Diffa, 31 octobre (ANP) – Le Niger commémore ce jeudi 31 octobre 2025 le 14ème anniversaire de la disparition du Général de Corps d’Armée Ali Saïbou, ancien Président du Niger du 10 novembre 1987 au 16 avril 1993, décédé le 31 octobre 2011 à l’âge de 71 ans.
Figure marquante de l’histoire politique et militaire du pays, le Général Ali Saïbou demeure dans la mémoire collective comme un homme d’État mesuré, patriote et profondément attaché à la paix et à l’unité nationale. Il est même surnommé « l’homme de la décrispation ».
Un officier au parcours exemplaire
Né en 1940 à Dingajibanda dans la région de Tillabéri, Ali Saïbou a grandi dans un environnement rural avant de s’engager dans l’armée nigérienne peu après l’indépendance du Niger en 1960. Formé dans plusieurs écoles militaires, notamment à Saint-Cyr en France, il fit partie de la première génération d’officiers nigériens à intégrer les rangs supérieurs des Forces armées nationales, selon sa biographie officielle.
Son parcours militaire est marqué par la rigueur, la discipline et un sens aigu du devoir. Fidèle compagnon du Lieutenant-colonel Seyni Kountché, il fut l’un des acteurs du coup d’État du 15 avril 1974 qui mit fin au régime du président Diori Hamani. Après la prise du pouvoir par le Conseil Militaire Suprême (CMS), Ali Saïbou occupa plusieurs postes de commandement, dont celui de chef d’état-major général des armées, fonction qu’il assuma avec loyauté et efficacité.
De la caserne au palais présidentiel
À la mort du Président Seyni Kountché, le 10 novembre 1987, le Général Ali Saïbou, alors ministre de la Défense, fut désigné pour assurer la succession. Il devint ainsi Chef de l’État, puis Président de la République du Niger, inaugurant une période de transition marquée par une volonté d’ouverture politique progressive.
Sous sa présidence, le Niger entra dans une phase de relative stabilité institutionnelle. Le Général Ali Saïbou mit en place le Mouvement National pour la Société du Développement (MNSD-Nassara), parti unique d’abord, qui se transforma progressivement en formation politique ouverte dans le cadre du pluralisme. C’est sous son impulsion qu’eut lieu la Conférence nationale souveraine de 1991, véritable tournant démocratique dans l’histoire contemporaine du Niger.
Un président de la transition démocratique
Le Général Ali Saïbou a marqué son passage à la tête de l’État par sa sagesse politique et son respect des institutions. Il fut le premier chef d’État nigérien à organiser une transition pacifique du pouvoir à un président démocratiquement élu, en l’occurrence Mahamane Ousmane, en 1993. Un geste rare sur le continent à l’époque, qui lui valut le respect tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Sous son mandat, le Niger connut d’importantes réformes économiques et administratives, la relance du dialogue social et une diplomatie active en faveur de la paix et de la coopération sous-régionale. Il resta également attentif à la cohésion nationale, en prônant la réconciliation et la modération politique.

Une retraite discrète et digne
Après son retrait du pouvoir, le Général Ali Saïbou s’était retiré dans sa région natale de Tillaberi, menant une vie sobre et éloignée des projecteurs. Il consacra ses dernières années à des activités sociales et communautaires, restant une référence morale pour de nombreux Nigériens.
Il s’est éteint le 31 octobre 2011, laissant derrière lui le souvenir d’un militaire loyal et d’un dirigeant patriote, soucieux de l’unité et du développement du Niger. Ses obsèques nationales, organisées à Niamey, avaient réuni autorités, anciens compagnons d’armes et citoyens venus rendre hommage à celui qu’on surnommait affectueusement “le soldat du développement”.

Un héritage de stabilité et de continuité
Quatorze ans après sa disparition, la mémoire du Général Ali Saïbou reste vivace dans la conscience nationale. Son sens du devoir, son attachement à la discipline et son respect des engagements pris envers le peuple nigérien font de lui une figure emblématique de l’histoire postindépendance du Niger.
Le Général Ali Saïbou aura été, pour beaucoup, un modèle de patriotisme, de modération et de responsabilité politique, qualités rares qui continuent d’inspirer les générations futures d’officiers et de dirigeants civils du pays.

Par M. Abdoul Rahamane Ousman Maman ANP









