Niamey, 25 Juillet (ANP)- Au Niger, les recettes minières engrangées par l’Etat en 2024 ont été évaluées à 6 .109. 038. 923 FCFA, malgré l’arrêt de l’exportation de l’uranium depuis 2023, a annoncé le ministère des mines à l’ANP dans un document bilan à l’occasion de l’an 2 de l’accession au pouvoir du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).
Ce montant ainsi mobilisé découle de l’engagement du pays dans une nouvelle voie de l’affirmation de sa souveraineté dans l’exploitation de ses ressources minières.
De ce fait, plusieurs actions ont été entreprises au niveau du ministère des mines, depuis l’arrivée du CNSP le 26 juillet 2023. Il s’agit notamment de l’état des lieux des titres miniers, « la situation de tous les titres Miniers en vigueur a été faite à travers un comité technique, ce qui a permis d’assainir la situation et de recouvrer les arriérés des droits et taxes pour l’Etat ». Ce travail d’assainissement a abouti au retrait et au retour au domaine public des Permis d’Exploitation d’Imouraren et de Madaouela.
Parmi les actions figure également la révision de la Loi minière, « le Ministère des Mines a entrepris la révision du cadre juridique qui régit le secteur minier afin de permettre à l’Etat du Niger une plus grande jouissance de l’exploitation des ressources de son sous-sol. C’est ainsi qu’a vu le jour l’ordonnance N°2024-37 du 08 août 2024, modifiant et complétant la loi 2022-033 du 02 juillet 2022 ».
Il y’a aussi l’adoption de la Loi sur le contenu local afin de formaliser la contribution des sociétés minières au développement communautaire et d’accroitre les retombées des activités minières pour les collectivités locales qui les abritent.
Le document révèle par ailleurs l’occupation de la Maison de l’Uranium par le Ministère des Mines « d’une valeur de 10 milliards de francs CFA, la maison de l’Uranium qui abritait le siège des sociétés minières filiales d’Orano, a été récupérée et abrite actuellement le Ministère des Mines, ce qui a permis l’amélioration du cadre de travail des agents ».
Création de deux sociétés d’Etat dans le domaine minier :
S’engageant dans une rupture avec son ancienne histoire minière, le Niger crée deux sociétés d’Etat dans le domaine minier à savoir Timersoi National Uranium Company et Mazoumawa National Gold Company.
Le document explique que l’objectif principal de la création de ces deux sociétés est de mettre l’Etat au cœur des activités Minières, notamment en termes de prospection de nouveaux indices, la recherche, l’exploitation et le traitement des substances minières. A travers ces deux sociétés, l’Etat du Niger va investir dans la recherche géologique et minière et la redynamiser pour améliorer les connaissances du sous-sol et développer des Mines industrielles, seul ou en association avec des partenaires.
« Cette initiative est accompagnée par la création du Fonds de développement Minier dans la nouvelle Loi minière. Ce fonds va permettre à l’Etat d’avoir des ressources nécessaires pour investir dans la recherche », indique -t-il.
Octroi des titres miniers et Signature des Accords :
Le document rapporte que « De 2024 à 2025, le pays a octroyé 46 Permis de Recherche, 215 Autorisations d’Exploitation Minière à Petite Echelle, et 07 titres de carrières ont été octroyé ».
En plus de ces droits miniers, par décret du 22 février 2025, un Permis pour Petite Exploitation Minière d’Uranium a été octroyé à la Compagnie Minière de Recherche et d’Exploitation COMIREX SA, et par décret du 22 février 202, un Permis pour Petite Exploitation de Cuivre a été octroyé à la Compagnie Minière de l’Air COMINAIR.SA.
Ces deux projets Industriels, tous portés par des Nigériens, vont contribuer à la diversification de la production minière du Niger avec la mise en exploitation de la première mine de cuivre au Niger et de la première petite mine Industrielle de l’Uranium. D’autre part le caractère stratégique du cuivre et de l’Uranium conférera de plus au Niger, une place à l’échelle géostratégique.
En outre ,ce document bilan fait apparaître la signature de plusieurs accords dont l’Accord de joint-venture entre la République du Niger et la Société Suvarna Royal Gold Trading LLC, signé le 23 avril 2025 pour le Raffinage et la fabrication des bijoux à Niamey ; L’Accord-Cadre Préliminaire relatif au Raffinage et à l’Exploitation des métaux précieux entre le Ministère des Mines de la République du Niger et Thirty Five Maden Yatirimlari Anonium Sirkiti et BROSS INVESTMENTS, signé le 13 février 2025 ; Signature d’un Mémorandum d’entente entre le Ministère des Mines de la République du Niger et la Société Anonyme (S.A.) «Zarubezhgeologia» le 21 février 2025.
La Nationalisation de la Société des Mines de l’Air (SOMAIR) :
L’État du Niger a procédé à la nationalisation de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR), dans un objectif de défense de la souveraineté économique, de récupération de la maîtrise des ressources stratégiques et de protection de l’intérêt national.
En effet, historiquement, le Niger a été relégué au rôle de fournisseur de matières premières brutes, principalement au profit des multinationales et de leurs pays d’origine. Ses partenaires internationaux ont largement dominé l’exploitation de ses ressources, considérant le pays comme leur « réserve » de matières stratégiques. Cette dynamique a laissé le Niger à la périphérie des processus à haute valeur ajoutée, comme la transformation et la commercialisation des produits. C’est pourquoi l’Etat du Niger a pris la décision souveraine de la nationalisation de la SOMAIR SA pour que les ressources minières profitent au peuple nigérien.
Des actions entreprises par le ministère des mines figurent aussi la Redynamisation du Centre de Recherche Géologique et Minière CRGM et le Renforcement des capacités de l’Ecole des Mines de l’AIR (EMAIR).
Recouvrement des recettes :
Le document bilan rappelle que depuis 2023, l’exportation de l’Uranium a été suspendue compte tenu du Contexte du Pays et que « Malgré cette situation, le recouvrement fait en 2024 est de 6 109 038 923 FCFA. Au titre du premier semestre 2025, le montant recouvré est de 3 533 193 183 FCFA. En plus, une situation de 460 665 360 FCFA a été envoyée à la COLDEFF à des fins de recouvrement », a -t-il annoncé.
AIO/AS/ANP 0161 juillet 2025







