Santé à Diffa : un bilan positif malgré des défis sécuritaires persistants deux ans après l’arrivée du CNSP

Santé à Diffa : un bilan positif malgré des défis sécuritaires persistants deux ans après l’arrivée du CNSP

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Diffa, 25 juillet ( ANP)- Deux ans après l’arrivée au pouvoir du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), la Direction Régionale de la Santé et de l’Hygiène Publique (DRSHP) de Diffa dresse un bilan encourageant des avancées dans le secteur de la santé, malgré des défis sécuritaires persistants. 

Le Dr Housseini Amadou, Directeur Régional, a accordé une interview exclusive à l’Agence Nigérienne de Presse (ANP) pour détailler les réalisations et les perspectives dans le domaine de la santé dans la région de Diffa. 

Selon le Directeur régional de la santé, à l’arrivée du CNSP en 2023, la région de Diffa faisait face à un système de santé dont la couverture sanitaire n’était que de 51,01%. 

Parmi les défis, le responsable de la santé de la région cite l’insécurité qui rendait certaines zones inaccessibles, la délocalisation de certains Centres de Santé Intégrés (CSI), la discontinuité des services dans plusieurs CSI était une préoccupation majeure.

Il y avait également l’insuffisance criarde en ressources humaines, notamment pour des spécialités médicales comme la néphrologie, l’ORL et la stomatologie.

Dr Housseini de souligner qu’en deux ans, la région de Diffa a connu des améliorations significatives, « portées par des investissements en infrastructures et en personnel, ainsi que des initiatives ciblées entraînant une couverture sanitaire qui a grimpé de 51,1% à 57,10% en 2025 ».

Parmi les principales réalisations, a-t-il indiqué , on compte la construction de sept nouveaux CSI dans les districts sanitaires de Diffa et Mainé Soroa, ainsi que la construction de la maternité du CSI de Gagam.

La mise en place d’un service de néonatologie et d’une salle d’attente pour les grossesses à haut risque au Centre de Santé Mère-Enfant (CSME), contribuant à une meilleure prise en charge et à la réduction des référencements.

La construction de six salles de mise en observation des patients et de quatre hangars dans le DS de Diffa grâce au soutien de partenaires comme MSF Espagne et l’OMS.

La transformation de six CSI de type I en CSI de type II et de six cases de santé en CSI de type I, améliorant l’offre de soins de proximité.

L’électrification de vingt-huit CSI dans plusieurs districts, un pas crucial pour des services de qualité.

Le recrutement de trente-trois agents de santé, dont trois médecins généralistes, cinq infirmiers diplômés d’État/agents de santé de base, et vingt-trois sages-femmes, renforçant les effectifs.

Aussi, nous a-t-il informé,  « des efforts considérables ont également été déployés pour améliorer la santé publique », avec selon qui, l’organisation de 631 sorties de cliniques mobiles, permettant d’atteindre les populations isolées ; la prise en charge de 468 079 personnes, dont 3 749 personnes handicapées, et 42 955 personnes atteintes, avec des activités de sensibilisation à la protection ; le renforcement des capacités de 5 379 personnes sur la protection et le référencement de 3 706 personnes vers les structures de santé.

Concernant la disponibilité des médicaments essentiels, Dr Amadou la qualifie de « satisfaisante », grâce à l’approvisionnement régulier des pharmacies populaires, des pharmacies privées, du dépôt de zone de Zinder de l’ONPPC et des dépôts pharmaceutiques régionaux. 

L’équipement biomédical a également été renforcé grâce à des donations de partenaires comme l’OMS et Plan International.

« Des campagnes sanitaires spécifiques ont été menées, notamment dans les zones à sécurité compromise, avec une collaboration renforcée avec les forces de défense et de sécurité. Ces campagnes ont inclu la vaccination des enfants de 0-59 mois contre la poliomyélite, le déparasitage, la supplémentation en vitamine A et la chimioprévention du paludisme saisonnier », a-t-il martelé », tout soulignant que  « des stratégies mobiles ont été mises en place pour les zones difficiles d’accès afin d’améliorer l’accès aux services de santé ».

Évoquant l’aspect partenariat et appui Communautaire, le Responsable Régional en charge de la santé a affirmé que « la DRSHP salue l’accompagnement précieux de nombreux partenaires techniques et financiers, tels que l’OMS, l’Unicef, MSF, ACF, UNFPA, UNHCR, le Fonds Mondial, et CRS », avant de reconnaître que, « des initiatives communautaires ont également joué un rôle essentiel, comme la construction et l’équipement du Centre Régional de Dialyse au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Diffa par un ressortissant de la région, ainsi que les dotations en médicaments et matériels médicaux par les collectivités et la diaspora ».

Parlant des défis persistants sur ce secteur, le Directeur Régional de Diffa à reconnu que malgré les avancées obtenues, la persistance de l’insécurité dans certaines zones, qui entraîne la délocalisation de CSI, la discontinuité des services, perturbe les interventions sanitaires.

S’agissant toujours des défis, Dr Housseini Amadou a évoqué la situation des ressources humaines et la logistique qui demeurent des enjeux importants.

C’est ainsi que pour les mois et années à venir, selon Dr Housseini Amadou, la DRSHP de Diffa a défini des priorités claires pour consolider les acquis et relever les défis restants : l’amélioration continue de la couverture sanitaire, le renforcement des capacités des ressources humaines, la sécurisation des produits de santé, le renforcement de la surveillance et de la riposte aux épidémies.

Il a également cité le monde renforcement de la logistique.

Aussi, a-t-il annoncé des projets d’envergure sont également envisagés, tels que la construction d’hôpitaux de district à Goudoumaria et Ngourti, la construction d’une nouvelle direction pour la DRSHP, la transformation d’une dizaine de cases de santé et CSI type I en CSI type II, la dotation du CHR de Diffa d’un scanner et la construction d’un incinérateur de dernière génération pour la région.

Dr Housseini Amadou a enfin, appelé les populations et les partenaires à continuer la collaboration pour le développement du secteur de la santé dans la région de Diffa. 

Les progrès réalisés en deux ans témoignent d’une volonté forte d’améliorer l’accès et la qualité des soins, malgré un contexte difficile, ouvrant la voie à des perspectives encourageantes pour l’avenir.

AOM/AS/ANP 0170 juillet 2025

Contributeurs

Zarami Boulama
Redacteur


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