Diffa : plus de 10 000 tonnes de poisson frais d’une valeur de plus de 20 milliards de F CFA par an,

Diffa : plus de 10 000 tonnes de poisson frais d’une valeur de plus de 20 milliards de F CFA par an,

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Diffa, 15 avril (ANP) –La région de Diffa ( Est, dans le bassin du lac Tchad)  s’impose comme l’un des principaux pôles halieutiques du Niger avec une production annuelle estimée entre 10 000 et 14 000 tonnes de poisson frais d’une valeur de plus de 20 milliards de FCFA par an, selon les statistiques officielles.

Malgré des défis persistants liés a l’ insécurité et l’enclavement,   la résilience des acteurs reste remarquable avec  En 2024, une  production de poisson fumé a atteint plus de 20 572 tonnes, soit plus de 70 % de la production nationale, selon les données du projet PADL Diffa.

Une performance qui confirme le rôle central de la région dans l’économie halieutique du Niger.

Des milliers de pêcheurs, mareyeurs et transformatrices vivent directement de cette activité, exploitant des espèces prisées telles que le Clarias, le Tilapia (Oreochromis niloticus) ou encore le Capitaine (Lates niloticus).

Longtemps fragilisée par l’insécurité et les contraintes structurelles, la filière pêche amorce aujourd’hui une dynamique de transformation à travers un ambitieux plan de développement à l’horizon 2030 pour un montant  9,27 milliards de FCFA avec l’appui du PNUD.

Il s’agira du renforcement de la production et de la résilience  en sécurisant les zones de pêche, en équipant les acteurs (pirogues motorisées, filets, gilets de sauvetage) et en  facilitant leur accès au financement. Des formations seront également dispensées pour promouvoir une pêche durable et sécurisée.

Le 2e axe s’articule autour de la modernisation des infrastructures et amélioration de la qualité avec

la construction de sites modernes de transformation, l’introduction de fours améliorés et de séchoirs solaires, ainsi que l’installation de chambres froides pour réduire les pertes post-capture.

Le programme prévoit  la structuration des circuits commerciaux et gouvernance axée sur la 

la réhabilitation des routes stratégiques, la création des centres de collecte, la  structuration des  coopératives et la mise en place d’ un cadre de concertation entre les acteurs de la filière.

Le dernier axe porte sur l’approvisionnent  des grands marchés nationaux (Niamey, Maradi, Zinder, Tahoua), à travers la mise en place d’une chaîne du froid, de plateformes logistiques et de centres de distribution.

Dans cette dynamique, l’État nigérien joue un rôle central à travers plusieurs initiatives, notamment le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP).

Ce mécanisme a permis de financer des actions concrètes telles que : l’appui en équipements aux pêcheurs, le renforcement de la sécurité dans certaines zones, et l’amélioration progressive des infrastructures locales.

Ces investissements viennent compléter les efforts des partenaires techniques et financiers, ainsi que l’engagement des collectivités territoriales et des organisations professionnelles.

À l’horizon 2030, le programme ambitionne des livrables suivants : 50 zones de pêche sécurisées, 20 sites de transformation modernisés, 100 km de routes réhabilitées et 30 coopératives fonctionnelles.

Au-delà des chiffres, c’est toute une dynamique économique qui est visée, avec la création d’emplois, l’amélioration des revenus des ménages et un meilleur accès des populations à une alimentation riche en protéines.

La mise en œuvre du plan repose sur un dispositif de gouvernance structuré, articulé autour d’un Comité de Pilotage Régional (CPR) présidé par le Gouverneur, et d’un Comité Technique Régional (CTR).

Cette approche participative implique l’ensemble des acteurs : administrations, professionnels de la pêche, partenaires au développement, institutions financières, collectivités et chefferies traditionnelles.

Au-delà des défis, la filière pêche apparaît aujourd’hui comme un secteur stratégique pour la relance économique de Diffa.

Avec une demande nationale croissante en poisson et un potentiel naturel important, la région dispose d’atouts solides pour s’imposer comme un pôle halieutique majeur au Niger.

Le pari est  de faire de la pêche non seulement une activité de subsistance, mais un véritable moteur de développement durable, capable de transformer durablement les conditions de vie des populations.

Diffa dispose d’un potentiel halieutique exceptionnel grâce à la présence du lac Tchad, de la rivière Komadougou Yobé et de nombreuses mares permanentes et semi-permanentes. Avant la crise sécuritaire liée à Boko Haram, la production annuelle de poisson frais oscillait entre 10 000 et 14 000 tonnes.

Malgré ce potentiel, la filière pêche à Diffa reste confrontée à de nombreuses difficultés.

Sur le plan sécuritaire, l’accès aux zones de pêche demeure risqué en raison des menaces liées aux groupes armés, des engins explosifs improvisés et de l’insécurité sur les axes routiers. Ces facteurs limitent la mobilité des acteurs et perturbent fortement les circuits de commercialisation.

S’y ajoutent des contraintes structurelles majeures : équipements vétustes, manque de techniques modernes de transformation, pertes post-capture élevées et forte dépendance vis-à-vis des opérateurs étrangers, notamment nigérians.

Les infrastructures logistiques sont également insuffisantes. L’état dégradé des routes, l’absence de chaîne de froid et les coûts élevés de transport réduisent considérablement la compétitivité du poisson de Diffa sur les marchés nationaux.

Enfin, les faiblesses organisationnelles et l’accès limité au financement constituent un frein pas le moindre à la modernisation du secteur.

Le développement de la filière poisson est en cohérence avec le programme de la résilience pour la sauvegarde de la partie qui prône la souveraineté alimentaire et économique.

AOM/CA/ANP/0123/AVril 2026                                                                  

Contributeurs

Hamza Harouna Adamou
Webmaster


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