Niamey, 28 Juillet (ANP)- Le Président du réseau des organisations de la société civile de la commune urbaine de Ouallam, M. Moussa Abdourahamane tire un bilan mitigé de la gestion du conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à la tête du Niger durant les deux dernières années.
Dans une interview accordée à l’envoyé spécial de l’ANP à Ouallam, l’acteur de la société civile s’est réjoui du fait que les réalisations faites par l’Etat et les partenaires au développement répondent favorablement aux attentes des populations de la commune.
« Les réalisations faites dans notre commune sont des réalisations qui répondent aux besoins des populations. Ce n’est pas comme avant, où les ONG viennent avec leurs programmes déjà conçus. On a changé de forme, on demande désormais aux populations ce qu’elles veulent et selon leurs propositions », car « elles choisissent elles-mêmes ce qu’on doit leur faire », s’est-il félicité.
Peu de temps après la prise du pouvoir de Niamey par les autorités militaires regroupées au sein du CNSP, le 26 Juillet 2023, rappelle-t-on, les actions de plusieurs partenaires au développement (ONG, Organisations internationales, agences gouvernementales étrangères…) ont été suspendues pour non-conformité aux attentes du pays.
Mais, selon M. Moussa Abdourahamane, certaines organisations commencent à revenir sur le terrain avec l’accord des autorités.
« Les activités des ONG étaient suspendues, car ce qu’elles faisaient ne répondaient pas aux besoins de la population. Les nouvelles autorités ont recadré leurs interventions. Et récemment, l’ONG OXFEM a commencé une distribution gratuite de vivres aux populations. Il est distribué du riz, du mil, de l’huile… ».
S’il se réjouit des avancées enregistrées sur le terrain humanitaire et de développement, l’acteur de la société civile ne cache pas son mécontentement vis-à-vis de la situation sécuritaire.
« La situation sécuritaire est détériorée. Il y a tout juste une semaine [soit le 15 Juillet 2025, ndlr]), à moins de 15 Km de la ville de Ouallam, les bandits armés sont rentrés dans les champs où ils ont tué une cinquantaine de cultivateurs. Pire, ils ont sommés les agriculteurs à quitter les champs. Ces derniers sont revenus en ville pour trouver la tranquillité », a regretté l’habitant de la ville, avant de s’interroger : « Mais quel va être le sort de ces gens ? »
« Même s’ils arrivent à cultiver, souvent les saisons ne sont pas bonnes, aujourd’hui ils ne cultivent même pas. C’est pour vous dire le désarroi dans lequel nous sommes », a-t-il indiqué.
M. Abdourahamane a aussi fait une proposition d’amélioration de la situation.
« Ce qui peut améliorer cette situation, c’est de soutenir les villageois qui se sont organisés en milice d’auto-défense. Ces gens, s’ils arrivent à trouver des matériels appropriés, ils peuvent contribuer à l’amélioration de la situation sécuritaire », a-t-il suggéré.
Il a aussi souligné que « leur apport est très important pour les populations. Elles sont tranquilles de voir leurs frères avec des armes en train de les protéger ».
« Même les militaires sont leurs frères, mais si localement des gens se portent volontaires pour sécuriser les villages vraiment, c’est une très bonne chose », a-t-il nuancé.
La ville de Ouallam frontalière avec le Mali, note-t-on, accueille une population importante de réfugiés maliens et des déplacés internes du Niger, conséquence de la situation d’insécurité que traversent les deux pays.
Selon les autorités communales, le nombre de la population autochtone est à peu près égal à celui de la population accueillie (réfugiés et déplacés internes), à savoir 15.000 personnes de chaque côté.
Interrogé au sujet de la cohabitation entre ces trois (3) communautés, Moussa Abdourahamane répond : « elle est très bonne ».
« Les déplacés internes, les réfugiés et les autochtones travaillent ensemble. S’il faut mettre en place un comité, toutes ces communautés sont représentées », a-t-il argué.
Mahamane Sabo Bachir, envoyé spécial
MSB/ANP/Juillet 2025









