Niamey, 15 juillet (ANP)- Au Niger, pays sahélien enclavé dont près de 80 % de la population vit en milieu rural, la dégradation des terres, l’accès limité aux terres arables et la rareté des ressources en eau constituent les principales causes de l’insécurité alimentaire.
C’est dans ce contexte que le Programme Alimentaire Mondial (PAM) intervient dans la région de Zinder.
Gagawa situé à 120 km au nord de Zinder et à 15Km à l’Est de Gangara, chef-lieu de la commune. C’est un vaste terroir qui regorge de plusieurs Terres.
Le site de Gagawa se trouve dans la commune rurale de Gangara dans la bande nord plus précisément. Cette zone connait un niveau de dégradation accentuée de ses ressources agro- sylvo-pastorales affectant les conditions de vie de la population et du cheptel. Cette situation accentue davantage la vulnérabilité de la population face aux effets de changement et de variabilité climatiques.
Le choix du site a été basé sur la vulnérabilité des communautés qui font face à des déficits céréaliers récurrents et à l’existence des potentialités irrigables pouvant servir de levier afin de développer des activités de renforcement de la résilience de ces communautés.

Le ciblage des ménages a été conduit à travers l’approche participative communautaire HEA (Household Economy Approche) à l’issue de laquelle 948 ménages très pauvres comprenant 6498 bénéficiaires ont été ciblés le long terme. Le traitement de la malnutrition et l’approche communautaire inclusive sur la nutrition sensible comme partie intégrante de l’approche multisectorielle du paquet intégré de la nutrition se focalisera sur la production locale, la promotion de l’éducation des filles, la santé, l’hygiène et l’assainissement.
C’est dans ce cadre que l’ONG KARKARA, partenaire du PAM conduit des activités en lien avec la résilience via le paquet intégré dans certaines communes de la région de Zinder pour assister les communautés les plus vulnérables.
Cette zone, qui est d’une région à forte vocation pastorale, les populations y sont confrontées à plusieurs difficultés, notamment la dégradation des terres de pâturage et les longues distances que les éleveurs doivent parcourir pour faire paître leurs animaux.
Afin de restaurer ces terres dégradées, la population a été mobilisée et équipée de pelles, de pioches et d’autres outils pour réaliser des demi-lunes multifonctionnelles. Chaque demi-lune creusée est rémunérée à hauteur de 2 000 FCFA. En moyenne, une personne peut en réaliser deux par jour. Les travaux sont suivis par des relais communautaires formés par l’ONG Karkara, partenaire de mise en œuvre, qui les a également dotés du matériel nécessaire pour mesurer et contrôler les dimensions des ouvrages.
Une fois les demi-lunes réalisées, elles permettent le semis de différentes espèces fourragères selon les besoins de la communauté, ainsi que la plantation d’arbres afin de favoriser la restauration durable des terres.
Selon les statistiques, 510,514 hectares de terres ont été restaurés sur deux sites entre 2024 et 2026 grâce à la réalisation de demi-lunes multifonctionnelles.
Après les travaux d’aménagement, un ensemencement est effectué sur l’ensemble des superficies restaurées. La plantation d’arbres, en revanche, ne concerne qu’un tiers de la superficie. Cette partie est mise en défens afin d’empêcher les animaux d’y accéder et de protéger les jeunes plants. Les deux tiers restants sont uniquement ensemencés avec des espèces herbacées, ce qui permet aux animaux d’y pâturer. Après la saison des pluies, ces terres restaurées deviennent ainsi des espaces de pâturage pour le bétail.
À la suite des travaux de restauration, un espace a également été aménagé pour la mise en place d’une pépinière. Plus de 70 000 plants y sont produits. Ils sont destinés à être transplantés dans les demi-lunes aménagées. Une partie de ces plants est également achetée par d’autres ONG ainsi que par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), ces revenus sont épargnés pour d’autres activités.
Les Foyers d’Apprentissage, de Réhabilitation et de Nutrition (FARN) jouent également un rôle important dans le développement de la communauté. Les femmes qui y participent transforment et produisent plusieurs aliments à forte valeur nutritionnelle, contribuant ainsi à l’amélioration de l’alimentation de leurs ménages. Elles soutiennent également des enfants vulnérables en les orientant vers des familles d’accueil afin de favoriser leur scolarisation. Ces familles d’accueil bénéficient elles aussi d’un appui dans le cadre du projet.
Le chef de village de Gagawa M. Abdoulaye Lochie a indiqué que « Le travail que nous effectuons nous permet d’être rémunérés à la fin de chaque journée dont 2000F par jour. Hommes et femmes y participent sans distinction. Nous creusons des demi-lunes, assistés par les relais qui indiquent les endroits à creuser puis nous procédons aux travaux, et nous enlevons tout afin que l’eau puisse y être retenue. Ainsi, lorsque les animaux viennent pâturer, ils peuvent boire l’eau qui s’y est accumulée et se nourrir de l’herbe. Les habitants vivant à proximité profitent également de cette eau. »
« Ce travail bénéficie à toute la communauté. Les revenus que nous en tirons nous permettent d’acheter des vivres et de subvenir aux besoins de nos familles. Certains ont pu acquérir du bétail, d’autres construire une maison ou encore acheter un terrain. » a fait savoir le chef de village, ajoutant que « Nous avons reçu un soutien considérable. Les femmes ont pu créer leurs groupements et développer aujourd’hui des activités de transformation des produits alimentaires, ce qui leur procure des revenus supplémentaires. »
Grâce à cette activité, les conflits entre agriculteurs et éleveurs ont considérablement diminué. Les animaux traversent beaucoup moins les champs, car ils disposent désormais de suffisamment d’eau et de pâturages.
« Nous pratiquons également la culture de contre-saison. En parallèle, nous avons mis en place un système d’épargne dans une banque locale. Chacun y contribue et, lorsque le besoin se présente, nous pouvons utiliser ces fonds pour soutenir les membres de la communauté. Aujourd’hui, cette épargne atteint plus de deux millions de francs CFA et plusieurs tonnes de nourriture stockées. »
« Apres la saison nous revendons ces tonnes stockées à celui qui en veut mais à un prix modéré comme c’est pour nous »
Pour la présidente du groupement Hadin kai de gagawa, Mme Rakia Louché « Aujourd’hui, nous faisons le commerce des différents produits que nous cultivons dans nos champs. En plus de cela, nous participons aux achats locaux réalisés par le PAM. »
« Nous collaborons avec le PAM depuis 2016. Depuis le début de ce partenariat, nous avons bénéficié de son accompagnement, qui nous a été d’une grande utilité. Grâce à ce soutien, nos activités se sont considérablement développées. Aujourd’hui, nous contribuons aux dépenses de nos ménages et apportons un appui financier à nos maris » a-t-elle déclaré.
« Lorsque nos maris sont absents, nous sommes désormais capables de prendre en charge les besoins de la famille. Avant, nous rencontrions beaucoup de difficultés. Mais depuis que nous travaillons avec le PAM, notre situation s’est nettement améliorée. Nous participons aux frais de scolarité de nos enfants et nous pouvons également couvrir leurs dépenses de santé lorsqu’ils tombent malades. » a-t-elle souligné, avant de fait savoir que « Notre groupement compte aujourd’hui 96 femmes. Autrefois, le manque de moyens empêchait de nombreux enfants d’aller à l’école. Aujourd’hui, grâce aux revenus générés par nos activités et au soutien du PAM, nous avons décidé d’aider nos enfants à poursuivre leur scolarité. Chaque femme a reçu un fonds de commerce qui lui permet de développer une activité génératrice de revenus et de subvenir aux besoins de ses enfants. »
« Sur le plan de la santé, les choses ont également changé. Avant, lorsqu’un enfant tombait malade et que le mari était absent, il fallait attendre son retour avant de pouvoir payer les soins. Aujourd’hui, grâce à nos petits commerces, nous pouvons régler les frais médicaux sans attendre. »
« Nous avons également achevé un projet de transformation des céréales, appelé « 3C », qui consiste à transformer le mil et le maïs en couscous. Cette initiative a été financée par le ministère de l’Agriculture à hauteur de 350 000 FCFA. »
« Nous remercions sincèrement le PAM pour tout le soutien qu’il nous apporte. Au nom de toutes les femmes de notre groupement, nous lui exprimons notre profonde gratitude, ainsi qu’à tous les partenaires qui nous accompagnent dans nos activités. »
MAY/AS/ANP 0161 juillet 2026









