Niamey, le 13 Juillet (ANP) – Au Niger, dans la Communauté des Azna de Lougou, dans l’Arewa, règne la Saraouniya, une figure emblématique qui incarne à la fois l’autorité morale et spirituelle de ses adeptes, en même temps qu’elle est considérée comme garante de la cohésion sociale et de la justice coutumière. Son mode de désignation est tout aussi unique et extraordinaire que l’est l’histoire mystérieuse de son épopée.
L’origine de la Saraouniya remonterait aux temps immémoriaux. Intaya Kahiya, désignée ce dimanche 12 juillet 2026 serait la 18ème. La particularité de cette succession réside dans le mode de désignation. En effet, chez les Azna, la nouvelle Saraouniya est choisie par la défunte à travers un rite dit de la Tarkama.
Le jour de l’inhumation de la défunte Saraouniya, sa dépouille est posée sur un lit en bois appelé Tarkama. C’est ce dernier qui dirige à sa guise les quatre hommes chargés de le porter vers le domicile ou la personne de celle qui sera la nouvelle Saraouniya. Un cérémonial mystique dont seule la défunte a le secret. En effet, après avoir choisi la nouvelle Saraouniya, Tarkama indique, en outre, l’endroit où sera construite la case en paillote de la nouvelle Saraouniya, qui sera en même temps son Palais. Enfin, il désigne le lieu où sera enterré le corps définitivement.
Chez les Azna de Lougou, la succession au trône de la Saraouniya n’est donc ni héritée ni élective, elle s’accomplit par la seule volonté de la défunte Saraouniya qui désigne elle-même celle qui va lui succéder, qui peut bien être à Lougou ou même ailleurs dans la Communauté.
Une fois désignée, la nouvelle Saraouniya abandonne tout (famille, biens, etc.) pour se consacrer à sa mission.
Héritière d’un titre ancestral transmis depuis Erkassa, celle qui serait la toute première Saraounia, venue de Daoura au Nigeria selon la tradition, elle incarne la sagesse et la spiritualité qui garantissent la médiation et la solidarité au sein de la communauté. Associée dans la légende Azna de l’Arewa à Baoura, son gendre, la Saraounia formait une puissance mystique au service de la cohésion sociale.
Considérée comme la haute instance de la justice traditionnelle, elle coordonne les services de Toungouma, la pierre sacrée où se rendaient les jugements.
Le titre de Saraounia, selon l’histoire, fut célèbre avec celle qu’on appelait Mangou dont la mémoire est liée à la résistance coloniale que sa communauté opposa à la mission Voulet et Chanoine en 1899.
KPM/ANP-135 Juillet 2026









