Diffa, 25 novembre 2025 (ANP) – La région de Diffa a officiellement lancé, ce mardi 25 novembre 2025, la campagne des 16 Jours d’actions patriotiques contre les violences faites aux femmes et aux filles, couplée à la journée porte ouverte des organisations féminines bénéficiaires des projets financés par le Japon et le CERF.
La cérémonie s’est tenue au Centre de dialogue, de cohésion sociale et d’autonomisation économique des femmes et des filles de Diffa, sous le haut patronage du Gouverneur de la région, Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma.
L’événement a enregistré la présence de plusieurs responsables administratifs, judiciaires, coutumiers et sécuritaires, ainsi que des partenaires techniques et financiers, des représentants du Système des Nations Unies, des ONG, des projets de développement, et de nombreux groupements féminins.
Pour l’édition 2025, le Niger a retenu le thème « Tous Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles pour garantir leur souveraineté ».
Après les mots de bienvenue de l’Administrateur délégué de la commune urbaine de Diffa, la représentante des partenaires techniques et financiers, Mme Falmata Yacouba Mossi a salué l’engagement des autorités régionales dans la promotion des droits des femmes et des filles.
La cérémonie a été ponctuée de prestations culturelles valorisant le rôle de la femme et des jeunes filles dans la cohésion sociale.
Dans son discours, le Gouverneur Bagadoma a rappelé que la région de Diffa, au même titre que l’ensemble de la communauté internationale, se joint chaque année à cette mobilisation mondiale qui s’étend du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme.
« Cette campagne représente une opportunité pour unir nos efforts, sensibiliser et susciter un engagement fort en faveur du changement », a souligné le Gouverneur de Diffa.
Le Général Bagadoma a attiré l’attention sur la montée préoccupante des violences numériques, devenues de nouvelles formes d’agression : harcèlement en ligne, intimidation, diffusion non consentie d’images, extorsion, usurpation d’identité ou incitation à la haine.
« La technologie, bien qu’étant un puissant levier de développement, peut devenir un couteau à double tranchant lorsque les femmes et les filles en deviennent les victimes », a-t-il relevé.
Il a également rappelé l’engagement des plus hautes autorités du pays, au premier rang desquelles le Président de la République, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, et le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, à lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre.

Les statistiques locales, présentées lors de la cérémonie, montrent une situation préoccupante. Entre janvier et septembre 2025, la région a enregistré 48 % de cas de déni de ressources, d’opportunités et de services (DROS) : exclusion scolaire, refus d’accès aux soins, limitations économiques et sociales ; 21 % de violences physiques ; 19 % de violences psychologiques ; 8 % de violences sexuelles (viols et agressions sexuelles), une baisse apparente attribuée à un faible niveau de rapportage ; 4 % de mariages précoces, dont la gravité continue d’interpeller les acteurs de protection.
Pour le Gouverneur Bagadoma, ces tendances traduisent une problématique structurelle et systémique affectant particulièrement l’autonomisation des femmes et des filles dans la région. Il a insisté sur la nécessité d’utiliser ces deux semaines pour intensifier la sensibilisation sur toutes les formes de violences : violences conjugales, mutilations génitales féminines, mariages d’enfants, agressions physiques, violences psychologiques, déni de droits, entre autres.
« Je lance un vibrant appel à tous les acteurs de cette campagne à ne ménager aucun effort pour sensibiliser, protéger et accompagner les victimes, mais aussi dénoncer les auteurs », a-t-il déclaré.
Le 25 novembre marque également l’anniversaire de la Déclaration de Beijing, un cadre international majeur pour l’éradication des violences faites aux femmes.
Au Niger, selon l’enquête nationale sur les VBG de 2021, 38,2 % des femmes ont subi au moins une forme de violence au cours de leur vie. Les opportunités permettant aux femmes de sortir des cycles de violence demeurent limitées.
À l’échelle mondiale, 58 % des jeunes femmes et filles déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement en ligne, souvent entre 14 et 16 ans.
La progression de l’accès au numérique au Niger, particulièrement chez les jeunes, présente des opportunités mais expose aussi les femmes à de nouveaux risques, parfois invisibles ou minimisés.
« Ces violences ne sont pas virtuelles, elles sont réelles, elles blessent, elles détruisent et brisent des vies », a rappelé un intervenant, soulignant l’urgence d’une réponse concertée.
Enfin, le Gouverneur Mahamadou Ibrahim Bagadoma a réaffirmé sa confiance en la détermination des acteurs locaux et nationaux pour faire de cette campagne une réussite.
Cette journée, note-t-on, a également permis aux organisations féminines bénéficiaires des projets Japon et CERF de présenter leurs initiatives et contributions dans la lutte contre les violences et dans la promotion de l’autonomisation économique et sociale des femmes et des filles.

AOM/KPM/ANP-188 Novembre 2025








