Niamey, 15 sept (ANP) – L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste au Niger (ARCEP) veut encadrer l’exploitation des points d’accès wifi appelés « Wifi Zone », dopés grâce au service internet par satellite de Starlink, mais cette mesure suscite de vagues auprès des exploitants et des usagers.
Le « Wifi Zone », note-t-on, permet aux consommateurs à faibles revenus et parfois mal desservis par les réseaux des opérateurs de téléphonie d’accéder au haut débit fixe à des tarifs beaucoup plus abordables, ce qui contribue pleinement à l’inclusion numérique au Niger, un pays vaste.
Mais cette fourniture de service internet est illégale, fait remarquer le régulateur, notant d’atteintes à l’ordre public tout en précisant la procédure de régularisation.
Ainsi, pour la revente dans le domaine privé, la réglementation exige une simple déclaration auprès de l’ARCEP, impliquant le paiement des frais d’étude de dossier de 59 500 FCFA TTC, ainsi qu’une redevance annuelle de 5 000 FCFA.
S’agissant de l’utilisation des fréquences dans le domaine public pour fournir l’accès à internet, la loi impose l’obtention d’une licence. La fixation de la contrepartie financière relève des prérogatives du Gouvernement qui avait, par le passé, fixé le montant de cette catégorie de licence à 5 millions de FCFA, précise-t-on.
Pour des nombreux jeunes entrepreneurs qui pensent trouver le graal avec l’opérateur américain, la sortie de l’ARCEP a fait l’effet de douche froide. Mahamane Khamilli Baballé, exploitant de « wifi zone » au quartier Bassora de Niamey explique que cette décision de l’ARCEP l’a surpris. « Ce qui nous inquiète, on n’a pas des informations complémentaires qui peuvent nous édifier sur ces informations parce que jusque-là, on ne s’y retrouve pas », se désole-t-il.

Khamilli de faire savoir qu’il a commencé avec un fournisseur nigérien, avec une connexion médiocre, « mais avec la Starlink, je peux avoir jusqu’à 250 mégabits par seconde et si je fais la distribution, le consommateur final va se retrouver avec plus de 20 mégabits par seconde ; ce qui est inédit au Niger », a-t-il relevé tout en soulignant qu’il ne trouve pas au Niger un opérateur qui peut fournir plus de 5 mégabits par seconde.
Parlant de son revenu, M. Mahamane khamilli d’annoncer que ses recettes mensuelles évoluent en dents de scie. « Par mois, je peux avoir en moyenne la somme de 100.000 F CFA », témoigne-t-il.
Mahamane khamilli affirme que « les matériels qu’on utilise au Niger coûtent excessivement chers au Niger. Dans la sous-région, on voit des articles qui ne coûtent pas 30 000 F CFA, mais ici au Niger, il te faut au minimum 70 000 F CFA pour les avoir ; ce qui fait que la cherté des matériels du Wifi Zone constitue un revers pour nous ».
Comme toute activité, Mahamane Khamilli est confronté à des difficultés liées notamment à l’accès à l’énergie électrique. Ainsi, il demande aux autorités de voir, avec cet organe compétent qui est l’ARCEP qui veut réglementer, parce que tantôt, l’État n’intervient pas simplement pour arrêter ou mettre un frein au développement d’un pays et une activité prend de l’ampleur, c’est que cette activité répond aux besoins spécifiques de la communauté, et l’internet, c’est un besoin de notre société, de notre communauté ».
Quant à M. Adamou Moussa, également exploitant du même quartier, il relève qu’ils sont à l’écoute de l’ARCEP, « l’essentiel c’est de voir comment alléger le montant à payer, de voir vraiment le juste milieu ».
Après avoir lancé un appel à l’endroit de l’ARCEP pour mettre place un mécanisme qui va édifier les exploitants sur les réglementations, M. Adamou Moussa de faire savoir qu’ils ont déjà mis en place un comité afin de voir la démarche à suivre pour mettre ces exploitants dans les normes.
Selon khaled Mahamadou , un consommateur de Wifi Zone, « c’est une initiative louable qui répond au besoin de la population surtout pour les jeunes, les étudiants et les travailleurs ; ça facilite l’accès à l’information, à la recherche et aux services numériques ».
Pour lui, « comparée aux autres réseaux, je constate que la connexion du wifi zone est relativement plus stable et plus rapide. Elle permet de travailler en ligne avec plus de confort même si parfois des coupures peuvent survenir aux heures de forte affluence », note-t-il.
« Pour le moment, il existe certaines limitations en termes de durée de connexion continue et de volume de données par utilisateur, cela peut parfois frustrer mais en même temps c’est une façon de permettre à un plus grand nombre de personnes d’en bénéficier équitablement », poursuit-il.
M. Oumar Mahamadou, un autre consommateur pense que l’Etat doit avoir une solution favorable aux préoccupations des exploitants des Wifi Zone en raison de leur contribution positive à la société.
Tout en appréciant la qualité et la rapidité de la connexion, M. Oumar Mahamadou signale que les tarifs sont abordables et varient selon la bourse de l’utilisateur. « Par exemple, avec le ticket de 100 F CFA, on a une durée de connexion de 2 à 3h de temps valable 24h sans limitation de mégas. Il y a l’abonnement mensuel aussi », a-t-il témoigné.
Le Gouvernement du Niger, rappelle-t-on, a accordé en novembre 2024 une licence d’exploitation de service internet par satellite à Starlink pour réduire la facture numérique dans un pays vaste en butte au déficit d’infrastructure. En effet, le taux de couverture internet était de 32% au Niger en 2023, selon l’ARCEP.
NAK/CA/KPM/ANP-085 Septembre 2025









