Niamey, 22 juil (ANP)- ‘’Aucune nation ne peut prétendre à un véritable développement sans souveraineté énergétique et l’énergie n’est plus seulement un service public, elle est devenue un instrument de puissance, de développement économique et de justice sociale, a fait savoir, ce Mercredi 22 juillet 2026, la Ministre de l’Energie, Prof. Amadou Haoua, dans une communication faite devant la plénière du conseil consultatif de la refondation (CCR).
Dans son exposé, la ministre de l’energie a rappelé que le Niger, pour répondre à cette exigence de développement, met ‘’en œuvre le Programme de la Refondation de la République (PRR) 2025-2029, à travers l’axe 3 qui est le Développement des bases de production pour la souveraineté économique et son volet dédié aux services énergétiques, de transport et des TIC’’.
A cet effet, « conformément à la lettre de mission du Chef de l’Etat, le Ministère de l’Energie a reçu trois missions prioritaires qui est de Renforcer la production électrique nationale en exploitant les ressources locales; Définir un modèle de transition énergétique adapté aux réalités et aux ambitions du Niger; et d’Instaurer un cadre de suivi et d’évaluation pour mesurer la performance des actions » a-t-elle détaillé, relevant qu’à ce jour, » la politique énergétique nationale et les projets structurants ne disposent que du Document de Politique Nationale de l’Électricité (DPNE), adopté en 2018, qui est circonscrit au seul sous-secteur de l’électricité. Il ne couvre pas l’ensemble des composantes du secteur énergétique, notamment la cuisson et le nucléaire, ainsi que les autres sources et usages de l’énergie ».

Face à ces insuffisances, « le ministère en charge de l’énergie a initié l’élaboration d’une Politique Nationale de l’Energie (PNE-Niger 2026-2035), actuellement en cours d’adoption, dont la vision est de faire du secteur de l’énergie un moteur de développement socio-économique du Niger à l’horizon 2035’’ a annoncé la ministre de l’énergie, pour qui, « aujourd’hui, une grande partie de notre population n’a pas encore accès à l’électricité, notre pays dépend encore fortement des importations, exploite insuffisamment ses immenses ressources nationales. La production nationale représente 44 % de l’énergie totale en 2025 ».
Pourtant, a souligné la ministre, » le Niger regorge d’un potentiel énergétique conséquent notamment le pétrole, le gaz, le charbon, l’un des meilleurs potentiels solaires du monde, un potentiel hydroélectrique, éolien ainsi que de l’uranium, ainsi le problème n’est donc pas l’absence de ressources, mais le problème est leur faible valorisation, c’est tout le sens de la nouvelle Politique Nationale de l’Energie du Niger (PNE-Niger).
Selon toujours la ministre, « La mission de cette politique est de garantir la souveraineté énergétique du Niger en valorisant les ressources nationales (solaire, eau, vent, fossiles, renouvelables, fissiles, etc.) afin d’assurer un accès universel, durable et fiable à une énergie moderne et abordable »

« La PNE-Niger s’articule autour de trois (3) axes stratégiques qui est l’Exploitation des ressources énergétiques de cuisson développement des technologies de cuisson propre et production des équipements de cuisson; l’Exploitation des ressources énergétiques à des fins électriques: développement et renforcement des infrastructures électriques et enfin l’Amelioration de la gouvernance du secteur pour le renforcement des cadres législatif réglementaire et institutionnel, des capacités des acteurs et du secteur privé et la facilitation de l’accès aux fonds spécifiques », a t-elle-ajouté.
Ainsi, » la mise en œuvre de cette politique, repose sur les documents stratégiques suivants : la stratégie nationale d’accès à l’électricité (SNAE) assortie de son plan directeur d’accès à l’électricité (PDAE), adoptée en octobre 2018 et il a pour objectif de porter l’accès à l’électricité pour tous les nigériens afin d’atteindre 80% d’accès à l’électricité en 2035 avec une répartition de 85% par densification et extension du réseaux de 5% par mini-réseaux et 10% par solutions individuelles ».
Il s’agit, entre autres, « de mobiliser le secteur privé à travers l’électrification du territoire pour faire de l’électricité le moteur du développement durable et cette stratégie prévoit un accès à l’électricité aux moyens de branchement au réseau électrique de la Nigelec, le branchement à un réseau décentralisé et le système individuel notamment les kits scolaires », a expliqué Pr Amadou Haoua selon qui « la mise en œuvre de la SNAE est prévue en deux principales étapes et requiert un montant total de 850 milliards de FCFA une première période de 2018 à 2024, une seconde période s’étale de 2025 à 2035 et au total ce sont 8 612 localités qui seront raccordées au réseau Nigelec à l’horizon 2035 et il est envisagé 1.750.883 branchements dont 1.028.573 entre 2018-2024 et 722.310 de 2025 à 2035 pour atteindre un taux d’accès national d’au moins 80% ».

Poursuivant son exposé, Prof Amadou Haoua a indiqué que, « ces branchements s’effectueront suivant un rythme progressif pour atteindre 320.000 branchements à l’horizon final et les mini-réseaux sont entrain d’être réalisés par la Nigelec et l’ANPER. Il s’agit de 400 mini réseaux à l’horizon 2035 couvrant 1898 localités rurales avec 142.872 branchements’’
« Le système individuels qui sont prévus par ANPER et ANERSOL, la distribution des kits visent à atteindre une cible de 1.757.408 personnes dans 12.297 localités à l’horizon 2035. Pour mettre en œuvre cette stratégie, il a été organisé en 2020 une table ronde pour les projets HASKE, RANA et BEST » a-t-elle encore rappelé
La Ministre de laisser entendre que, « ce document, adopté en juin 2025, est une initiative qui vient compléter la SNAE avec la prise en compte des énergies domestiques ayant pour horizon, 2030’’.
‘’Le Compact constitue l’engagement stratégique du Niger pour accélérer l’atteinte de l’accès universel à l’électricité d’ici 2030. Il s’inscrit dans l’initiative Mission 300 (visant à électrifier 300 millions d’Africains d’ici 2030) et ce document fixe des trajectoires claires pour accroître l’accés à l’électricité et à la cuisson propre, augmenter la part des énergies renouvelables et attirer des capitaux privés » a-t-elle fait remarquer, tout en précisant que ‘’cette mise en œuvre repose sur cinq (5) piliers stratégiques à savoir développer l’infrastructure de production et du réseau à des coûts compétitifs, Tirer parti des avantages d’une intégration régionale accrue; Adopter les solutions ERD et de cuisson propre pour un accès abordable au dernier kilomètre, Inciter la participation du secteur privé pour débloquer des ressources supplémentaires et enfin Garantir des services publics financièrement viables qui fournissent des services fiables et abordables ».

Selon toujours la Ministre de l’énergie, ‘’à l’horizon 2035, ce plan prévoit un cumul de capacité installée d’environ 2.000 MW hors programme électronucléaire de notre pays’’.
En effet, cette politique s’appuie sur un portefeuille de projets structurants majeurs, qui sont les projets de Production du Barrage de Kandadji (volet énergie): 200 MW au total (130 MW hydroélectrique + 70 MW solaire); du Complexe énergétique de Salkadamna: 600 MW; le Projet de renforcement de la capacité de SONICHAR: 50 MW solaire, et 50 MW thermique; le Programme Electronucléaire National (PEN): 2000 MW en deux phases de 1000 MW, le Projet de Parc Eolien de la Tarka: 250 MW; le Projet de Centrale Solaire de Gorou Banda (Scaling Solar): 50 MW; le Projet de Centrale solaire de Bangoula: 150 MW et le Projet de centrale solaire photovoltaïque avec stockage (NEPP): 200 MW ».
En plus, « d’autres projets sont en cours dont le projet de centrale solaire de Diffa: 10MW; Le projet de centrale solaire de Maradi: 20MW; Le projet de centrale solaire de Dosso: 10MW; Le projet de centrale hybride d’Agadez: 25MW (19MW solaire et 6MW diesel); Le projet de construction de la centrale de Goudel:30MW; et le projet Qatari de 30 MW’’ a-t-elle énuméré.
Afin d’accompagner le développement des capacités de production, a poursuivi la Ministre de l’énergie, ‘’plusieurs projets structurants de transport d’électricité sont également programmés. Il s’agit du projet de construction de la ligne d’interconnexion 132kV longue de 443 km qui reliera la SONICHAR(Agadez) à la SORAZ (Zinder). Cela permettra de relier la zone Nord à la Zone Niger Centre Est, le projet de construction de la ligne haute tension 330kV longue de 270 km, qui fera la jonction du poste de Azarori est en cours de construction dans le cadre du projet WAPP, à celui de Malbaza en passant par Doutchi qui permettra aussi de relier la zone fleuve à la zone Niger centre-Est’’.
Il y a aussi « le Projet de Construction de la ligne 132 kV Kandadji-Gorou Banda de 190 km; Le projet de construction de la ligne 330 kV Salkadamna-Gorou Banda de 410 km; Le projet de construction de la ligne 330 kV de Salkadamna-Tahoua-Malbaza de 190 km; La mise en place du Centre National de Conduite de Niamey, destiné à améliorer le pilotage et la supervision du réseau électrique national et enfin La poursuite des projets d’Interconnexions régionales WAPP notamment la Dorsale Nord WAPP d’environ 875 km de ligne haute tension de 330 kV afin de renforcer l’intégration énergétique pour le marché régional’’.
« La politique énergétique du Niger n’est pas une politique de circonstance. C’est un projet de transformation nationale. Elle fournit désormais un cadre stratégique cohérent permettant de valoriser l’ensemble des ressources énergétiques nationales et La réalisation des projets structurants permettra non seulement de réduire la dépendance énergétique, mais également d’accroître la compétitivité de l’économie nationale, soutenir l’industrialisation, favoriser la création d’emplois et améliorer les conditions de vie des populations » a conclu la Ministre de l’énergie.
HA/AS/ANP 0232 juillet 2026









