Niamey, 19 Déc (ANP)- La jeune réalisatrice MAHAMAT HASSANIÉ, lauréate du prix du meilleur documentaire au clap ivoire phase international 2025, avec son film « LES TAKALAKOYOS, LES GARDIENNES DU FLEUVE » figure désormais parmi les étoiles montantes du cinéma nigérien.
Détentrice d’une double nationalité nigérienne et tchadienne, Mlle. Hassanié Mahamat Ibrahim, 25 ans et diplômée du journalisme de l’Ecole Supérieure des Sciences de la Communication et des Médias (ESSCOM), ex IFTIC, en 2022, excelle depuis plus de cinq (5) ans dans le domaine cinématographique notamment en tant que critique de cinéma, réalisatrice et aussi actrice.
L’artiste qui a participé à plusieurs ateliers de formation en réalisation et critique cinématographique au Niger et au Sénégal est célibataire, sans enfant.
L’artiste revient sur son œuvre primée en 2025 : « Mon film Takalakoyos, les Gardiennes du Fleuve est un documentaire court métrage qui met en lumière les femmes du Zarmaganda appelées Takalakoyos venues à Niamey pour porter le Takala et vendre le sable qu’elles extraient au bord du fleuve Niger.’’
Expliquant que la caméra suit ces femmes dans leur quotidien : sur leur site d’hébergement, au fleuve, dans les marchés et les ruelles où elles travaillent.
« Il s’agit des femmes, souvent invisibles, qui jouent pourtant un rôle essentiel dans la société et dans la préservation de l’environnement, le film célèbre leur force, leur bravoure, leur dignité et leur résilience », raconte-t-elle.
Le tournage s’est déroulé entièrement à Niamey, dans des lieux authentiques.
La réalisatrice témoigne que l’équipe de la production était réduite mais très engagée. Il a fallu gagner la confiance des femmes, souvent méfiantes au départ. Le film est une autoproduction, sans financement externe. « J’ai porté ce projet avec détermination, soutenue par mes producteurs et les artistes qui m’ont prêté leurs voix et leur musique ».
Tout en annonçant qu’elle a été accompagnée par trois producteurs notamment deux (2) nigériens sur le terrain et (1) une productrice burkinabé lors de la postproduction, la lauréate clap ivoire 2025 ajoute aussi que « Le directeur de la photographie a également assuré le montage et la musique a été composée par le Groupe Sogha et l’artiste Boubé Ardagalo durant le tournage ».
Le film qui n’a reçu aucun financement institutionnel a été produit par HF Communication et BEPC, selon la promotrice qui affirme avoir bénéficié du soutien moral de sa famille et du mentorat précieux de ses producteurs.
‘’La présence de ces derniers sur le terrain a été déterminante pour mener le projet à terme. Le montage s’est déroulé dans les locaux de l’Institut National des Arts et de la Culture (INAC) Taya.’’, rapporte-t-elle.
Des problèmes rencontrés …….
« En tant que femme, je n’ai pas rencontré de difficultés particulières sur le terrain, et ma famille m’a toujours soutenue. Les obstacles étaient surtout liés au manque de financement, aux conditions de travail précaires, à la logistique complexe et aux aléas climatiques comme les pluies. Malgré tout, Alhamdulillahi, ce film a pu voir le jour », relate la jeune réalisatrice.
L’appétit venant en mangeant, Hassanie enchaîne : « Je souhaiterai réaliser d’autres documentaires sur les femmes et le patrimoine, et de créer un espace de formation pour les jeunes filles au Niger et au Tchad »,
Son ambition, dit-elle, est ‘’de raconter des histoires vraies, de valoriser nos communautés et de toucher un public local et international, je veux contribuer à l’essor du cinéma africain et à la transmission de notre mémoire collective ».
Cette égérie des figures montantes du 7e art au Niger invite la jeunesse du Niger et d’Afrique à croire en leur inspiration, à essayer le cinéma et surtout à regarder des films qui éduquent et éveillent l’esprit.
Elle fait remarquer que le cinéma ne se résume pas à un simple loisir, mais comme un espace de culture, de savoir et de transmission.
« L’État du Niger doit investir dans le cinéma pour créer de la richesse, valoriser l’image du pays et lutter contre le chômage des jeunes », plaide-t-elle.
Le documentaire ‘’LES TAKALAKOYOS, LES GARDIENNES DU FLEUVE’’ a été sélectionné parmi la quinzaine en compétition au festival. Il a remporté plusieurs prix, dont le Prix du Meilleur court métrage documentaire de l’UEMOA au Clap Ivoire 2025.
Le prix est composé d’une enveloppe d’un million cinq-cent mille (1.500.000) FCFA, note-t-on.
Le Niger faisait partie des pays pionniers du cinéma dans la sous-région avec des noms comme Oumarou Ganda, Moustapha Alassane ou Djingarey Maiga, mais ces dernières années le secteur bat de l’aile confronté au sous financement, à la concurrence, entre autres.

RBN/CA/ANP 0127 Décembre 2025









