Niamey, 24 déc (ANP)- »Globalement, et malgré cette situation défavorable, le taux d’endettement est passé de 52,5% du PIB en 2023 à 44,5% du PIB en 2024, et s’établit à 43,2% du PIB en 2025, pour une norme communautaire UEMOA de 70%’’, a annoncé, ce mercredi 24 décembre 2025, le Secrétaire Général du ministère de l’Economie et des Finances, M. Sama Mamane, devant la plénière du conseil consultatif de la Refondation (CCR).
Dans son intervention, le Secrétaire Général du ministère des finances a indiqué que, »globalement, et malgré cette situation défavorable, le taux d’endettement est passé de 52,5% du PIB en 2023 à 44,5% du PIB en 2024. Il s’établit à 43,2% du PIB en 2025, pour une norme communautaire de de l’UEMOA de 70%’’.
‘’Cette trajectoire est obtenue grâce aux mesures prises afin de concilier la couverture du besoin de financement avec sa politique d’endettement prudent. Ainsi, depuis l’avènement du CNSP, notre politique d’endettement met davantage l’accent sur l’affirmation de notre souveraineté à orienter nos financements vers des projets et programmes structurants dont la mise en oeuvre permet d’apporter une réponse adéquate aux besoins et aux aspirations de nos populations », a-t-il souligné.
Ainsi, selon toujours cette source, la dette extérieure est composée de tous les prêts contractés auprès des partenaires multilatéraux (Banque Mondiale, BAD, BID, BOAD, BADEA, FIDA, Fonds de l’OPEP, etc) et bilatéraux (Fonds Saoudien, Fonds Koweitien, autres fonds arabes, etc). Au 30 septembre 2025, l’encours global de la dette extérieure s’établissait à 3138,6 milliards de FCFA contre 3171,6 milliards de FCA en juin 2023 et 2730,9 milliards de FCFA au 31 décembre 2021. Il était de 1550,4 milliards de FCFA en décembre 2015 et 478,4 milliards de FCFA en décembre 2010.
Quant à la dette intérieure, elle comprend notamment la dette sur les titres publics (Bons et Obligations du trésor), les Partenariats Publics-Privés, de l’Etat et des avances de trésorerie. Son encours est passé de 1991,5 miIliards de FCFA en juin 2023 à 2741,4 milliards de FCFA à fin septembre 2025. Il était de 1474,7 milliards de FCFA au 31 décembre 2021, de 411,8 milliards de FCFA en décembre 2015 et 105,8 milliards de FCFA en 2010. La part des titres publics dans cet encours, qui est essentiellement détenu par le secteur bancaire local et sous-régional avec des taux d’intérêt dépassant souvent de 10%, ressort à 57,5% en juin 2023, 42% en septembre 2025, 20,3% en décembre 2015 et 6,1% en décembre 2010.
‘’Le recours fréquent à des avances de trésorerie et de crédit relais auprès des banques locales, certains avec des taux d’intérêts élevés a contribué à alourdir la situation de la dette intérieure », a expliqué M. Sama Mamane.
Selon toujours le Secrétariat Général, »le montant des arriérés au lendemain de la levée des sanctions économiques et financières injustement imposées à notre pays est ressorti à 701,8 milliards de FCFA constitué de dette intérieure pour un montant de 565,9 milliards de FCFA et de dette extérieure pour un montant de 135,9 milliards de FCFA. C’est à la prise en charge de ces arriérés, en plus du service courant, que le Gouvernement s’est attelé, dans le contexte de difficulté de trésorerie. C’est ainsi que les paiements effectués dans ce cadre sont évalués à 926,6 milliards en 2024 et 935 milliards à fin septembre 2025 ».
»Par rapport aux nouvelles conventions, de juillet 2023 à novembre 2025, douze (12) nouveaux accords de financement ont été signés avec des partenaires techniques et financiers. Ces nouveaux accords concernent des domaines clés de la vie économique dont notamment l’hydraulique, l’énergie, l’environnement, la sécurité alimentaire, la voirie, etc et toutes ces nouvelles conventions sont assorties de taux des conditions financières très favorables, avec des taux de confessionnalité ou éléments don très élevés (variant entre 30,2% à 73,6%) », a-t-il poursuivi.
M. Sama Mamane d’ajouter que, »quant aux appuis du FMI, leur maturité est de 20 ans dont un différé de 10 ans, un taux d’intérêt nul et une commission de 0%. Il convient de souligner que l’intervention du FMI a surtout un effet catalyseur, dans le sens où tous les partenaires au développement s’appuient sur l’appréciation de cette institution sur le cadre macroéconomique et les réformes d’un pays avant de conclure des accords de prêts et dans le cadre de la stratégie de restructuration de la dette de marché, le Gouvernement a élaboré une stratégie lui permettant de normaliser ses interventions sur le marché régional des titres publics ».
‘’Cette stratégie consistant notamment à assurer une meilleure communication avec les investisseurs locaux et sous-régionaux; organiser des opérations de reprofilage qui a permis de rallonger la maturité des titres; optimiser les interventions aux besoins de financement et cette stratégie concerne tout le capital impayé au 31 août 2025 et les échéances à venir d’ici fin décembre 2025 pour un stock de 421 milliards de FCFA et La première phase de cette stratégie a consisté au paiement des intérêts pour un montant de 52,6 milliards de FCFA, sur les deux segments du marché (syndication et adjudication), a-t-il détaillé, relevant que »malgré un contexte exceptionnellement contraint, le niveau global de la dette, le ratio d’endettement a baissé significativement. Depuis août 2023, l’impératif qui a guidé les actions dans la gestion de la dette publique, c’est une gestion rigoureuse du stock existant, la priorisation des paiements, la préservation de la crédibilité de la signature de l’Etat et l’amélioration progressive de la qualité de l’endettement ».

Le Secrétariat Général, M. Sama Mamane de conclure en soulignant que »la question de la dette doit être perçue comme un instrument stratégique au service du développement national et notre responsabilité collective est de veiller à ce qu’elle demeure soutenable, transparente et orientée vers des investissements productifs qui améliorent durablement les conditions de vie de nos citoyen’’, rassurant que ‘’le gouvernement s’engage à renforcer la discipline budgétaire, à diversifier les sources de financement et à promouvoir une gestion rigoureuse qui inspire confiance aux générations futures ».
HA-DMW/AS/ANP 0173 décembre 2025









