2 millions’’, témoigne-t-il.

Il y a des moments où « je roule en perte », regrette-t-il.

Les principales charges sont : la main d’œuvre, l’achat des intrants, des produits d’entretien, des matériels agricoles, le carburant pour les moteurs de pompage d’eau, la maintenance des matériels et les imprévus.

« Si vous faites le calcul, mon gain mensuel tourne autour de 66.000 francs. Mais, ceci n’est pas le seul profit de cette activité, car il ne représente que la partie de la récolte que je mets sur le marché. Une bonne partie de la récolte est destinée à ma famille. Les produits vivriers ne sont pas destinés à la vente. C’est pour la consommation familiale. En plus de ce que j’amène à la maison, il y a ce que je donne à mes voisins du quartier et ceux habitants les maisons périphériques de mon exploitation agricole », se réjouit l’agriculteur.

« Il y a même des personnes qu’on ne connaît pas qui viennent nous demander de l’aide en produits agricoles, avant même la récolte », ajoute-t-il.

« Je sais que l’agriculture est le moteur, le plus grand moteur du départ d’un pays, du monde entier même. Finalement, tout ce que tu fais, il faut te nourrir par les agriculteurs. Donc, moi, je suis passionné parce que je suis né dedans. Donc, c’est un métier qui est noble ».

« Et parallèlement à mes activités paysannes, je suis agent de vente dans une société multinationale de vente de produits alimentaires », fait-il savoir.

Malgré sa passion et sa motivation, cet agriculteur fait face à des défis qui freinent son élan d’entrepreneur.

Depuis trois (3) ans, le périmètre d’exploitation d’Abdoul Aziz est drastiquement réduit par des eaux d’une rivière voisine qui débordent et qui s’étendent sur son terrain. Cette situation occasionne régulièrement la destruction de ses plantations et la réduction de son rendement.

 Selon ses explications, le lit de la rivière est repoussé par la pression démographique et l’urbanisation dans cette zone qui abrite de plus en plus de nouvelles maisons en construction.

 Cette urbanisation galopante du quartier obstrue les ravins qui conduisent les eaux des pluies dans cette rivière.

En plus de cela, des nouveaux caniveaux sont construits par la mairie de la commune, ayant comme point de chute cette même rivière, ce qui élargit le lit de la mare. Et aujourd’hui Abdoul Aziz et les fermiers de la zone paient un lourd tribut.

 « La démographie et la construction de la zone font que les passages habituels des eaux sont bloqués. Et la municipalité construit sur les voies des passages d’eau », dénonce-t-il.

Montrant du bout des doigts les eaux qui occupent son terrain, le fermier s’indigne : « Ça fait trois (3) ans que cette eau stagne là. Et avec l’eau de pluie, ça s’empire ».

« Maintenant, elle occupe presque la moitié de mon terrain, et elle en fait son lit », s’en plaint-t-il.

Avant l’arrivée de cette eau, se souvient l’exploitant de la terre, « je produisais plus. Mais maintenant avec cette eau, on ne peut plus produire beaucoup ».

Selon lui, la Mairie, en drainant l’eau des caniveaux dans la zone de son champ, contribue à son calvaire. Et, il se dit impuissant face à cette situation qui lui a été imposée sans « aucune mesure d’accompagnement » durant trois ans.

« C’est vrai, nous sommes dans un quartier périphérique, mais nous sommes aussi de la ville ici. On est à un kilomètre de la ville, de quelques kilomètres de la Mairie-même », relate-t-il.

Une seule fois, reconnaît-t-il, « le chef de quartier a amené, l’année précédente, une équipe de la Croix-Rouge pour constater les dégâts causés par les eaux sur nos terres », cependant, « jusque-là, nous, on n’a rien fait pour nous. Ils ont visité le site. Ils ont constaté les dommages causés par le site. Mais jusque-là, on n’a vu personne », dénonce l’agro-business man.

Perspectives…

SelonAbdoul Aziz, cette eau qui inonde son champ pourrait y rester durant longtemps. Mais au lieu de l’observer impuissant, il estime qu’il pourrait transformer la fatalité en opportunité.

« Je peux utiliser cette eau pour faire de l’aquaculture, c’est-à-dire élever des poissons », indique-t-il, ajoutant : « Pour ce faire, je dois construire des piscines qui seront alimentées avec ces eaux. Ceci permettrait d’éviter que les poissons s’échappent. Puisque si je décide d’élever les poissons directement dans l’eau, ils peuvent s’échapper en suivant le courant de l’eau ».

Pour parvenir à réaliser cette ambition, le maraîcher espère trouver un appui de la part des autorités en charge de l’agriculture ou des investissements pour développer son business et mieux, pour former d’autres personnes dans les techniques du maraîchage.

« Sur ce site, j’avais même voulu créer une école, un champ de formation pour enseigner à d’autres personnes les techniques modernes des cultures maraîchères », laisse entendre le fermier.  « Rien que sur internet, on voit beaucoup de choses que nous pouvons appliquer ici chez nous, mais il faut surtout des moyens financiers surtout ».

Il assure avoir entamé des démarches pour avoir des appuis. En vain jusqu’ici.

Désormais, il a le regard tourné vers le Programme Grande Irrigation promu par le Gouvernement du Niger faisant la promotion de la culture irriguée pour atteindre la souveraineté alimentaire dans le pays.

MSB/CA/ANP 0228 Juillet 2026

Contributeurs

Hamza Harouna Adamou
Webmaster


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