Culture : ‘’HANNA ‘’/ ‘’Kawyawa party’’ ou mode rétro du mariage 

Culture : ‘’HANNA ‘’/ ‘’Kawyawa party’’ ou mode rétro du mariage 

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Niamey, 2 oct (ANP)- On assiste de plus en plus, en particulier dans les centres urbains au Niger, aux cérémonies de mariage qui intègrent un ‘’cote’’ traditions avec la soirée de telle ou telle communauté appelée ‘’hanna’’ ou ‘’kawyawa party’’ qui a lieu la veille ou quelques jours avant la célébration de l’union.

Le rituel consiste au port de tenues ancrées dans la tradition locale, la décoration au style ancestral avec l’exhibition de la literie, des ustensiles, le tout dans une ambiance de chants, des danses puisés dans le répertoire du terroir. 

‘’Le style à la villageoise’’   est un retour aux traditions culturelles de nos grands-parents aussi bien dans l’habillement, la décoration, les chants et danses, la jeunesse s’y adonne pour agrémenter les cérémonies, explique Mme Haoua Amadou, âgée de 65 ans, animatrice et Chorégraphe du groupe  »TINNI BIO GNA ».

Ajoutant qu‘ Il ‘’s’agit du port des tenues et des maquillages à l’occasion des mariages surtout généralement à la veille ou l’avant-veille de la célébration du mariage’’.

L’animatrice culturelle note que ‘’ de nos jours, c’est tout le contraire, parce que les parents d’aujourd’hui ont délaissé les coutumes, les traditions, leurs enfants ne savent pas comment s’effectue le Hanna, ils pensent que c’est seulement venir danser, manger avec leurs amis ou porter la tenue qui leur plaisent alors que hanna ne se réduit pas à cela’’.

A l’origine, seules les jeunes filles non mariées participent au Hanna au cours duquel la jeune mariée est habillée selon la tradition, assistée de sa maman, et ses tantes.’’, se souvient la femme de culture.

En milieu Zarma par exemple, pour l’occasion, la mariée est soumise au test de virginité consistant à verser sur elle aux soins de sa tante une calebasse d’eau mélangée avec des médicaments traditionnels, le tout accompagné de musique et de danse ancestrales, décrit-elle.

Au cas où l’épreuve est concluante, des cris de joie fusaient suivis des félicitations à la maman pour l’honneur sauvé et la dignité, le son de TOUBAL, amplifiant l’allégresse populaire.

Tout en faisant observer que ‘’Ce sont des pratiques qui se faisaient bien avant par nos grands-parents et révisées ces dernières décennies par nos jeunes, de façon plus moderne, avec certaines innovations’’.  

L’union crée des ‘’ruptures’’ pour la jeune fille qui acquiert le statut d’épouse ou de femme au foyer en quittant ses parents, son groupe d’amies célibataires c’est pourquoi, des chansons sont un moyen d’expression de cette douleur.

Dans un registre plus gai, d’autres airs sont dédiés pour le bonheur de la jeune mariée (BANI MA TO DA NIN NI FOUWO RA), la bienvenue de l’épouse dans sa nouvelle maison, (SI HEIN GNALA) ou la jeune mariée doit sortir de sa chambre au moment où on l’accompagne chez elle (DOUMIYE DOUMIYE FAADJI BA YANDJE).

Outre le côté galvaniseur, toutes ces chansons sont autant de conseils et d’hymnes pour renforcer le vivre ensemble et les valeurs ancestrales, renseigne Mme Haoua Amadou.

Ce mode rétro revalorise non seulement les pratiques ancestrales mais il sert en plus d’antidote aux mimétismes et les dépenses ostentatoires qui s’en suivent, note-t-on.

Le Directeur de la Promotion des Valeurs au Ministère de la Refondation, M. Boka Abdoulaye a déclaré que, ‘’ c’est une préoccupation majeure pour l’État nigérien cette question de dépense ostentatoire et c’était la raison pour laquelle depuis ces années-là l’Etat organise des rencontres pour sensibiliser, requérir des informations, interroger les Oulémas pour savoir les vrais fondements, est-ce que c’est interdit ou pas par la religion (Islam), est-ce moral ? ‘’

L’État a réuni tous ces éléments là jusqu’à mettre en place un comité scientifique qui réfléchit sur cette question et les dépenses ostentatoires lors des mariages est un véritable danger, explique-t-il.

Ajoutant qu’‘’aujourd’hui, nous sommes en train d’aller très loin de nos réalités, très loin de nos valeurs culturelles, très loin de nos préceptes religieux même, en voulant peut-être rénover ou en voulant montrer qui on est, et cela préoccupe l’Etat’’.

Le Directeur de la Promotion des Valeurs note  ‘’que la société doit être raisonnable, car la majeure partie de la population vit sous le seuil de la pauvreté, alors cette dernière ne doit pas être contrainte de vivre au-dessus de ses moyens et l’Etat qui a l’obligation de veiller sur son peuple devra tout mettre en œuvre pour stopper ces dépenses inutiles lors des mariages et autres car cette façon de faire encouragera le vol, la prostitution, l’arnaque, la corruption et tout ce qui s’en suit’’.

Au Niger, le mariage est célébré selon les coutumes des différentes communautés.

HA/CA/ANP 018 Octobre 2025

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