Niamey, 22 juillet (ANP) – Le président du Collectif des Fournisseurs d’Accès à Internet Communautaire (CFAIC), David Malick s’interroge sur certaines dispositions d’un arrêté du Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information réglementant leurs activités en plaidant pour « une réglementation claire, proportionnée, applicable et favorable à l’inclusion numérique. »
« Nos préoccupations portent notamment sur la constitution des dossiers, certaines définitions contenues dans le texte, la notion même de Wi-Fi Zone, les autorisations requises, ainsi que les restrictions imposées sur certains équipements et matériels que nous utilisons. Nous estimons qu’il est nécessaire d’avoir une définition technique, et non seulement littéraire, de ce que sont réellement les Wi-Fi Zones. », fait-il observer.
Le responsable associatif reconnaît que l’encadrement du secteur des Wi-Fi Zones constitue une avancée importante. Cela permettra à tous les acteurs de mener désormais leurs activités en toute légalité en tant que fournisseurs d’accès à Internet communautaire ».

Toutefois, il fait remarquer qu ‘ « avec cet arrêté du 30 juin, nous avons le sentiment que l’on nous pousse indirectement à arrêter notre activité ou à répercuter ces charges supplémentaires sur les citoyens que nous desservons.».
Pour le président du collectif, « Les Wi-Fi Zones ne sont pas seulement un moyen de gagner de l’argent. Beaucoup de ceux qui les ont installées dans les villages et les départements ne l’ont pas fait pour des raisons commerciales, mais pour permettre à leurs parents, à leurs grands-parents et à leurs proches de rester en contact avec leurs familles. »
David Malick fait part de la disponibilité de son collectif « à apporter notre contribution pour que le Niger progresse. » en préconisant que «il ne faudrait pas que des dispositions juridiques trop contraignantes finissent par étouffer notre activité. »
Le président du CFAIC assure :« Nous sommes en mesure de cartographier les stations, d’accompagner les autorités dans la mise en place d’outils et de mécanismes technologiques, et même de fournir des données permettant de mieux suivre l’activité des fournisseurs, notamment en matière de chiffre d’affaires. »
« Notre objectif est de vivre de notre travail tout en servant nos communautés afin que le plus grand nombre puisse accéder à Internet. Nous formulons également des propositions au ministère pour améliorer ce cadre réglementaire. », suggère-t-il.
Le collectif entretient déjà des échanges avec l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) et le ministère de la communication, rappelle M. Malick.
« Nous travaillons déjà avec l’ARCEP depuis le début de nos activités. Nous avons engagé plusieurs séances de travail et tenu également des réunions avec le secrétariat du ministère de la communication et des Nouvelles technologies de l’information », énonce-t-il.
« Nous menons un plaidoyer clair, transparent et diplomatique afin de travailler avec l’État pour trouver un équilibre satisfaisant. Les opérateurs investissent énormément dans ce pays et contribuent à son développement. De notre côté, nous ne refusons pas de contribuer. S’il existe aujourd’hui un déficit en matière de connectivité, c’est avec fierté et patriotisme que nous voulons participer à le combler. »
Par exemple, la rencontre tenue le 13 juillet avec les membres du collectif a porté sur une analyse du contenu de l’arrêté du 30 juin 2026 pour le décryptage de l’arrêté afin de mieux l’expliquer à nos membres et de relever les incompréhensions qu’il suscite après sa lecture.
« L’arrêté de septembre 2025 réglementant les cybercafés prévoyait des frais de dossier de 59 500 FCFA et une redevance annuelle de 5 000 FCFA et aujourd’hui, il est vrai que les cybercafés et les Wi-Fi Zones ne répondent pas à la même définition. Les cybercafés distribuent la connexion Internet dans un local, tandis que les Wi-Fi Zones couvrent un périmètre déterminé. », fait observer le président du collectif.
Le 30 juin dernier, l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP), à travers le ministère de la Communication, a pris un nouvel arrêté imposant des frais pour la fourniture des services de Wi-Fi Zone au Niger.
Pris en application de la législation en vigueur, notamment l’Ordonnance n° 2022-04 du 13 janvier 2022, ce texte fixe les conditions de fourniture des services de Wi-Fi Zone sur l’ensemble du territoire national ainsi que les modalités d’acquittement des frais y afférents.
« L’exploitation de l’activité de Wi-Fi Zone est classée dans la catégorie du régime d’entrée libre soumis à déclaration. Cette déclaration est effectuée auprès de l’Autorité de Régulation. », est-il énoncé.
Le texte précise également que « la fourniture du service de Wi-Fi Zone au public se fait à partir d’un point d’accès au service raccordé à un point d’accès Internet souscrit auprès d’un opérateur autorisé. Lorsque le fournisseur de services Wi-Fi Zone envisage d’offrir ses services au public à travers plusieurs points d’accès, il est tenu de veiller à ce que chaque point d’accès soit raccordé à un accès Internet individualisé souscrit auprès d’un opérateur autorisé ».
En outre, « le nombre maximal de points de vente de Wi-Fi Zone autorisés par fournisseur ne peut excéder cinq (5). »
L’arrêté interdit également l’implantation de pylônes ainsi que l’utilisation d’amplificateurs de signal en vue de la fourniture des services de Wi-Fi Zone.
Concernant les frais, les droits d’étude de dossier pour la fourniture des services de Wi-Fi Zone sont fixés à 50 000 FCFA hors taxes par dossier de déclaration, sur l’ensemble du territoire national.
Les redevances annuelles hors taxes, par point de Wi-Fi Zone, sont fixées comme suit Niamey : 200 000 FCFA ; Chefs-lieux de région : 150 000 FCFA ; Chefs-lieux de département : 100 000 FCFA ; Autres localités : 50 000 FCFA.
La connexion Wi-Fi Zone est vendue à 100 F pour 3 heures, 200 F pour 24 heures et 500 F pour une semaine.
Ces prestataires offrent un service de proximité avec des tarifs accessibles dans toutes les régions du Niger, favorisant la création d’emploi tout en contribuant à résorber la fracture numérique.
Le taux d’accès à l’internet au Niger est de 32,82%, l’un des plus faibles de la sous-région, indique-t-on.
MAY/CA/ANP 0230 Juillet 2026









