Niamey, 30 Août (ANP)- Le Kawar regorge d’énormes potentialités minières, entendez-là les mines de sel, de natron, des dattes qui constituent une grosse production annuelle dans cette zone du Niger.
Ces produits sont essentiels pour l’économie locale et contribuent à la subsistance des communautés du Kawar.
Cependant, l’enclavement de la zone et le mauvais état des routes constituent des défis majeurs pour les producteurs et les commerçants de la région.
Pour M. Abari Lawan Marouma, acteur de la société civile et président du conseil d’administration de l’ONG PLADIA qui accompagne le processus de l’intercommunalité des 4 communes du Kawar, ‘’ c’est des milliers de tonnes de sel et de natron qui sont exploitées par les communautés’.
Parmi ces produits, il cite ‘’le natron au niveau d’un village qui s’appelle achounouma dans la localité de Dirkou. Notez qu’il y’a deux types de natron qui sont exploités, dont le natron noir qui est appelé borno qui entre dans la fabrication des produits cosmétiques éclaircissants destinés à être exportés au Nigeria, et au Ghana.
Il y’a aussi ‘’ le natron rouge qui est connu par les Nigeriens parce qu’il entre dans l’alimentation, et dans d’autres traitements médicaux‘’.
Bilma et fachi sont connues pour ‘’ l’exploitation du sel blanc qu’on appelle sel de cuisine, et le sel noir qui est utilisé par les éleveurs, et ce sont des milliers de tonnes que les populations produisent chaque année ‘’ a-t-il fait savoir.
‘’Ces produits sont des produits Nigeriens qui rentrent dans la consommation des aliments humains , et de bétails aussi‘’ a-t-il poursuivi.
Pour cela, »nous attendons que l’Etat fasse des actions pour booster l’économie en termes d’irrigation et d’accompagnement des paysans dans la production céréalière ‘’ a laissé entendre Abari Lawan Marouma qui demande à l’État et ses partenaires »d’accompagner ces filières, parce que ce sont des filières porteuses ‘’.
‘’ Beaucoup de produits cosmétiques, de lessive comme les Omos sont faites à base du natron noir, on peut développer une petite industrie locale qui peut permettre de faire leur production au lieu de les importer’’ a-t-il suggéré, souhaitant que »ce secteur soit promu, il n’y a pas beaucoup de publicité et d’action de promotion de ces produits, parce que ce qui nous manque, c’est d’abord la production de façon artisanale ‘’.

Pour Abari Lawan, cette semaine du Kawar permet aux nigériens de savoir que »ces produits sont du kawar ».
Ramadan Moussa, ressortissant du kawar, venu faire connaître les différentes sortes de natron à la population Nigérienne à l’occasion de la semaine du kawar, a expliqué que ‘’le natron rouge est originaire de achinouma dans la commune de Dirkou, il est utilisé en cuisine, en thérapie-digestive et en cosmétique, et aussi contre les maux de ventre ‘’, quant au natron brun, il est originaire de Bilma, et utilisé en teinture’’.
‘’ Nous sommes ici dans le cadre de l’exposition de nos produits locaux tels que le Balma qui est un sel pour la cuisine , de bonne qualité et surtout iodé, ça ne provoque pas de goitre, très délicieux pour la sauce » a déclaré Moussa Boukar Chégou, un des participants à ce rendez-vous de la semaine du Kawar, précisant que le »sel avec la couleur brune est destiné pour le bétail, ça leur donne de l’appétit, de la force, il est recommandé pendant la saison pluvieuse ‘’.
Les prix de ces différentes variétés de sel sont de 12.000f CFA à 100f ici à l’exposition, des prix qui sont différents de ceux auxquels ils sont vendus à la source.
Quant aux dattes, il en existe environ 50 variétés cultivées dans le Kawar, chacune avec ses caractéristiques uniques. Les dattes du Kawar sont appréciées pour leur qualité et leur goût, et sont souvent vendues localement ou exportées vers d’autres régions.

Elhaji Lawan Taher de fair savoir que ‘’ le kawar est connu aussi pour ces dattes de haute qualité produites à partir de 20.000 à 30.000 pieds de dattiers‘’ ajoutant que ‘’ ce sont des dattes de plusieurs générations, qu’on a héritées de nos parents et nos grands parents, depuis 50, 60 ans ‘’.
Il a également exprimé le besoin d’accompagnement des partenaires et de l’Etat, car »il pleut moins dans les localités du kawar, 20mm par an est insuffisant pour la production de bonne datte, on a un besoin urgent en eau’’.
»Il nous faudra des projets d’envergure nationale pour améliorer davantage les dattes, car c’est avec les dattes qu’on fabrique les confitures, certains biscuits et bien d’autres ‘’ a poursuivi Elhaji Lawan Taher.

M. Ari, natif du kawar, cite quelques variétés de dattes dont la ‘’ Karab qui est une variété de datte produite dans toutes les communes du Kawar, la Soubour, une variété appréciée pour sa saveur sucrée, la Youlfodom, connue pour sa qualité et son goût délicieux, Korossom, connue pour sa qualité et son goût, produite notamment à Fachi, l’aguissune, variété cultivée dans les oasis du Kawar, et la Dilo appréciée pour sa texture et son goût ‘’.
Enfin, Elhaji Lawan Taher a appelé l’Etat du Niger à ‘’ aider les producteurs de datte en qualité et en quantité, les aider à avoir des véhicules pour congeler les récoltes jusque dans des villes pour les vendre, et à construire beaucoup plus de forages d’eau’’.
HER/AS/ANP 0187 août 2025








