Niger : Lancement d’une campagne sur l’enregistrement universel des naissances

Niger : Lancement d’une campagne sur l’enregistrement universel des naissances

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Niamey, 25 Novembre (ANP) – Le Gouvernement du Niger, à travers le Ministère en charge de l’Intérieur, et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance ont lancé officiellement, ce mardi 25 Novembre 2025 à Niamey, une campagne nationale d’engagement des communes sur l’enregistrement universel des naissances.

La cérémonie officielle de lancement s’est déroulée au Centre international de conférences Mahatma Gandhi de Niamey, sous l’autorité du Ministre d’Etat, Ministre  de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration territoriale du Niger, le Général de Division Mohamed Toumba, en présence de de la Représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahoundé et du Gouverneur de la Région de Niamey, le Général de Division Assoumane Harouna.

Il s’agit pour le Gouvernement du Niger et ce partenaire onusien de rehausser le taux d’enregistrement des naissances dans les 266 communes du pays, ce qui est un droit fondamental garantissant l’identité juridique à chaque enfant et son accès à des services sociaux de base, selon les deux partenaires.

Officiellement, au Niger, ce droit est consacré par le système d’état civil, à travers ses différents centres implantés sur toute l’étendue du territoire et au niveau des missions diplomatiques et consulaires à l’étranger. « Notre pays a entrepris, cette dernière décennie, une vaste réforme de l’état civil pour l’adapter au contexte mondial actuel », a déclaré le Ministre en charge de l’Intérieur du Niger, lors de la cérémonie officielle de lancement.

« Notre pays a opéré trois grandes réformes de son système d’état civil, de l’indépendance à nos jours, pour prendre en compte toutes les préoccupations du moment, notamment les questions de bonne gouvernance, de sécurité, de la libre circulation des personnes et du développement », a-t-il ensuite précisé.

Selon lui, « l’état civil est un véritable outil de souveraineté nationale, en ce sens qu’il confère à chaque citoyen une identité légale et au pays des données démographiques fiables », rappelant que « cette question cadre parfaitement avec l’axe 4 de la vision de Son Excellence, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’Etat ».

« En somme, le cadre juridique et institutionnel de l’état civil au Niger a permis de l’aligner aux standards internationaux en dépit de quelques insuffisances », a-t-il affirmé, avant d’assurer que « d’ores et déjà, mon département ministériel a engagé le processus de révision de ces textes pour mieux répondre aux attentes des citoyens ».

68,61 %  des naissances enregistrés en 2024

 Dans le même ordre d’idées et dans le cadre d’un Plan stratégique d’amélioration de l’enregistrement des faits de l’état civil (2023-2027), une campagne nationale d’enregistrement des naissances des enfants de moins d’un an été menée en 2024 par le Ministère de l’intérieur avec l’appui de l’UNICEF.

« Cette campagne a permis d’enregistrer 855 569 naissances, portant ainsi le taux national d’enregistrement des naissances à 68,61 % en 2024 », s’est réjoui le Ministre d’Etat Mohamed Toumba.

« Ces résultats probants montrent que des progrès significatifs ont été accomplis », a-t-il commenté,  tout en reconnaissant que « malgré ces résultats encourageants, beaucoup reste à faire en matière d’enregistrement systématique des faits d’état civil au Niger ».

« Face à cette situation, j’engage les acteurs concernés, notamment les administrateurs délégués à s’investir pleinement dans l’enregistrement des faits d’état civil dans leurs sphères de compétence », a-t-il ordonné.

« Pour réussir votre mission d’officier d’état civil, mesdames et messieurs les administrateurs délégués, il est de votre devoir de mener une campagne soutenue de mobilisation en faveur de la déclaration des faits d’état civil dans le délai avec le concours entre autres des communautés ; des services techniques, de la chefferie traditionnelle et des leaders d’opinion », a-t-il lancé.

Selon cette autorité nigérienne après ce lancement, des fora seront organisés dans toutes les régions du pays sur la même thématique. L’objectif de ces rencontres, a-t-il précisé, est de renforcer l’engagement des autorités locales, de permettre de partager les bonnes pratiques et d’identifier les obstacles qui entravent l’enregistrement systématique des faits d’état civil.

« C’est également l’occasion  d’inviter les 266 communes du Niger à prendre les mesures nécessaires en relevant de manière significative le taux d’enregistrement systématique des naissances pour être primées « champions » des droits des enfants », a souligné celui qui est en charge des collectivités territoriale dans le Gouvernement nigérien.

« La présente campagne, axée sur l’engagement des communes, est stratégique. L’engagement des communes est la clef de voûte de la réussite. L’Etat, à travers le Code général des collectivités territoriales, a transféré certaines compétences aux communes dont celle de l’état civil », a affirmé pour sa part la représentante de l’UNICEF au Niger.

« Ainsi, la loi n°2019-29 du 1er juillet 2019, portant régime de l’état civil au Niger a défini les responsabilités que doivent jouer les officiers de l’état civil. Les administrateurs délégués, en tant qu’officiers d’état civil, ont entre leurs mains la responsabilité d’attester juridiquement de l’existence de chaque enfant », a rappelé la fonctionnaire onusienne.

« Vous êtes les garants du droit à l’identité. Par votre action, vous donnez un nom, une date, une reconnaissance à chaque fille et chaque garçon. Vous leur ouvrez les portes de la citoyenneté et de la protection », a-t-elle insisté auprès des responsables communaux.

« Cette nouvelle campagne est innovante car, elle est organisée avec la présence des officiers de l’état civil, en l’occurrence les administrateurs délégués de la Ville de Niamey, ses 5 arrondissements communaux et ceux des 45 communes de la région de Tillabéri », a ajouté Mme Djanabou Mahoundé, avant d’expliquer que « ce choix exprime la volonté de partager avec les autorités communales, la responsabilité qui est la leur dans le domaine de l’état civil ».

 « La refondation du Niger [Programme de Gouvernement du Président Abdourahamane Tiani, ndlr] en cours ne peut être complète sans une généralisation de l’identité légale », a soutenu la première responsable de l’UNICEF au Niger.

« Avec l’informatisation du système de l’état civil, qui est mis à l’échelle dans plus de 150 communes, il est urgent, pour chaque enfant, de mobiliser toutes les forces afin de garantir l’enregistrement de chaque naissance et les autres faits de l’état civil », a-t-elle fait valoir. « C’est pourquoi, l’UNICEF plaide pour l’adoption du Plan stratégique opérationnel 2025-2027. II permettra aux communes de disposer d’outils concrets pour élaborer des micros plans locaux d’enregistrement et de sensibilisation. Car les communes sont les mieux placées pour mobiliser les leaders communautaires, les agents de santé, les enseignants, et les familles », a indiqué Mme Djanabou Mahoundé.

« Je fonde l’espoir que les 266 communes du Niger vont s’engager et que lors du bilan en décembre 2026, nous puissions les honorer », a-t-elle enfin souhaité.

MSB/KPM/ANP-187 Novembre 2025

Contributeurs

Abdourahamane Salifou
Administrateur


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