La fête du guéréwal, une des attractions de la cure salée

La fête du guéréwal, une des attractions de la cure salée

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In’Gall, le 06 Octobre (ANP) – La fête de la Cure Salée donne aussi l’occasion aux peulhs bororos d’organiser le guéréwal ou la grande fête de la beauté du corps. La beauté du corps et de ses proportions, aussi bien chez l’homme que la femme,  s’épanouit pendant cette fête des peulhs, où les jeunes, garçons et filles, rivalisent par la richesse des habillements et du maquillage.

Les hommes, dans cet entracte de leur vie ascétique, se donnent libre cours à une créativité extravagante, dans un goût débridé pour les couleurs. Un fond de teint rouge sur le visage, des traits blancs de toutes formes aux contours de la bouche dont ils conservent eux seuls le secret.

S’il y a un autre bien vers lequel tend tout bororo, c’est la beauté du corps et de ses proportions, non celle que confèrent un boubou majestueux ou un taguelmoust de prix. Mille ornements différents avec des bijoux, des perles, de plumes d’autruche, des chaînes, des tresses et des bandeaux décorés de cauris.

Le corps apprêté de tous les signes de fêtes, les jeunes se réunissent pour un chœur étrange où la même note est chantée interminablement, de façon lancinante. Les jeunes filles, demeurées en spectatrices, entrent en scène et choisissent le plus beau, l’étalon, celui correspondant à leur idéal.

Cette fête est l’occasion des mariages bororos. Le critère de beauté est très important lors de cet événement culturel.

Plus qu’un spectacle, c’est la réunion d’une race  contrainte à vivre disséminée, qui apporte ici une interrogation, inquiète, organise une longue confrontation, non pas tellement entre plusieurs centaines de jeunes gens, qu’entre eux tous  et le type  physique  et moral  dont ses ancêtres lui ont transmis l’idéal passionné dit le cinéaste Henri Brandt à qui l’on doit l’un des rares ouvrages de vulgarisation qui ait été consacré aux bororos : « les Nomades du soleil ».

Il y a lieu de se poser des questions et interrogations pour savoir d’où viennent au fait les bororos. Sont-ils sémites, Chamites, d’origine éthiopienne ou égyptienne ? L’érudit peulh malien Amadou Hampaté Bâ, visitant les relevées  des peintures rupestres du Tassili, donna l’explication d’une scène restée jusqu’alors incompréhensible, qu’il  compara à la  cérémonie du Lotori pratiquée par les peulhs pasteurs de Diafarabé (Mali) avant l’islamisation.

Les moindres détails concordaient. Les pasteurs de l’époque dite bovidienne, représentés sur les parois rocheuses, seraient les ancêtres des peulhs. Un autre témoignage va dans ce sens : Angelico, petit frère de Foucauld qui partagea la condition des bororos, visita un jour, invité par des frères de Tamanrasset, ces fresques du Tassili dont il ignorait complètement l’existence. Stupéfait, il s’exclama : « mais se sont mes bororos ».

Les peulhs bororos ou waddabés se rencontrent principalement au Niger, au Nigéria, au Tchad, au Cameroun, en Centrafrique, au Kenya. Cette communauté  est assez importante et mène une vie partagée entre la nomadisation et la transhumance et aujourd’hui, le mariage  avec le présent et l’avenir.

Rebelles à la sédentarisation et au métissage avec d’autres ethnies, ils ont conservé un type physique très pur, celui qui détermine leurs critères de beauté : corps mince et droit, le front haut, des grands yeux, des cheveux lisses et des dents d’une blancheur éclatante. Les femmes doivent avoir des belles et parfaites silhouettes. Les waddabés sont les seuls nomades à avoir conservé et pratiqué  l’endogamie.

Loin d’être nomades par tradition, ils le sont par définition. Comme l’étaient  leurs ancêtres il y a de cela 4000 ans avant Jésus Christ. Ils ont gardé très pur le type par les vertus  du culte qu’ils rendent à la beauté.

Pas de tentes encore moins de zériba comme chez les toubous. Les bororos, avec leurs troupeaux de zébus, sillonnent toujours l’Afrique des steppes et des savanes  à la recherche des pâturages. Signe de prestige mais aussi de subsistance, le troupeau leur procure un  plein sens à la vie.

AH/KPM/ANP-048 Octobre 2025

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