Diffa : le ministre Alio Daouda constate la surpopulation carcérale et appelle à une justice plus efficace

Diffa : le ministre Alio Daouda constate la surpopulation carcérale et appelle à une justice plus efficace

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Diffa, 2 juil (ANP) – Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a poursuivi ce mercredi 1er juillet, sa mission de travail dans la région de Diffa par une visite à la Maison d’arrêt de Diffa, suivie d’une rencontre avec les acteurs judiciaires au Tribunal de Grande Instance de Diffa.

Après les étapes de Mainé-Soroa et de N’Guigmi, cette mission a permis au ministre et à la forte délégation qui l’accompagne, de s’imprégner davantage des réalités du système judiciaire et pénitentiaire dans cette région, confrontée depuis plusieurs années à un contexte sécuritaire particulier.

À la Maison d’arrêt de Diffa, le ministre a reçu une présentation détaillée du fonctionnement de l’établissement de la part du régisseur, le Capitaine Halidou Sina, avant d’effectuer une visite complète des différents quartiers et services de la prison.

Créée en 1974, la prison civile de Diffa dispose de trois quartiers, notamment ceux des hommes, des femmes et des mineurs. Elle comprend également une infirmerie, un jardin, un atelier de réinsertion socioprofessionnelle ainsi que plusieurs installations destinées à l’encadrement des détenus.

Cependant, l’établissement fait aujourd’hui face à une situation de surpopulation carcérale particulièrement préoccupante. Conçue pour accueillir 168 détenus, la maison d’arrêt de Diffa comptait, à la date du passage du ministre, 768 pensionnaires, soit un taux d’occupation de plus de 457%.

Parmi eux figurent 383 détenus de sécurité, représentant près de la moitié de l’effectif carcéral.

Selon les responsables de la prison, cette situation est notamment liée au contexte sécuritaire dans la région, marqué par les activités des groupes terroristes, mais également à la croissance démographique et à l’afflux de populations réfugiées dans la région de Diffa.

Le régisseur a indiqué que «les détenus sont souvent entassés dans les chambres, certaines accueillant entre 70 et 75 personnes alors qu’elles ont été conçues pour une capacité de 25 détenus», avant de déplorer qu’une partie «importante des pensionnaires est ainsi contrainte de passer la nuit dans la cour, avec les risques sanitaires et sécuritaires que cette situation comporte».

La question de la séparation entre les détenus de droit commun et les détenus de sécurité a également été soulevée.

Selon les responsables de la prison, la cohabitation de ces deux catégories de détenus constitue un risque important, notamment en matière de radicalisation et de sécurité.

Prenant la parole après la présentation du régisseur, le Ministre Alio Daouda a reconnu le caractère préoccupant de la situation de la Maison d’arrêt de Diffa, particulièrement au regard du contexte sécuritaire de la région.

« La menace vient de toutes parts et nous devons prendre toutes les dispositions nécessaires pour sécuriser davantage nos établissements pénitentiaires », a-t-il déclaré.

Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures pénitentiaires, de séparer les détenus de sécurité de ceux de droit commun et de mettre en place des mécanismes adaptés pour la construction d’établissements pénitentiaires répondant aux normes de sécurité.

Il a également salué les efforts consentis par les autorités administratives, les Forces de défense et de sécurité, les collectivités ainsi que les bonnes volontés qui apportent régulièrement leur soutien à la Maison d’arrêt de Diffa.

M. Alio Daouda a, par ailleurs, rappelé les mesures prises par les autorités nationales à travers les décrets de remise gracieuse de peines, exécutés au cours des mois de mai et juin 2026, en vue de contribuer au désengorgement des établissements pénitentiaires.

Le ministre a exhorté les magistrats et les autres acteurs de la chaîne judiciaire à recourir davantage aux mécanismes prévus par la loi, notamment les alternatives à l’emprisonnement pour les infractions de moindre gravité et les condamnations de courte durée, afin de réduire la pression sur les maisons d’arrêt.

À l’issue de cette visite, le ministre s’est rendu au Tribunal de Grande Instance de Diffa, où il a visité les différents services de l’institution avant de tenir une importante rencontre avec les magistrats, greffiers et autres agents judiciaires.

Comme lors de ses précédentes étapes à Mainé-Soroa et à N’Guigmi, les échanges ont porté sur le fonctionnement de la justice, le traitement diligent des dossiers, l’amélioration des conditions de travail des acteurs judiciaires ainsi que la nécessité de rapprocher davantage la justice des citoyens.

Le Ministre de la Justice a insisté sur la nécessité d’une justice accessible, crédible et efficace, fondée sur la célérité dans le traitement des affaires, la régularité des audiences, le respect des horaires de travail et une meilleure collaboration entre les différents services judiciaires.

Il a également rappelé l’importance du contrôle hiérarchique, de la production régulière des comptes rendus administratifs et de l’amélioration des relations entre les juridictions et les justiciables.

M. Alio Daouda a enfin invité les responsables judiciaires à veiller à une meilleure mobilisation des recettes judiciaires, notamment celles issues des frais de justice, des amendes ainsi que des biens saisis ou confisqués, conformément aux textes en vigueur.

Notons que cette mission du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme dans la région de Diffa s’inscrit dans une dynamique de rapprochement de l’administration judiciaire avec les réalités du terrain, en vue d’identifier les difficultés, d’apporter des réponses adaptées et de renforcer la confiance des populations dans la justice nigérienne.

AOM/SML/ANP/ Juillet 2026

Contributeurs

Hamza Harouna Adamou
Webmaster


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