Niamey, 1er avril (ANP)- Issoufou M., 61 ans continue de recevoir des nombreux clients au quartier Wadata de Niamey à son ‘’atelier’’ encombré de chaussures où se mêlent des odeurs des produits chimiques et de cuir mouillé.
Au quotidien, il coud des chaussures, effectue des ressemelages, rafistole des vieux sacs et passe des couches de cire sur les chaussures et autres objets en cuir.
Sous les doigts habiles de ce sexagénaire, des vieilles chaussures retrouvent une nouvelle vie.
Encore débordant d’énergie, Issoufou administre la preuve que l’âge n’est ni un handicap ni un facteur de précarité : “ je tiens toujours, j’ai toujours une bonne vue et semble bien être en forme pour mon âge ”, témoigne-t-il.
Pour cet artisan, la cordonnerie est une affaire de famille : “Je suis fier d’être cireur car c’est un travail que j’ai hérité de mon père et mon père l’a hérité de son grand père, ce n’est pas un travail facile mais ça me fait gagner ma vie”.
Son parcours scolaire s’étant arrêté en classe de 6e, il s’était lancé dans ce travail qu’il avait appris à faire : “j’avais commencé dès l’âge de 17 ans au village, le travail de cordonnier, ce n’était pas du tout facile au village, il rapportait peu, raison pour laquelle j’ai décidé de quitter le village avec le soutien de mon père dès mon bas âge, 22 ans, pour venir m’installer ici en ville’’.
“Au tout début lorsque j’avais commencé le métier de cireur en ville ça n’avait pas été du tout facile, à peine si j’arrive à trouver de travail dans la journée, mais j’ai pu garder l’espoir car c’est un métier qui me tient à cœur et cet espoir m’a permis de bien mener ce métier jusqu’aujourd’hui “, se souvient-il.
A ce jour, père de famille de 5 enfants, Issoufou affirme ‘’gagner sa vie’’ en assurant la prise en charge de sa famille y compris la scolarité de ses enfants.
“ Je me suis marié dans ce travail et je prends ma famille en charge grâce à cela, et c’est dans ce travail que je paye la scolarité de mes enfants, je paye mon loyer et autres charges ‘’, confie-t-il.
Le plus réconfortant pour le professionnel du cuir est l’amour de ses enfants pour ce métier familial.
‘’Certains ont leurs diplômes, mais ils ont l’amour pour ce métier et ils l’apprennent, ils pratiquent sans complexe’’, se réjouit-il.
“Ils viennent tous les week-ends m’aider pour bien mener mon métier, bien qu’ils aient l’intention de faire ça comme deuxième métier dans l’avenir”.
L’ambition de cet artisan est de disposer d’un atelier de cordonnerie où se formeraient ses enfants afin d’assurer la relève.
SDA/CA/ANP 003 Avril 2026








