Niamey, 20 jan (ANP)-Le Bureau Exécutif National de la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (BEN/CDTN) a rendu publique une déclaration, ce mardi 20 janvier 2026 sur la situation socioéconomique et financière du Niger, dans laquelle le BEN a demandé au gouvernement de réviser les taux d’imposition appliqués aux salaires des fonctionnaires.
Cette déclaration a été lue par le Secrétaire général du Bureau Exécutif National de (Ben/CDTN), M. Idrissa Djibrilla. Elle intervient après l’adoption par le gouvernement de la loi de Finances 2026, l’annonce du recrutement des enseignants à la fonction publique. Cette déclaration a également porté sur la situation de paiement des salaires, pécules et pensions et enfin sur la situation sécuritaire du pays.
S’agissant de la Loi de Finances 2026, la CDTN constate que ‘’le barème de l’Impôt sur les Traitements et Salaires (ITS) n’a pas fait objet de modification ’’, elle demande, cependant, au gouvernement ‘’la révision des différents taux appliqués pour tenir compte du contexte difficile que traversent les travailleurs nigériens’’.
En plus, la CDTN relève que ’’ la taxe sur les dépôts et transferts d’argent instituée dans la Loi de Finances 2026 a des conséquences pour les travailleurs qui utilisent le Mobile Money, les travailleurs envoyant de l’argent à leurs familles, les travailleurs migrants internes et a un impact plus fort sur les petits salaires très dépendants des transferts électroniques’’, notant qu’elle a ’’ pour effet de renchérir sur les dépenses courantes (loyer, soins et autres prestations). Elle constitue une pénalité pour les travailleurs non bancarisés’’.
La CDTN salue ’’ le maintien de l’exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les produits essentiels, à savoir les céréales, les produits agricoles locaux, les produits pharmaceutiques, l’eau et l’électricité sous certains seuils, le transport aérien et services sociaux’’.
‘’Cette mesure constitue à n’en point douter une limitation de la hausse du coût de la vie et la protection indirecte du pouvoir d’achat des travailleurs à bas revenus’’ a-t-elle relevé, ajoutant que l’exonération des droits d’enregistrement pour contrat de travail, actes liés au litige du travail, jugements des tribunaux du travail ‘’constitue une mesure facilitant la formalisation de l’emploi et l’accès des travailleurs à la justice sociale’’.
Il faut dire que ’’la Loi de Finances 2026 est socialement prudente sur les faibles revenus, fiscalement plus lourde pour les travailleurs moyens et est marquée par une stratégie de mobilisation accrue des recettes, parfois au détriment du pouvoir d’achat’’ déplore la CDTN.
Évoquant l’annonce du recrutement des enseignants à la fonction publique, la CDTN salue ’’ l’engagement du gouvernement qui consiste à recruter 11015 enseignants contractuels au cours de l’année 2026’’, exigeant cependant de la part du gouvernement de ‘’créer toutes les conditions afin de garantir la transparence dans ce processus de recrutement sans concours’’.
A cet effet, la CDTN soutient qu’il est urgent que le Gouvernement examine ‘’le cas des contractuels frappés par la limite d’âge, c’est-à-dire ceux qui ont dépassé les 47 ans et de penser aussi au recrutement dans les autres secteurs, particulièrement dans le secteur de la santé où il y a des contractuels se trouvant dans les mêmes conditions que ceux de l’éducation’’.
Par rapport au paiement des salaires, pécules et pensions, la CDTN constate que ’’ le retard observé dans le paiement des salaires, des pécules des contractuels et des pensions devient de plus en plus inquiétant et même insupportable’’, invitant, à cet effet, ’’ le gouvernement à prendre les mesures conséquentes pour assurer un paiement régulier et à temps afin de garantir la quiétude sociale’’.
La CDTN estime qu’il ’’est temps pour l’ensemble des Nigériens de se mobiliser pour donner plus de force à l’Etat afin qu’il assume ses rôles régaliens’’, tout en l’invitant ‘’à créer les conditions d’un véritable dialogue national sur la mobilisation des ressources financières et à limiter dans le temps les mesures prises dans le cadre du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP)’’.
Quant à la situation sécuritaire, la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN) déplore ‘’les attaques ignobles et barbares dont les populations nigériennes continuent à subir de la part des groupes armés terroristes sans foi ni loi’’, tout en présentant ‘’ses condoléances à l’ensemble du peuple nigérien en général, aux familles éplorées et aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) en particulier’’.
La CDTN demande enfin au gouvernement de ‘’renforcer davantage le dispositif sécuritaire dans les zones affectées par l’insécurité’’, apportant son soutien à l’armée dans son combat quotidien pour la paix et la sécurité des populations et de leurs biens.
AAM-DMW/AS/ANP 091 janvier 2026








