Niamey, 23 juin (ANP) – Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda, a indiqué, ce lundi 22 Juin 2026, lors d’un entretien sur les antennes de la télévision nationale, que l’action de son département ministériel s’articule autour de trois axes stratégiques majeurs que sont l’amélioration du cadre de vie urbain, la promotion des matériaux locaux de construction et le renforcement du suivi-évaluation des politiques publiques du secteur.
Selon le ministre, ces orientations sont mises en œuvre à travers plusieurs structures techniques, notamment la Direction Générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Promotion du Logement (DGU-HPL), la Direction Générale de l’Architecture et de la Construction (DGAC) ainsi que la Direction Générale des Domaines de l’État (DGDE).
Il a également souligné le rôle de la Société Nigérienne de l’Urbanisme et de la Construction Immobilière (SONUCI) et de l’Institut Géographique National du Niger (IGNN), placés sous la tutelle technique de son ministère.
Concernant les défis du secteur, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda a expliqué que ceux-ci sont fortement liés à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide des villes nigériennes, entraînant une demande de plus en plus importante en logements et en terrains viabilisés.
Le ministre a relevé trois principales contraintes qui affectent la gestion foncière au Niger. Il a cité la rareté du foncier légalement aménagé et viabilisé, situation qui favorise les pratiques informelles d’accès à la terre. Selon le ministre, près de 80 % des Nigériens accèdent aujourd’hui au foncier à travers des mécanismes informels tels que les achats de champs ou les lotissements coutumiers.
La deuxième contrainte est liée à la coexistence du droit moderne et du droit coutumier en matière foncière, une situation qui engendre fréquemment des conflits et des ambiguïtés dans la gestion des terres.
La troisième concerne le faible rôle joué pendant plusieurs années par l’État dans la régulation du marché foncier, laissant ainsi le champ libre à la spéculation et aux opérations d’aménagement insuffisamment encadrées.
Il a, à cet effet, attiré l’attention sur les conséquences de cette situation, notamment l’étalement urbain, soulignant, à titre illustratif, que la ville de Niamey consomme en moyenne 1.000 hectares par an en nouvelles extensions urbaines, souvent sans infrastructures de base telles que l’eau, l’électricité ou les voies d’accès.
En plus, les litiges fonciers représentent environ 60 % des affaires traitées par les tribunaux, avant de souligner la vulnérabilité de nombreuses zones d’habitation construites dans des espaces inondables ou non constructibles.
Le Ministre Abdoul Kadri a évoqué enfin le défi financier auquel fait face son département, précisant que le ministère dispose d’un budget global d’environ 4 milliards de FCFA, masse salariale comprise, alors que les besoins d’investissement dans les domaines de l’urbanisme, du logement et du foncier demeurent considérables.
BAZ/AS/ANP 0221 juin 2026









