Zinder :  3 jeunes femmes déscolarisées et défavorisées de la commune de Droum se fraient un chemin en maintenance des smartphones grâce à une formation initiale du PVI

Zinder :  3 jeunes femmes déscolarisées et défavorisées de la commune de Droum se fraient un chemin en maintenance des smartphones grâce à une formation initiale du PVI

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Niamey, 14 Mai (ANP)- Au Centre de Formation aux Métiers (CFM) de la commune de Droum (Département de Mirriah, Région de Zinder), trois (3) jeunes femmes déscolarisées et en situation de vulnérabilité sociale et financière se lancent dans l’apprentissage de la maintenance des smartphones, une carrière qu’elles chérissent dans le but d’améliorer leurs conditions de vie une fois opérationnelles.

La disponibilité de cette offre de formation dans ce Centre a été rendue possible grâce au Projet de Village Intelligent pour la Croissance Rurale et l’Inclusion Numérique (PVI) qui a assuré la formation du formateur, ainsi que sa dotation en matériels adéquats, en collaboration avec le Ministère de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels.

En effet, le formateur en maintenance des téléphones de ce centre fait partie d’une première cohorte de quinze (15) jeunes techniciens sélectionnés par le MEFTP dans le but de renforcer leurs capacités techniques et matérielles, mais aussi pour qu’à leur tour ils forment d’autres jeunes de leurs localités.

Ensuite, chacune de ces 15 personnes a reçu un kit de maintenance de haute technologie de la part du PVI pour l’atteinte de ces objectifs.  C’est dans ce cadre que ces trois jeunes femmes suivent leur formation.

La pratique de la maintenance informatique et électronique par les femmes est une chose rare au Niger, à plus forte raison dans les localités rurales. Mais ces femmes de la commune de Droum ont fait le choix audacieux de le faire, même pas pour obtenir, à terme, un emploi, mieux pour briser certains mythes réduisant la femme nigérienne à seulement une catégorie bien définie de métiers.

Parmi elles, il y a Oumma Abdou Ibra, âgée de 26 ans, une femme au foyer qui voit en cette formation une belle opportunité de se tracer un chemin professionnel.

« Je suis une femme mariée sans travail. Je suis titulaire d’un brevet d’étude du premier cycle (BEPC) depuis 10 ans. J’ai été informée par mon époux de la disponibilité d’une offre de formation au CFM en réparation de téléphone, où même les femmes sont éligibles. Il m’a alors conseillée de déposer mon dossier de candidature pour passer le test de sélection. Je l’ai réussi et aujourd’hui je suis la formation », explique-t-elle, toute joyeuse.

« J’ai choisi ce métier d’abord pour être stable financièrement, indépendante et pour ne pas toujours demander à mon mari de s’occuper de tous mes besoins », fait-elle savoir, avant d’ajouter : « j’ai foi en cette formation, et je suis convaincue qu’elle permettra de de gagner ma vie et même d’aider les autres ». 

Cet optimisme se voit également chez Zeinab Rabe, une autre apprenante.

« J’ai 26 ans, je suis divorcée et titulaire d’un diplôme de BEPC. Étant au chômage, je me suis orientée vers cette formation pour me donner une opportunité d’avoir un travail plus tard, pour subvenir à mes besoins et épauler mes parents qui supportent actuellement tous mes besoins. Le centre est très bien accueillant », déclare la vingtenaire.

« C’était vraiment une joie pour moi de réussir le test d’entrée dans ce centre, car la réparation de téléphone est très rentable aujourd’hui ».

Zeinab ne perd pas de vue une réalité très ancrée dans la société nigérienne, celle de la dominance des hommes dans ce secteur. Mais face à cette situation qui aurait pu être un obstacle pour d’autres femmes, Zeinab ne ménage pas ses efforts pour atteindre son objectif.

 « Même si ce métier est traditionnellement plus pratiqué par les hommes, du moment où ça nous permettra de gagner notre vie, nous les femmes, nous nous y lançons aussi », explique-t-elle, tout en affichant une confiance en soi.

« Mon souhait est qu’après la formation, que nous soyons équipées de matériels qui vont nous permettre de mener à bien notre travail dans nos ateliers », laisse-t-elle entendre, expliquant qu’en réalité, « ceci nous permettra de nous prendre en charge, et même, aider les autres aussi ».

« C’est vraiment mon grand souhait auprès du PVI », insiste la jeune apprenante.

Aux côtés d’Oumma et de Zeinab, Chamsiya Ibrahim, 24 ans, suit également cette formation.

Tout comme Zeinab, Chamsiya est aussi une femme divorcée qui ne dépend que de la bienfaisance de ses parents. Elle suit cette formation pour améliorer son quotidien.

« Depuis mon divorce, je vis avec mes parents. Pour mes besoins, je fais recours à eux. Quand ils en ont, ils me donnent et s’ils en n’ont pas, je n’ai personne pour me les donner. Ça va comme ça, je dois me battre et trouver un travail. C’est pourquoi je suis rigoureusement cette formation dans l’espoir d’avoir un lendemain meilleur », déclare la jeune Chamsiya.

Ça lui fait 6 ans qu’elle a obtenu son BEPC, et dès lors, elle n’est plus retournée à l’école. La Déscolarisation ; le divorce et le chômage sont trois fardeaux qu’elle supportait au quotidien depuis un certain temps. C’est pourquoi, explique-t-elle, cette offre de formation est une aubaine pour elle, en ce sens qu’elle lui permettra d’exercer un emploi.

« En apprenant ce métier, tu peux gagner jusqu’à 1000 francs CFA (un peu moins de 2 dollars US) par jour ou plus. En obtenant plus de 1000 FCFA, je pourrais me prendre en charge et même aider les autres », pronostique la jeune femme tout optimiste.

« Mon plus grand souhait, c’est d’apprendre ce métier et l’apprendre aux autres. Je remercie ce projet qui a appris ce métier à notre formateur. Je le remercie à 100% », lance l’élève en maintenance

Implanté dans la commune de Droum, ce centre de formation aux métiers « accueille chaque année plusieurs dizaines de jeunes, filles et garçons, déscolarisés ou en situation de vulnérabilité, afin de leur offrir des formations qualifiantes dans divers métiers (couture, mécanique, Élevage, Fonderie, tricotage, Menuiserie Bois et Réparation Cellulaire.). Le cycle de la formation est deux ans sanctionnés par un diplôme de CQP (certificat de qualification professionnel) pour ceux qui sont admis à l’examen de fin d’année », explique son directeur M. Mahamane Hassan.

Selon lui, « en ce qui concerne la filière de réparation cellulaire, c’est une filière porteuse où beaucoup des jeunes souhaitent s’inscrire et apprendre l’activité de réparation cellulaire qui est d’ailleurs une activité d’actualité qui permet aux jeunes de gagner un revenu quotidiennement ».

« La commune de Droum fait partie des communes les plus peuplées de la région et le téléphone portable est accessible à tout le monde, ce qui fait que la demande de la maintenance est très étendue. Du coup les apprenants sortant de cette filière se retrouvent bien en termes de gain », renchérit M. Mahamane Hassan.

Cependant, indique-t-il, beaucoup des difficultés bloquent le bon fonctionnement de cette filière (maintenance des Android) au niveau du centre, notamment : le manque des formateurs qualifiés ; des kits d’accompagnement pour les sortants et la pauvreté des parents d’élèves qui n’arrivent pas souvent à accompagner la scolarité de leurs enfants.

Mais malgré ces difficultés, M. Mahamane souligne que son établissement ambitionne de « former qualitativement et quantitativement des jeunes filles et garçons dans ce métier qui est à la mode », de « démystifier le mythe de féminité sur le plan travail (réparation cellulaire) » et « combattre l’exode chez les garçons et le chômage des filles ».

Selon le Coordonnateur du PVI, M. Abdou Kané, la formation des formateurs en maintenance des smartphones est une activité qui fait partie de la composante 2, Connectivité Numérique du Projet.

« Nous sommes ravis de voir des jeunes femmes, notamment issues du milieu rural, s’intéresser à cette activité. Cette activité peut être une vraie source de revenus, leur permettant de s’autonomiser progressivement, d’être utiles à leur communauté et d’être respectées socialement.

Dans le cadre de son PTBA 2026, le PVI a prévu la formation de 30 nouveaux techniciens de maintenance électronique, dont 30 % de femmes.

MSB/AS/ANP 0151 Mai 2026.

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