Grève des boulangers à Niamey : le patronat du secteur incrimine un arrêté du Ministre du commerce (Syndicat)

Grève des boulangers à Niamey : le patronat du secteur incrimine un arrêté du Ministre du commerce (Syndicat)

Mise en ligne

Publié le

à

Niamey, 5 Août (ANP)- L’arrêt de travail qu’observe le secteur de la boulangerie-pâtisserie à Niamey  fait suite à l’arrêté ‘’N° 0058MC/I/ANMC du 11 Juillet 2025 règlementant  la production  du pain courant en République du Niger’’ du Ministre du commerce et de l’industrie, a indiqué à l’ANP le secrétaire général du syndicat du patronat des boulangeries et pâtisserie du Niger M. Hassane Mahamadou.

Les boulangeries de Niamey ont entamé un arrêt de travail le lundi 4 Août 2025, jusqu’à ce mardi 5 Août 2025, a constaté l’ANP, dans plusieurs quartiers de la ville.

C’est le cas de la Boulangerie Yousssara au quartier Banifondou, rond-point Salou Djibo, la boulangerie Dady au quartier Kalley-Est ou encore la boulangerie La Racine plus au quartier Nouveau Marché.

Lors du passage de l’équipe de l’agence sur les lieux, les boutiques des boulangeries sont, soit fermées, soit ouvertes mais sans produits boulangers et pâtissiers sur les étagères.

La grève lancée par le syndicat des promoteurs est totale sur les lieux visités.

« L’arrêt du travail a commencé le lundi et se poursuit ce mardi. Il fait suite à l’arrêté du ministre du commerce et de l’industrie », a informé M. Hassane Mahamadou.

Le document consulté par l’ANP définit les qualités de la farine à utiliser par les boulangers ; les formes et le poids des pains, ainsi que les règles d’hygiène et de santé, entre autres. 

Mais selon le secrétaire général du syndicat du patronat, beaucoup des points de cet arrêté sont contraires aux normes du marché.

« D’abord on doit utiliser la farine que nous appelons communément dans notre jargon farine type 55 et type 65. Il est vrai que c’est une bonne farine qui fait du bon pain, mais celle-ci n’est pas disponible sur le marché. Alors que l’arrêté du ministère souligne que toute boulangerie qui n’utilise pas cette qualité de farine doit être fermée et amendée », a-t-il indiqué.

«  Nous avons demandé au ministre d’abord avant de prendre une telle décision de nous amener [rendre disponible sur le marché] cette farine et on va l’utiliser », a rapporté M. Hassane tout en soutenant que « la farine que nous utilisons est bonne. Elle fait du bon pain. D’ailleurs, c’est elle qui a soutenu depuis des années l’industrie des boulangers, elle nous vient de l’Algérie ».

Selon la source, les farines exigées par le Ministre en charge du commerce et de l’industrie doit être achetées par un producteur local. Le syndicat des boulangers dénonce une concurrence déloyale.

« Il y a un moulin qui est là au Niger, à savoir le grand moulin du Ténéré. C’est lui qui veut ouvrir sa porte et on veut nous imposer un produit qui n’est même pas d’abord sur le marché », a chargé M. Hassane.

A en croire le responsable syndical, « lorsque ce moulin va ouvrir ses portes, il va nous faire la farine de type 55 et ils veulent qu’on bloque l’autre pour qu’il n’ait pas de la concurrence ». 

Par conséquent, a-t-il poursuivi, « Nous rappelons au ministre que le grand moulin du Ténéré seul ne peut pas satisfaire le marché urbain de Niamey à plus forte raison ceux des localités périphériques comme  Tillabéri, Dosso, Ouallam … ».

Il y a quelques semaines, un rapport audio-visuel de l’agence nationale pour la métrologie, la normalisation et la certification (AMNC), service sous tutelle du ministère du commerce, fait cas de plusieurs irrégularités dans le travail des boulangers-pâtissiers.

On y voit des manquements aux normes d’hygiène, de la santé, de la mesure du poids réglementaires du pain, notamment.

 Face aux accusations de ce service et du Ministère de tutelle, le patronat se défend.

« Oui, nous avons pris connaissance de ce rapport. Mais c’est ce rapport qui cache toute la vérité. Celui-ci dit qu’aucune boulangerie de la place ne respecte les normes établies, ce qui n’est pas vrai. Qui est le technicien qui peut confirmer cela ? Personne », a déclaré le secrétaire général du syndicat.

« Nous sommes d’accord qu’une boulangerie doit être propre à 100%, c’est d’ailleurs le crédo de notre syndicat. Nous avons insisté pour que toutes les boulangeries se conforment au principe de l’hygiène, et les gens s’y conforment », a-t-il affirmé, tout en indiquant que « dans la  vidéo du rapport de l’AMNC, on montre une boulangerie dont les toilettes étaient mal entretenues. Ce problème concerne une seule boulangerie, et nous avons même demandé à savoir c’est la quelle pour pouvoir la sensibiliser ». 

Selon lui, le ministère du commerce ne doit pas se pencher sur la question de l’hygiène, car celle-ci relève surtout de la DRSP (direction régionale de la santé publique) ». 

« Nous sommes en contact avec ce service, c’est d’ailleurs lui qui a exigé de nous de certificats de salubrité. Aujourd’hui toutes les boulangeries ont fait, de même que le carnet de santé que les entreprises en font pour leurs agents », a ajouté M. Hassane.

« Ils ont exigé de nous de renouveler les tenues de travail, les gants, les bavettes et autres,  nous avons pris acte », a-t-il poursuivi. 

« Dans son arrêté, le ministre a exigé que chaque baguette de pain pèse 250 g. Ce poids mérite un prix  et il a dit que c’est à lui de fixer le prix de la baguette, mai avant de fixer le prix de là, d’abord il faut mettre le prix de la farine », a fait valoir le responsable syndical.

 «  Nous sommes dans un contexte de la refondation. Nous, les boulangers nigériens, nous sommes champions en Afrique de l’utilisation des produits locaux dans la boulangerie. Cette expertise nous a valu le poste du secrétariat général de l’association mondiale des boulangers. Nous sommes à 30% de l’utilisation des produits locaux, comme le mil, le haricot, le moringa… », s’est félicité le secrétaire général du syndicat des propriétaires des boulangeries du Niger.

MSB/AS/ANP 049 Août 2025

Contributeurs

Salissou Soumana Karimou
Webmaster


Populaires

Sur le même sujet