Tahoua, 30 Mai (ANP) – La Ville de Tamaské, dans le Département de Keita, Région de Tahoua, a vibré, du 28 au 29 mai 2026, au rythme d’importantes manifestations culturelles très riches et variées, reflétant les valeurs traditionnelles du Canton de même nom.
Ces animations culturelles, organisées chaque année dans le cadre de la célébration des fêtes annuelles par le Chef de Canton de Tamaské Honorable Abdoulkadre Cheffou Touba à la devanture de son Palais Royal, ont pour objectif de revaloriser le patrimoine culturel du terroir et de renforcer la cohésion sociale.

À cette occasion, plusieurs communications de sensibilisation sont passées portant sur les vertus de la paix, la cohésion sociale, l’unité nationale ou encore le vivre ensemble. C’est ainsi que les habitants de la ville de Tamaské se sont mobilisés tous devant la cour du Chef de Canton pour revivre les traditions des temps immémoriaux, qui rappellent à la fois la gloire et la douleur du passé.
La population a notamment suivi, avec le Chef de Canton de Tamaské et les notables de la cour, la parade des différents groupes culturels et artistiques. Ce sont les coiffeurs traditionnels (wanzam) qui étaient les premiers à exhiber leur savoir-faire ancestral, en essayant sans y parvenir à se faire couper avec leurs outils malgré qu’ils soient très tranchants. Les coiffeurs traditionnels sont, en effet, très craints dans la société à cause de leur pouvoir mystique, tout leur secret se trouvant dans leur gibecière, qu’il ne faut pas toucher.
Ce fut ensuite le tour des « gardawa », qui possèdent des tresses comme des femmes, de faire de leur démonstration d’invincibilité. Ainsi, le public a vu là où un « bagardé » a fait dormir un bouc, qui le considérait comme étant son étranger. Ensuite, le public a vécu une scène où un autre s’est couché à même sol, des femmes pilant le mil dans le mortier avec des pilons sur son ventre.

Une autre particularité chez les gardawa est qu’ils sont des grands danseurs avec un des bouffons qui prennent de l’air, qu’ils font tourner comme un tourbillon et ce sont eux qui jouent également avec le feu.
Le bori, une vieille tradition ancestrale, animé par des femmes et des hommes habillés en tenue traditionnelle, a émerveillé le public avec ses danses traditionnelles sous le son de leurs instruments traditionnels dénommés gogué et calebasses. Le bori est une très ancienne culture qui a tendance à disparaître à cause de la forte islamisation de la société. Néanmoins, il reste une pratique très vivace, qui fait trembler ses adeptes.
Les yan taouri ou les invincibles ont également exposé leurs talents en se taillant aussi sans y parvenir avec des couteaux, des sabres, des coupe-coupe et autres matériels considérés comme armes blanches.


Enfin, pour accompagner la chefferie dans cette célébration de la fête de Tabaski, la jeunesse de Tamaské a organisé une coupe de football ayant opposé les différents clubs des quartiers de la Ville.
TSA/KPM/ANP Mai 2026









